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16/11/2006

Retour sur Caelum et Terra

 

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L’intuition de départ de Caelum et Terra était d’en faire un lieu de rencontre entre catholiques, et d’autres personnes, éventuellement, qui voulaient, autant que possible, adopter un style de vie qui incarne, par les actes, le refus de la société moderne de consommation, placée sous l’emprise de la primauté technologique. Cette intuition reposait sur l’idée que le système dans lequel nous vivons ne nous porte pas à vivre en chrétien et qu’il nous porte même à vivre autrement qu’en chrétien, par les concessions que nous sommes obligés de faire constamment. Cette intuition s’appuyait sur les encouragements des deux derniers papes – Jean-Paul II et Benoît XVI – a adopté de nouveaux styles de vie qui donnent volontairement plus de place à la frugalité, à la convivialité des rapports humains, au respect de la Création, à la volonté de faire subsister des petits commerces, à la primauté donnée à la contemplation, au respect de la famille et de la vie, etc. C’est d’ailleurs dans ce sens que ce blogue a publié plusieurs textes de souverains pontifes sur ce sujet.
Il s’agissait – il s’agit toujours – de voir comment nous pouvons prendre au sérieux cet appel des papes, comment nos styles de vie peuvent, autant que possible, refléter notre adhésion au christianisme et à cette personne qu’on appelle le Christ.
Il s’agissait de tenter d’offrir un lieu d’échange d’expériences pour montrer comment les uns et les autres nous cherchions justement à prendre au sérieux ce changement de façon de vivre.
Ce désir d’être un lieu d’échanges repose sur l’idée de la nécessité de la reforme intellectuelle, morale et spirituelle qui commence par soi et qui est constamment à entretenir, à reprendre, à continuer.

Cette idée débouche elle-même sur une méthodologie : celle des petits pas et, même, celle du premier pas.

Il ne s’agit pas, en effet, de vouloir changer le monde d’un coup, par décret, mais de vouloir se changer soi-même, en posant un premier pas, humble, discret, mais efficace, qui rompt avec les façons de faire de la modernité contemporaine dans sa version technologique et mercantile.

C’est pourquoi d’ailleurs, il n’y a ni volonté d’imposer des modes de vie ; ni désir de condamner ceux qui font autrement.

Force est de constater que les jours passants, l’intuition première a été laissée de côté. Les échanges ont été de plus en plus abstraits, quand ils n’ont pas versé dans la pure polémique (qui peut avoir sa légitimité, par ailleurs). Cet aspect abstrait n’est pas en soi condamnable, car souvent la réflexion a été nourrie par les commentaires des uns et des autres. C’est loin d’être négligeable et cela force aussi à ne pas s’enfermer dans une vision « idéologisée » de la réponse que nous voulons apporter à l’appel si bien résumé dans les propos de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Il n’est pas question, bien sûr, d’abandonner l’intuition première de Caelum et Terra. En la rappelant, je veux juste replacer ce blogue dans ces justes limites. Caelum et Terra n’est pas destiné, autant que possible,  :

– à être un lieu de confrontation sans lien avec son intuition première ;

– à être un lieu de discussion d’idées déconnectées de nos styles de vie ;

– à être un lieu de glorification de sa propre personnalité, de son génie, de ses découvertes, de sa hardiesses, etc.

Plus modestement, Caelum et Terra se veut un lieu de réflexion et d’échanges d’expériences sur la manière de vivre aujourd’hui en chrétien et comme chrétien, dans le sens d’une certaine radicalité (c’est-à-dire d’un retour aux racines), qui tente de ne plus dissocier ou de dissocier le moins possible, le naturel du surnaturel, le surnaturel du naturel, le ciel de la terre, la terre du ciel, la culture de la foi, la foi de la culture, la pensée de la pratique et la pratique de la pensée.
Selon un document du Conseil pontifical Justice et Paix, publié en 2000, pour le Jubilé du monde agricole (document sur lequel j’espère revenir), ce style de vie doit prendre trois grandes orientations. Il doit être :
– un style de sobriété ;
– un style d’harmonie ;
– un style de service
Ce nouveau style de vie, qui s’impose de par la particularité du monde moderne dans son actualisation présente, repose avant tout sur la reconnaissance de la Seigneurie universelle et sociale du Christ.
Pour ceux qui se sentent concernés par ces questions, Caelum et Terra entend continuer à être ce lieu de rencontre et d’échanges.

