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13/11/2006

Un entretien avec Falk van Gaver sur l'écologie

 

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J'ai annoncé (ici) le colloque, organisé par l'Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon, qui se tiendra en fin de semaine. Parmi les forums annoncés, celui sur les styles de vie et la Création, m'a semblé particulièrement intéressant, notamment parce qu'il recoupe les préoccupations de ce blog. C'est pourquoi j'ai posé quelques questions à Falk van Gaver, l'un des intervenants. Falk van Gaver, c'est la rencontre, dans une même personne, de saint Augustin et de Jean Raspail, une gueule de jeune premier en plus. Ce jeune écrivain est à la fois un aventurier, un journaliste, un philosophe et un théologien, auteur de deux ouvrages, La politique et le sacré et La Route des Steppes, publiés tous les deux aux Presses de la Renaissance. Il prépare d'autres ouvrages et nous devrions avoir l'occasion de le retrouver dans nos réflexions. 

 

– Falk van Gaver, vous êtes un des intervenants au Colloque de Toulon. Votre sujet concerne l'environnement. Pourquoi vous intéressez-vous à  cette question ?

L'environnement et l'écologie ne sont en rien une question aujourd'hui optionnelle, bien qu'elle apparaisse généralement comme telle : un plus écologique, une touche verte... Or l'écologie est une question absolument centrale et vitale et devrait être un critère prioritaire en matière politique et économique au sens le plus large de ces deux termes. si on ne s'intéresse pas ou pas assez à cette question, elle s'imposera et elle s'impose déjà à nous sous le mode de la catastrophe soudaine ou, ce qui est plus grave quoique moins spectaculaire, sous celui de la catastrophe diffuse.


– Vous estimez qu'il faut adopter de nouveaux styles de vie. À quoi pensez-vous exactement ?

A un mode de vie écologique, responsable, économique au sens noble du terme. Eco-logie et éco-nomie viennent tous deux du grec oïkos, la maison, le foyer, la domus en latin, et ont donc directement à faire avec la sphère domestique. On pourrait traduire écologie par la science de la maison, le savoir domestique, et économie par la loi de la maison, la règle domestique. cet aspect domestique,personnel, familial et communautaire est central pour une révolution des modes de vie dans un sens écologique. En termes pratiques et pour commencer : vie simple, consommation biologique et habitat écologique. "Laissez-vous attirer par ce qui est simple", comme dit l'apôtre Paul.

– Est-ce que ces nouveaux styles de vie ne dépassent pas finalement la  question de l'environnement ?

Bien sûr ! L'écologie dépasse largement la question de l'environnement et concerne la totalité de l'existence : l'écologie est par nature intégrale et comprend aussi "l'écologie humaine" qu'évoquait Jean-Paul II dans son encyclique L'Evangile de la Vie ! Il faut promouvoir une culture écologique intégrale, culture entendue au sens anthropologique, c'est-à-dire recouvrant tous les aspects de la vie humaine, aspects temporels mais aussi dimension spirituelle.

– Sur ce blog, nous avons signalé d'une part une série de sermons du cardinal Ratzinger concernant la Création et, d'autre part,  un autre  de ses sermons consacré à la figure de saint François d'Assise. À  chaque fois, le cardinal Ratzinger insiste sur le fait que la défense  de l'environnement ne peut se détacher de la défense de l'homme car celui-ci a une place essentielle dans la Création. Est-ce que cela ne  rend pas vaine, selon vous, toute tentative consistant à isoler la  Création de son Créateur, en la réduisant à un simple concept de nature  ou d'environnement ?

J'allais y venir ! La dimension spirituelle de l'écologie est assumée par la religion, et à cet égard le christianisme offre une vision écologique radicale et intégrale largement inexploitées et incomprises de nos jours par nous autres modernes, catholiques mais malheureusement modernes, trop modernes, ce qui a même mené certains pans de l'écologisme à attaquer le judéochristianisme en les désignant comme responsables du mépris de la nature et de la crise écologique majeure et multiforme qui se déclare plus gravement jour après jour. Il y a certes une responsabilité occidentale énorme dans cette affaire, mais elle est davantage liée à la modernité, cette sortie du christianisme, qu'à la chrétienté qui a développé une vision cosmologique et écologique très complète, dans laquelle il conviendrait de puiser les éléments d'une reconstruction et d'une refondation d'une vision du monde authentiquement et intégralement chrétienne, n'oubliant rien au passage, et surtout pas la Création qui est l'oeuvre même de la bonté et de la sagesse de Dieu. L'écologie est justement un sujet politique majeur pour tous les hommes quels qu'ils soient, et à cet égard un terrain d'évangélisation immense. Mais l'écologie chrétienne n'a rien d'une manipulation instrumentale et prosélyte : le salut de la Création tout entière - et pas l'homme seulement - dans le Christ est au centre même de la révélation biblique !

