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14/11/2006

Changer de style de vie

 
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Comme tous les lecteurs du Salon Beige, j’ai été informé du discours prononcé dimanche dernier par le pape Benoît XVI au moment de la prière de l’Angélus. J’ai attendu que ce texte soit mis en ligne par le site du Vatican pour en parler. C'est désormais fait (ici). On trouvera aussi ce texte sur le site Eucharistie Miséricordieuse (ici) et on pourra le lire tranquillement. Mieux : le méditer. Mieux encore : l’appliquer.
Que dit ce texte ? Il évoque le problème de la faim dans le monde. Je sais : c’est un sujet qui revient périodiquement et qui a souvent servi à nous donner mauvaise conscience. Mais avant tout cela, c’est un vrai problème, et un problème qui concerne directement les économies occidentales qui vivent – elles, c’est-à-dire « nous » – dans l’opulence. Bien sûr, la solution n’est pas de nous appauvrir, ce qui ne réglera rien du tout. La solution est ailleurs.
Que dit Benoît XVI ?
D’abord de changer notre rapport à la nourriture et aux biens de consommation. Il le fait en invitant les familles chrétiennes à pratiquer la tradition du Benedicite. C’est reconnaître qu’il s’agit d’un don de la Providence. Il propose aussi de l’étendre à d’autres biens : « Dans nos familles chrétiennes, on enseigne aux petits à remercier toujours le Seigneur, avant de prendre la nourriture, avec une brève prière et le signe de la croix. Cette coutume doit être conservée ou redécouverte, parce qu'elle éduque à ne pas considérer comme acquis le "pain quotidien", mais à reconnaître en lui un don de la Providence. Nous devrions nous habituer à bénir le Créateur pour chaque chose : pour l'air et pour l'eau, précieux éléments qui sont au fondement de la vie sur notre planète ; comme également pour les éléments qui traverse la fécondité de la terre et que  Dieu nous offre pour notre subsistance».

Le pape évoque ensuite les moyens de lutter contre la faim dans le monde en éliminant les causes structurelles :
« Certainement il faut éliminer les causes structurelles liées au système de gouvernement de l'économie mondiale, qui destine la plupart des ressources de la planète à une minorité de la population. Une telle injustice a été stigmatisée en différentes occasions par  mes vénérés prédécesseurs, les serviteurs de Dieu Paul VI et Jean Paul II. Pour agir sur une vaste échelle il est nécessaire de changer le modèle de développement global car désormais non seulement le scandale de la faim mais aussi les problèmes énergétiques et de l'environnement l'exigent. »
Mais il attend plus et davantage de chacun de nous. Il attend ce pourquoi ce blogue a été créé et qui a du mal à se concrétiser : une réflexion sur nos styles de vie : « chaque personne et chaque famille peut et doit faire quelque chose pour soulager la faim dans le monde en adoptant un style de vie et de consommation compatible avec la sauvegarde de la création et avec des critères de justice envers ceux qui cultivent la terre dans chaque Pays ».
Est-ce que cet appel du pape sera entendu par les catholiques ? Entendu, sera-t-il compris ? Compris, sera-t-il mis en pratique ? Humblement, selon des voies à imaginer par chacun qui, en commençant par lui-même et les siens, adoptera un style de vie plus simple, plus dépouillé, libéré des mirages du matérialisme pratique et ambiant ?
Ceux qui veulent chercher et proposer ces voies sont les bienvenus sur ce blogue. Il est d’abord fait pour cela.

Commentaires

Petit à petit, nous prenons conscience en tant que catholique, que notre vie et notre Foi doivent être cohérentes aux yeux du monde.

Ce besoin de radicalité, du témoignage d'une vie plus en accord avec l'Evangile, le monde nous en supplie chaque jour un peu plus.
Bénir et remercier la Providence sont les manifestations de notre humilité, la reconnaissance que sans Dieu, nous ne sommes rien, nous ne pouvons rien. C'est aussi le symbole de notre abandon au Seigneur, qui pourvoit à nos manques et nos faiblesses, lorsqu'on met en Lui notre confiance, et que'on lui demande son aide..

Nous trouverons les voies à imaginer pour répondre à l'appel du Saint Père, en offrant d'abord tout ce que le Seigneur nous a donné, Le laissant en disposer pour Sa Gloire. Ainsi, que nous soyons riches ou pauvres, gâtés matériellement ou non, tout ce que nous possédons pourra contribuer au Bien, selon le projet de Dieu.

Écrit par : Néel de Néhou | 14/11/2006

"Certainement il faut éliminer les causes structurelles liées au système de gouvernement de l'économie mondiale, qui destine la plupart des ressources de la planète à une minorité de la population."