18:20 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

@ Philippe,
« L’intuition de départ de Caelum et Terra était d’en faire un lieu de rencontre entre catholiques, et d’autres personnes, éventuellement, qui voulaient, autant que possible, adopter un style de vie qui incarne, par les actes, le refus de la société moderne de consommation, placée sous l’emprise de la primauté technologique »


Vous avez très bien fait de redéfinir le but de votre initiative et d’expliciter clairement vos intentions. Ceci permettra peut-être aux visiteurs d’expliciter les leurs. Je prends l’initiative et je reviens sur le thème du nucléaire. La technique nucléaire sera, demain, la seule technique qui nous permettra de fabriquer l’énergie dont nous aurons besoin à l’échelle planétaire si nous voulons que l’humanité non seulement progresse mais survive. Or, la bombe atomique n’est qu’un accessoire de la technique nucléaire. Qui maîtrise la technique nucléaire civile maîtrise la technique nucléaire militaire. Faut-il renoncer aux centrales nucléaires sous prétexte que cette technologie permet de fabriquer la bombe ? Notre rôle, en tant que chrétien, n’est-il pas de réussir à intégrer au niveau mondial la technologie nucléaire tout en limitant les effets pervers de ses accessoires ?

La technique n’est pas notre ennemi. Notre ennemi, nous savons tous qu’il se situe en nous et c’est bien la raison pour laquelle nous préférons ne pas le désigner. Alors, vous accusez l’excès de technique et de consommation de tous les maux. Je vais au bout de ma pensée : ne ciblez-vous pas, en réalité, le pays qui incarne par excellence cet excès et cette surconsommation, l’Amérique ? Dénoncer la technique, aujourd’hui en France, n’est souvent qu’une forme masquée d’antiaméricanisme voire d’anti-sionisme pour certains. C’est une question, pas une affirmation. Mais il me semble qu’elle devait être posée.


Toute nouvelle technologie exige un temps d’adaptation et d’apprentissage. Elle provoque des catastrophes liées à notre manque d’expérience et d’intégration culturelle. Les jeunes sont particulièrement exposés, certainement trop exposés, aux nouvelles technologies ainsi qu’à la surconsommation. J’accuse les parents et les milieux éducatifs bien davantage que la publicité ou, pour parler d’une façon plus politique, que le mondialisme, ou plus cyniquement encore, que l’américanisme.
Je vous remercie d’avoir recadré le débat qui tournait, il est vrai, sur une approche confuse du sujet qui n’est pas une question sur la technique, mais bien une question indirecte – un acte manqué ? - sur le mode de vie dit américain. Or, si la civilisation occidentale qui est encore la nôtre, en tout cas la mienne, ne peut pas poursuivre son développement en Europe, elle le fera non seulement aux Etats Unis mais également ailleurs, dans quelques pays chrétiens émergents…et l’Europe sombrera dans un Nouveau moyen âge rustique, sinon catholique, sans technologies barbares ni surconsommations certes mais probablement une surabondance de martyrs sanguinolents. Le retour à la frugalité est sans doute un exercice spirituel enrichissant, mais lorsque ce retour est le résultat d’une crise majeure de société, il faut s’attendre à vivre des moments pires que tout ceux que l’Europe a déjà connus dans son Histoire. Alors, en tant que chrétiens, prenons nos responsabilités ou à défaut, d’autres les prendront pour nous sans nous demander notre avis.

Écrit par : Eric Gaillot | 17/11/2006

Cher Philippe Maxence,

Merci de maintenir le cap, je vous y encourage : Duc in altum ! Notre comportement sur ce blog sera un exemple de ce que peut et doit être une utilisation saine et raisonnée des moyens de communication...
Visons la sainteté, dans nos échanges, dans l'usage de notre intelligence - humilité, simplicité, souplesse aussi.

Sursum.
Jérôme.

Écrit par : Jérôme | 17/11/2006

Moi, je suis bien d'accord avec votre vision d'un mode de consommation frugal.

J'ai plus de mal à saisir "harmonie", c'est un terme qui demande au moins deux termes puisqu'il exprime un line : la consomation pour être harmonieuse doit être équilibré entre ses divers postes. Ou alors, elle doit être équilibrée avec l'environnement.

Sont-ce bien les termes de l'harmonie que vous préconisez ?

Un "style" de service ? Que voulez-vous dire par là ?

Moi je crois à l'harmonie, à la frugalité, à un style aimable, compatissant.

Je crois que notre action doit avoir pour but de soulager la souffrance des plus petits, des pauvres, surtout la souffrance cachée. Les moyens sont la frugalité, la douceur.

