Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/11/2006

Relisons Saint-Exupéry

medium_St-EX.jpg
 
Au hasard d'une recherche, je viens de retrouver Écrits de guerre d'Antoine de Saint-Exupéry, un livre que je possède dans sa version de poche (Folio). En relisant certains passages, je suis tombé sur ces lignes qui me paraît utile de méditer venant d’un homme qui, comme aviateur, a été passionné par la technique et qui, en même temps, sous l’emprise de l’angoisse métaphysique, s’est profondément interrogé sur ce qui manque à l’homme moderne.

« La termitière humaine, écrit Saint-Ex, est plus riche qu’auparavant, nous disposons de plus de biens et de loisirs, et, cependant, quelque chose d’essentiel nous manque que nous savons mal définir. Nous nous sentons moins hommes, nous avons perdu quelque part de mystérieuse prérogatives.
[…]
On a cru que, pour nous grandir, il suffisait de nous vêtir, de nous nourrir, de répondre à tous nos besoins. Et l’on a peu à peu fondé en nous le petit-bourgeois de Courteline, le politicien de village, le technicien fermé à toute vie intérieure. « On nous instruit, me répondrez-vous, on nous éclaire, on nous enrichit mieux qu’autrefois des conquêtes de notre raison. » Mais il se fait une piètre idée de la culture de l’esprit, celui qui croit qu’elle repose sur la connaissance de formules, sur la mémoire de résultats acquis. Le médiocre sorti le dernier de Polytechnique en sait plus long sur la nature et sur les lois que Descartes, Pascal et Newton. Il demeure cependant incapa ble d’une seule des démarches de l’esprit dont furent capables Descartes, Pascal et Newton.  Ceux-là on les a d’abord cultivé. Pascal, avant tout, c’est un style. Newton, avant tout, c’est un homme. Il s’est fait miroir de l’univers. La pomme mûre qui tombe dans un pré, les étoiles des nuits de juillet, il les a entendues qui parlaient le même langage. La science pour lui c’était la vie ».

11:15 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

La bonne science a probablement plus à voir avec l'observation qu'avec le raisonnement, elle est plus intuitive que déductive.

Écrit par : Lapinos | 23/11/2006

Si c'est Lapinos qui le dit, ce doit être vrai.

Écrit par : JG | 23/11/2006

J'admets que mon affirmation est un peu péremptoire et ridicule ; disons autrement qu'il ne faut pas faire de la science une simple question de raisonnement, une accumulation de conquêtes de la raison. Il y a une grande part d'imagination aussi. Lorsque Thalès calcule la hauteur des pyramides à l'aide de son ombre, même s'il en déduit un théorème, au départ il y a comme une sorte d'intuition.

En fait de scientifiques aujourd'hui il y a beaucoup d'ingénieurs qui s'ingénient à trouver des applications à des inventions, qui cherchent des débouchés pour l'industrie.

Écrit par : Lapinos | 23/11/2006

Les commentaires sont fermés.