Que veut dire le pape par "ressources de la planète" ? Est-ce l'air, l'eau, le charbon et le pétrole ? Ou alors plus largement la technique, l'éducation et tous les biens que seuls nos semblables peuvent nous fournir, biens nettement plus précieux que les éléments sans vie.

D'autre part, que veut-il dire par "système de gouvernement de l'économie mondiale" ? Or il n'existe pas de gouvernement mondial, donc qu'est-ce que le "système" qui permet de gouverner sans gouvernement ? Moi je cale. Pouvez-vous nous éclairer, Monsieur Maxence ?

Écrit par : Denis Merlin | 15/11/2006

Oui, c'est exactement ça le problème avec Benoît XVI, Merlin (désolé de vous approuver une fois de plus), il ne dit pas quelle est la nature de ce gouvernement mondial, comment il fonctionne, il n'ose pas attaquer l'américanisme en face. Sur le plan politique, c'est donc très limité. Si le Vatican doit s'affranchir de l'argent yanki, si c'est ça le problème, le pape peut lever une contribution en Amérique du Sud, je suis sûr que les Brésiliens, les Argentins, les Chiliens, seraient ravis d'offrir au pape sa liberté de parole.

Par ailleurs laisser entendre que si les catholiques changent tous de mode de vie les uns après les autres la société changera, ça n'a rien de mal en soi, et c'est vrai qu'en France les curés ne tiennent presque jamais ce discours de dépouillement à leurs ouailles, mais c'est antipolitique ! Jamais une minorité assujettie n'a imposé ses mœurs ou son mode de vie à une majorité qui n'en veut pas par la seule force de l'exemple…

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

C'est pourtant avant tout par l'exemple que les catholiques ont le devoir de témoigner de leur Foi. Parce que nos convictions sont liées avant tout à notre Foi : sans l'Espérance, sans l'Esprit Saint, sans la Grâce, que reste-t-il ?
Nous ne cherchons pas à imposer nos moeurs, mais à proposer un autre chemin à ceux qui n'entendent que les offres empoisonnées du monde.
Et j'ajoute que le disciple ne peut faire mieux que le Maître, qui s'est montré obéissant jusqu'à la mort, et la mort sur une Croix. Et c'est l'Exemple par excellence, de tout catholique.

Écrit par : Néel de Néhou | 15/11/2006

Je ne suis pas contre que vous m'approuviez, Cher Monsieur Lapinos. Je peux vous approuver aussi parfois ! Nous en apprenons tous de tous.

Il se peut que le pape veuille dire autre chose que l'américanisme ou Bush. Moi, je ne comprends pas. Peut-être fait-il référence à des textes que je n'ai pas lus, ou que les ayant lus, je ne les ai pas compris !

Saint Benoît Labre n'était qu'un vagabond, il n'avait aucun capital et pourtant il a bien changé le monde, ne serait-ce que par le regard que l'on peut porter sur un vagabond. J'ai lu une de ses biographie et c'est là où j'ai appris qu'il ne fallait pas maudire le diable ! Depuis je le dis à qui veut l'entendre.

Je suis bien d'accord avec Néel ! L'important c'est les tout petits, les malades, les handicapés, les mourants !

Luc XXI

1 En regardant, il vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.
2 Il vit aussi une veuve misérable qui y mettait deux petites pièces,
3 et il dit : " Vraiment, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous.
4 Car toux ceux-là, c'est de leur superflu qu'ils ont mis aux offrandes à Dieu; mais elle, c'est de son indigence qu'elle a mis tous les moyens de subsistance qu'elle avait. "

Du site jesusmarie.com

Pour Jésus le capital de deux sous, vaut mieux que de grosses sommes. Néel a donc bien raison.

Écrit par : Denis Merlin | 15/11/2006

La conversion, ce n'est pas une simple adhésion de principe, N. de N. ! Si on se contente d'opiner du chef, on n'est qu'un démocrate-chrétien. Le refus de l'avortement, par exemple, n'est pas qu'une simple question de mœurs. Vous opérez des distinguos qui sont des sophismes, issus d'un rationalisme déviant que Benoît XVI ne dénonce pas assez.

Vous dites que le catholicisme en quelque sorte ne doit être qu'"une force de proposition". Si je suis aussi véhément, c'est parce que de nombreux exemples concrets indiquent que c'est parce que des forces ennemies du christianisme ont enfermé les chrétiens dans les limites de la proposition, en faisant croire que si on ne propose pas on impose, par des raisonnements binaires de ce genre dont les démocrates sont friands, c'est pour cette raison que l'Occident qui s'est construit tout contre l'Église s'éteint lentement mais sûrement, et rien n'est plus urgent que de sortir de ces sphères apparement logiques et confortables où nous sommes enfermés.