Cela dit, je suis un enthousiaste de votre but : trouver les moyens de la frugalité, trouver les moyens de la douceur, faire chez nous, dans notre milieu, même si nous sommes pauvres et sans influence à tout homme, même aux hommes lointains. Couper court à l'angoisse des malthusiens afin de lutter contre la contraception et l'avortement.

La technique n'est pas notre ennemi. Internet par exemple est un outil pour la duffusion de l'éducation et de la culture auprès des plus pauvres. Or Internet, c'est la technique. C'est l'utilisation de la technique qui est le problème, pas la technique.

Quant à se désigner un ennemi en pointant l'américano-sionisme, moi je ne marche pas. Si nous n'aimons pas, si nous n'aimons pas les hommes quels qu'ils soient, autant rentrer à la maison et regarder TF1, au moins nous nous seront divertis.

Collons bien au réel, le réel c'est que nous sommes tous de la même famille et que nous allons tous mourir, il faut donc se hâter de nous aimer, car le temps se fait court, les générations se succèdent rapidement, arrêtons de délirer.

Cela dit, je suis un enthousiaste de votre projet.

Écrit par : Denis Merlin | 17/11/2006

Moi, je suis bien d'accord avec votre vision d'un mode de consommation frugal.

J'ai plus de mal à saisir "harmonie", c'est un terme qui demande au moins deux termes puisqu'il exprime un line : la consomation pour être harmonieuse doit être équilibré entre ses divers postes. Ou alors, elle doit être équilibrée avec l'environnement.

Sont-ce bien les termes de l'harmonie que vous préconisez ?

Un "style" de service ? Que voulez-vous dire par là ?

Moi je crois à l'harmonie, à la frugalité, à un style aimable, compatissant.

Je crois que notre action doit avoir pour but de soulager la souffrance des plus petits, des pauvres, surtout la souffrance cachée. Les moyens sont la frugalité, la douceur.

Cela dit, je suis un enthousiaste de votre but : trouver les moyens de la frugalité, trouver les moyens de la douceur, faire chez nous, dans notre milieu, même si nous sommes pauvres et sans influence à tout homme, même aux hommes lointains. Couper court à l'angoisse des malthusiens afin de lutter contre la contraception et l'avortement.

La technique n'est pas notre ennemi. Internet par exemple est un outil pour la duffusion de l'éducation et de la culture auprès des plus pauvres. Or Internet, c'est la technique. C'est l'utilisation de la technique qui est le problème, pas la technique.

Quant à se désigner un ennemi en pointant l'américano-sionisme, moi je ne marche pas. Si nous n'aimons pas, si nous n'aimons pas les hommes quels qu'ils soient, autant rentrer à la maison et regarder TF1, au moins nous nous seront divertis.

Collons bien au réel, le réel c'est que nous sommes tous de la même famille et que nous allons tous mourir, il faut donc se hâter de nous aimer, car le temps se fait court, les générations se succèdent rapidement, arrêtons de délirer.

Cela dit, je suis un enthousiaste de votre projet.

Écrit par : Denis Merlin | 17/11/2006

A Eric et à Denis : pardon de ne pas répondre directement en détail à vos commentaires qui nourrissent vraiment la réflexion. Je suis bien d'accord pour dire que ce n'est pas la technique qui pose problème en soi, ne serait-ce que pour défendre l'idée importante de la responsabilité et donc de la liberté de l'homme.
Mais une fois que nous avons dit cela, avons-nous tout dit ? Je ne le pense pas. Prise une à une, en effet, les techniques peuvent être jugées selon ce qu'elles apportent ou n'apportent pas. Mais, si nous considérons l'ensemble du système technicien – ce qui ne revient pas à remettre en cause telles apports bénéfiques de telles techniques –, nous pouvons constater que celui-ci conduit globalement à des comportements et à des modes de vie qui ne mettent pas en avant ou ne donnent pas la priorité à des éléments de vie importants pour le chrétien. De fait, le système technicien ne conduit pas à la primauté de la contemplation et à vivre selon l'esprit des Béatitudes. La remarque vaut pour la société de consommation.
Le problème qui se pose, selon moi, est donc de trouver la manière d'utiliser les techniques intéressantes en les mettant à leur place sans tomber dans le piège du système technicien qui renverse l'ordre de priorité et de primauté. C'est un peu confus, mais il serait intéressant, je crois, de réfléchir dans ce sens.
Je reviens sur la bombe atomique dont on a dit ici qu'elle avait permis l'équilibre entre les deux superpuissances pendant plusieurs decennies. C'est vrai. Mais nous tirons tranquillement cette conclusion, aujourd'hui, alors que l'arme atomique n'a pas été utilisée dans ces circonstances. Mais à quel prix ! Au Japon, le prix, ce fut non seulement les victimes des bombes sur le moment, mais aussi les victimes qui arrivèrent par la suite, sans parler de l'environnement, etc. Peut-on effacer ce résultat d'un trait de plume ?
Je voudrais aussi préciser à Denis, que je ne préconise rien en tant que tel, car je n'ai pas d'autorité morale pour le faire. Je veux réfléchir et trouver des témoignages. Je précise aussi que style d'harmonie et style de service vient directement du texte du Conseil pontifical Justice et paix et que je voudrais trouver le temps de développer et de préciser ce qu'il entend par ces termes.
Enfin, je ne vois pas où j'ai pointé un ennemi « américano-sinioniste ». S'il y a un ennemi, par rapport au sujet que je développe, je pense qu'il est d'abord en nous, dans notre capacité à quitter le péché. Le vieil homme dont parle l'Évangile. J'espère pouvoir revenir sur tous ces sujets.

Écrit par : Philippe Maxence | 17/11/2006

Réponse rapide : l'Amérique, voire le sionisme étaient mentionnés par Eric. Il ne les acccusait d'ailleurs pas, mais réservait la possibilité de le faire. Comme s'il paraissait possible de les accuser d'être une source de corruption, de gaspillage, de luxe.

Ca m'a fait bondir parce que de nombreux juifs vivent dans la misère et que bon nombre de familles juives vivent chichement et que d'autres peuvent aimer l'austérité, que l'Amérique est aussi divisée économiquement et n'est certes pas un pays totalitaire.

D'autre part, en principe, je suis opposé au système psychologique du "bouc émissaire" ; le "c'est la faute de l'autre" apporte la stagnation au lieu du progrès. Le progrès, c'est en nous que nous le trouverons et non dans l'agressivité à l'égard des autres.

Bref, tout cela pour dire que je suis d'accord avec vous...

Écrit par : Denis Merlin | 17/11/2006

@ Denis
Vous avez écrit « Réponse rapide : l'Amérique, voire le sionisme étaient mentionnés par Eric. Il ne les acccusait d'ailleurs pas, mais réservait la possibilité de le faire. Comme s'il paraissait possible de les accuser d'être une source de corruption, de gaspillage, de luxe. »
Je remercie Denis d’avoir relevé cette réflexion de ma part. Je reviens sur cette question car je voudrai être certain que derrière la critique de la primauté de la technique et de la société moderne de (sur)consommation ne se cache pas en réalité une accusation contre l’Amérique. Nous vivons dans un pays, la France, ou la quasi totalité des débats reviennent finalement à taper sur l’Amérique. Or, si nous pouvons encore plus ou moins débattre en France, c’est bien grâce à l’Amérique. La plupart des techniques que nous utilisons au quotidien proviennent de ce pays. Lorsqu’elles sont inventées par des Français, le brevet est la plupart du temps américain. Oserai-je rappeler les origines américaines, mieux, de l’armée américaine, de l’Internet ? Oserai-je rappeler que si l’Internet, aujourd’hui, est encore libre, c’est grâce à l’Amérique ? Qu’en sera-t-il lorsque l’Europe de Bruxelles aura mis la main sur une partie du web ? Aujourd’hui, la technique de l’Internet est libre, demain, en France et en Europe, elle ne le sera plus, comme c’est déjà le cas en Chine ou en Iran, pour ne citer que ces deux exemples.
Nous sommes donc bien dans le sujet. Si, en France, il est totalement légitime de critiquer la primauté de la technique et la surconsommation, c’est parce qu’en France, nous sommes « guidés » par une idéologie politique pire que dans l’ex-URSS. Tous les médias sont aux ordres de certains intérêts supérieurs non pas du pays, mais d’une caste totalitaire. La publicité, les programmes scolaires, les subventions aux associations et autres officines spécialisées lobotomisent à longueurs de journées nos cerveaux, le cerveau de ceux qui passent en moyenne 4 heures par jour devant la télévision ET 6 heures par jour le week-end en moyenne !!!!! –
La première mesure que je préconise est de jeter la télévision par la fenêtre. Tant pis pour l’environnement. Il faut que ça se sache, que ce geste devienne à la mode, que les rues soient jonchées de téléviseurs explosés. Nous règlerions la quasi-totalité de nos problèmes d’un seul coup : les gens se reparleraient et surtout, ils feraient des enfants. Cela a été expérimentalement observé lors d’une gigantesque panne d’électricité de plusieurs jours à New York qui fut suivi, 9 mois plus tard, d’une explosion des naissances.
Alors, pourquoi tourner en rond alors que nous disposons d’un moyen technique si simple pour répondre à la question de la technique telle que je crois que la pose Philippe ?