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

Deux points, Merlin. D'abord vous ne citez pas par hasard Benoît Labre. Je pourrais citer l'exemple de Jeanne d'Arc qui invite à ne pas garder ses moutons paisiblement en priant. Et d'autres exemples encore, politiques aussi, comme les missionnaires jésuites, qui incitent à l'action. Autant de personnalités, autant de saints, cette voie ne mène à rien que nous ne sachions tous les deux, Merlin.

D'ailleurs il faut laisser Benoît Labre dans son contexte historique. Chaque époque produit ses saints, différents selon les époques, pardonnez-moi d'être encore marxiste, mais c'est important. Vous voyez bien qu'il y a certains types de sainteté qui ne s'inscrivent que dans un contexte particulier, comme les martyrs romains, les apôtres. Je n'ai jamais entendu un curé prôner le martyre en France, par exemple (ni la très grande pauvreté de Benoît Labre, d'ailleurs). Pourquoi ? Est-ce justifié ou non ? Vous ne pouvez pas vous contenter d'assener votre exemple comme ça…

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

Prier n'est pas opiner du chef, pour un catholique.
Témoigner de l'Espérance que l'on puise dans la Foi n'est pas se conduire en "démocrate chrétien".
L'exemple dont je voulais parler, c'est l'Imitation de notre Sauveur, "Doux et humble de coeur". c'est Son Exemple qu'ont suivi les milliers de martyrs de notre génération, qu'ils soient chinois, lituaniens ou vietnamiens, ou turcs !

Nous sommes dans une autre ère de persécution, plus pernicieuse peut-être. On attend des catholiques que leur vie témoigne en Vérité de l'Evangile. pas que nous soyons parfaits, mais au moins que nous cherchions comment accueillir les grâces dont nous avons besoin pour rayonner, pour témoigner. C'est autour de notre Foi que s'articulent nos convictions poilitiques et morales. Mais si notre vie au quotidien est en décalage avec ce que nous exaltons comme qualités ou positions en matière de morale, par exemple, nous ne témoignons de rien, si ce n'est d'une pauvreté conséquence du péché.

Écrit par : Néel de Néhou | 15/11/2006

Qui n'est pas d'accord avec ce préambule que la prière n'est pas un vain mot ? Mais elle ne dispense pas de la réaction. Jésus n'est pas un exemple passif. Vous récitez un credo qui pour moi est flou et où je ne reconnais pas Jésus, croyez-bien que ma franchise n'est pas de l'agressivité.
Ainsi, d'avoir perdu la foi n'a pas empêché Mère Térésa d'agir en chrétienne pendant des années…

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

Il ne faut pas confondre la perte de la Foi, et la Nuit de la Foi, qu' a traversé Mère Téresa. Je vous recommande de lire à ce sujet saint Jean de la Croix, si ce n'est déjà fait.
Jésus n'est pas un exemple passif, vous avez raison, mais il n'était pas non plus le Messie "guerrier" qu'attendait le peuple juif. Je ne dis pas que c'ets ce que vous attendez aussi, mais le fait est qu'il faut trouver un équilibre entre notre Foi, et nos actes. cet équilibre ne peut se trouver sans la prière, et nos actes doivent être soumis à la Volonté du Seigneur, dans un abandon total.
Mère Téresa, même traversant la nuit de la Foi, a su agir en s'abandonnant à la volonté divine, c'est à dire en l'absence de toutes les consolations dont notre âme a besoin pour agir en chrétien. Cela fait d'elle une grande sainte. C'est une sainte de la radicalité évangélique. Si vous me permettez cette digression personnelle, je suis très sensible au fait que Mère Téresa avait interdit toute amélioration au bien être quotidien d'elle et de ses soeurs, (comme la clim, par exemple), qui auraient pu pourtant être trouvées normales ou légitimes, parce qu'elle savait que cela pouvait agir en obstacles au don total, à l'exigence du "Tout donner", à l'image de sainte Thérèse : "aimer, c'est tout donner, et se donner soi-même."
C'est ce que j'essaie difficilement d'expliquer.

Écrit par : Néel de Néhou | 15/11/2006

Oh, mais je comprends parfaitement que vous jouez sur les mots, Néel : nuit de la foi ne veut pas dire perte de la foi, etc.

Comment pourrais-je être plus clair ? Personne ne remet en question la foi. Mais on l'emprisonne dans des limites qui n'ont aucun sens, comme la "sphère privée", expression que des prêtres démocrates utilisent parfois eux-mêmes et qui est une façon d'accepter que la foi soit contenue dans le for intérieur.