Écrit par : Eric Gaillot | 17/11/2006

@ Denis, qui a écrit « Réponse rapide : l'Amérique, voire le sionisme étaient mentionnés par Eric. Il ne les acccusait d'ailleurs pas, mais réservait la possibilité de le faire. Comme s'il paraissait possible de les accuser d'être une source de corruption, de gaspillage, de luxe. »
Si je pouvais m’autoriser à corriger votre commentaire, je me réserverais la possibilité d’affirmer que cela est non seulement possible, mais n’est-ce pas ce qui pourrait se cacher derrière la critique de la technique et de la surconsommation, en particulier lorsqu’elle provient de milieux catholiques ? Je pose la question, je n’affirme pas. Certains commentaires sont tout de même suffisamment clairs, d’une part dans leur formulation, d’autre part dans la manière dont ils sont rejetés.
Au final, ce débat sur la technique dévoile une fracture entre deux camps :
D’un côté, ceux qui au nom d’une doctrine catholique cherchent une voie pour s’échapper du monde contemporain qu’ils pensent être dominé, via la technique et la surconsommation, par l’américanisme, c’est à dire le diable.
De l’autre, ceux qui, au nom d’une approche expérimentale, sinon raisonnable, distinguent ou tentent de distinguer entre les effets négatifs visibles de la technique et de la surconsommation et ces véritables causes qui sont en nous-mêmes, nous-mêmes étant alors l’incarnation du diable ;
En conclusion, il est question du diable que certains voient chez l’Autre, et que d’autres soupçonnent être en eux-mêmes.

Écrit par : Eric Gaillot | 18/11/2006

Cher Monsieur Gaillot, vous ne semblez pas soupçonner que le catholique n'est pas hostile au diable. "Le diable porte pierre", et c'est un "pauvre diable" sont des expressions tout à fait catholiques.

Donc nous n'avons pas une horreur irraisonnée du diable. Il nous inspire une certaine pitié, mêlée d'amusement. (voir les figures du diable sur les cathédrales)

Quant à le voir partout où il y a du mal, ce n'est pas non plus catholique. L'homme est assez grand pour faire du mal tout seul.

Écrit par : Denis Merlin | 19/11/2006

Cher Monsieur Merlin, vous écrivez que « nous [les catholiques] n'avons pas une horreur irraisonnée du diable. Il nous inspire une certaine pitié, mêlée d'amusement. » Or, Monsieur Garnier-Dupuy, dans un magistral commentaire posté ce jour sur le fil publicité, va encore plus loin que vous et réussi ainsi à rejoindre ma position. Je vous cite deux extraits de sa contribution devant laquelle je m’incline. « L'être chrétien est, dès lors, plus que menacé : il est nié, atteint, et désigné comme l'ennemi par les penseurs au service du rêve consumériste pensé comme libérateur et porteur d'hédonisme […]C'est peut-être à cette condition intérieure, grâce au nourissement invisible de nos âmes, que se réalise plus que jamais l'espérance chrétienne aujourd'hui. » Autrement dit, confronté à la publicité – l’un des vecteurs de son extermination -, le chrétien découvre son âme. Y parviendrait-il aussi bien sans la publicité ? Ceci pour vous répondre, Monsieur Merlin, que le diable ne devrait pas seulement « inspirer une certaine pitié, mêlée d’amusement » chez les catholiques, car c’est horrifiés par le diable que les chrétiens sont poussés sur la voie de leur salut. C’est pourquoi, tout en fuyant la publicité, je l’approuve car c’est finalement une façon de réveiller les chrétiens et de les projeter dans la foi. Plus l’horreur publicitaire sera manifeste, plus les chrétiens résisteront. Or, à tout prendre, cette forme de martyr publicitaire n’est-elle pas plus humaine que les formes traditionnellement réputées du martyr ?

Écrit par : Eric Gaillot | 19/11/2006

Je ne pense pas qu'il faille être horrifié. Le désir de paix suppose un calme que n'exprime pas le terme "horrifié". Bon, je ne vais pas me gendarmer pour les nuances qu'apporte un terme.

Il est vrai que l'on peut être indigné, mais il vaut mieux que cela ne dure pas...

Écrit par : Denis Merlin | 19/11/2006

Les commentaires sont fermés.