En France, vous êtes "autorisé" à avoir la foi, n'importe laquelle, mais on vous interdit d'accomplir des actes conformes à votre foi, ce qui est inacceptable.
Loin de moi l'idée d'une dispute théologique avec vous.

Écrit par : Lapinos | 16/11/2006

Je trouve que vous avez bien résumé ce que j'avais du mal à exprimer, je vous en remercie. Mais cela met également en lumière un petit malentendu : nous sommes d'accord sur le fait qu'en France, on ne nous permette pas de vivre complètement notre Foi, par des "actes conformes" à l'enseignement de l'eglise.
Je pense que vous serez d'accord aussi sur ce que je n'ai pas réussi à bien exprimer : l'idée que nous sommes tenus, en tant que catholiques, à adopter un comportement qui n'ait de cesse de rappeler celui du Christ. il me semble que c'est d'abord sur ce comportement que nous serons jugés, "Caelum et Terra"...

Changer de style de vie commence, d'après moi, par le souci de vivre quotidiennement notre Foi, en étant fidèles sur les petites choses, comme dans les grandes. Nous devons rappeler pourquoi nous désirons vivre telle ou telle chose que nous enseigne l'Eglise, par des actes mais aussi par notre comportement quotidien. Le Saint Père ne cesse de nous rappeler ce besoin de radicalité.

Changer de style de vie, c'est peut-être aujourd'hui renoncer à toutes les formes de recherche de reconnaissance sociale, du moins refuser de nous y assujettir, qui ne soit pas conforme avec une radicalité évangélique à laquelle nous sommes tous appelés.

Certains peuvent y voir une exigence de renoncement à tout bien matériel, comme saint François par exemple, d'autres peuvent y discerner un appel à ne pas se perdre en superficialité. Maintenant, Dieu est Seul juge de ce que nous ferons de cet Appel.

Changer de style de vie, en fonction du bien commun, mais aussi selon ce que nous faisons, en tant que catholiques, de notre Appel à la sainteté.

Écrit par : Néel de Néhou | 16/11/2006

Pour moi votre raisonnement est typiquement féminin. La politique est une matière éminemment "masculine", je crois que c'est pour ça que vous n'arrivez pas à me comprendre.

Vous raisonnez en termes inviduel ; or, ce que j'essaie de dire, c'est qu'ainsi vous ne dépassez pas la frontière qu'on vous a fixée. "On", ce n'est pas Jésus ou les Évangiles, mais bien la société. Un raisonnement social et politique est nécessaire, et avec cette idée d'écologie chrétienne, par exemple, on en est très loin, de même qu'avec le débat sur lee degré de rationalité nécessaire entamé par le pape et qui a moins d'intérêt que le temps de cuisson des pommes de terre.

Les mœurs sont toujours modelés d'en haut. Les premiers chrétiens, c'est une petite élite qui pense comme vous, Néel, mais sans la conversion de l'Empereur Constantin, il n'y aurait pas eu de société chrétienne avec tous les bénéfices que ça implique pour ceux qui n'ont pas une liberté ou un courage égal à celui des martyrs.

Connaissez-vous Bloy, son idée du temps de Dieu, du temps de Jésus et du temps du saint Esprit ? Sa mystique vous plairait sans doute, bien qu'elle soit tout de même assez "virile". Ça vous aiderait à comprendre en quoi la dynamique historique est chrétienne. Je ne sais plus quel écrivain a dit que les femmes n'ont pas le sens de l'Histoire.

Écrit par : Lapinos | 16/11/2006

Pardon, je viens de me rendre compte que le fait que vous êtes une femme est pure supposition de ma part. J'espère que je n'ai pas gaffé.

Écrit par : Lapinos | 16/11/2006

La Femme Pauvre est le livre le plus remuant que je n'ai jamais lu, le plus proche du coeur de l'homme, car il fait de sa complexité, de l'ensemble de ses pauvretés, la voie royale pour rencontrer Dieu, du moins, pour s'en laisser toucher.
Les 3 B... Barbey, Bloy, Bernanos...
D'autre part, vous avez raison : les femmes n'ont aucun sens de l'Histoire. Ce sont elles qui la font.

Écrit par : Néel de Néhou | 16/11/2006

Oui, j'aurais dû ajouter ça, c'est plus galant.

Écrit par : Lapinos | 16/11/2006

"Les 3 B... Barbey, Bloy, Bernanos..."

Surtout barbey si j'en crois votre signature de roman!
Bonjour à calixte.

Écrit par : visiteur | 17/11/2006

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