– Est-ce que la question du changement de style de vie ne rend pas vain également le fait de s'appuyer sur des hommes politiques qui, au-delà  de leur bonne volonté et de leur courage, renforcent un système qui est  directement contre des styles de vie qui « doivent s’inspirer de la  sobriété, de la tempérance, de l’autodiscipline sur le plan personnel  et social" ?

L'écologie s'adresse à tous et il faut évidemment la rappeler aussi sans cesse aux hommes politiques, sans se faire trop d'illusions sur leur capacité au changement... Il faut renforcer cette prise de conscience écologique auprès de toute la population, à commencer par les chrétiens. Les politiciens professionnels et leurs staffs de communication étant attentifs aux sujets en vogue, tant mieux si l'écologie pénètre aussi leurs milieux et leurs discours, et peut-être un jour, leurs actions... Cela dit, l'accent mis sur un nouveau mode de vie, de nouvelles formes de vie, rappelle que le changement commence en chacun de nous et que l'exemple prêche autant voire davantage que la parole, que la parole seule en tout cas. La tradition chrétienne a toujours incarné cette voie de conversion du quotidien même et de transfiguration de la vie, sans cesser de prêcher les foules et de rappeller les puissants à leurs devoirs.

– Que comptez-vous faire concrètement  pour travailler au changement de style de vie ?

Pour ma part, dans la vocation qui est la mienne, travailler toujours davantage sur la question écologique dans ses dimensions politques et économiques en insistant sur son ancrage théologique et philosophique, et mettre ce travail en cours à disposition du public. Et puis, incorporer progressivement les changements concrets dans la vie quotidienne dont je parlais plus haut : manger bio, vivre écolo...

– Enfin, trouvez-vous normal que des initiatives comme un colloque  politique et l'existence d'un Observatoire politique reviennent à l'autorité diocésaine ? N'est-ce pas du rôle et de la responsabilité du pouvoir temporel autonome du laïcat chrétien ?

L'autorité diocésaine a justement donné ici une impulsion bénéfique pour rappeler précisément le laïcat chrétien à l'exercice de son autonomie temporelle. L'Eglise a toujours rappelé les laïcs à leur devoirs civiques et à leur mission politique. Plus largement, au-delà du laïcisme qui nous infecte, et dans une juste conception de la distinction sans confusion ni séparation du temporel et du spirituel, il se peut que devant la déliquescence sans cesse grandissante de la politique et de l'économie, et devant la destruction du monde par la modernité, l'Eglise se voit toujours plus obligée de remplir une mission temporelle indirecte en même temps que son divin mandat... 

Les livres de Falk van Gaver :

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01:35 Publié dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (39)

Commentaires

Comme y invite Falk van Gaver, je crois en effet très bénéfique et urgent que les chrétiens s'engagent dans une réflexion sur la nature et la pratique d'une "écologie humaine".

Il est affolant de voir combien certains catholiques balayent les questions les plus justes sur les limites du modèle de développement occidental, au motif qu'elles sont posées par des militants écologistes affiliés à un parti ou à un syndicat qu'ils désapprouvent. Dans la polarisation des débats politiques, la réflexion écologique est systématiquement prise pour le masque du gauchisme. Dès lors, lorsque Dominique Voynet déclare par exemple que l'écologie invite à repenser notre modèle global de développement, le réflexe est de n'y voir rien d'autre qu'un nouvel avatar du marxisme antilibéral. Or Benoît XVI déclare la même chose...

Il ne faut certainement pas donner le Bon Dieu sans confession au personnel politique qui incarne aujourd'hui l'écologie en France avec le plus de visibilité médiatique. Pensons notamment aux Verts, dont le dernier candidat à la présidentielle, Noël Mamère, célébra en sa mairie de Bègles un faux mariage homosexuel. Un drôle de façon de respecter la nature, et une initiative guère conforme à l'anthropologie chrétienne...

Cependant, même si elles sont mal formulées, les questions posées par les écologistes sont souvent justes. Mais à force de leur prêter des arrières-pensées, on ne les entend plus, et pire, on en prend le contrepied. Face à cette pensée verte dont on suppose le coeur rouge, on en vient à défendre sans plus aucun esprit critique l'économie de marché et les multinationales, le libéralisme et l'hyperconsommation matérialiste. Quelle tristesse !

Et dans ce contexte où si peu de voix chrétiennes mettent l'écologie au centre du débat politique, peut-être n'est-il pas illégitime qu'un diocèse prenne l'initiative de réveiller une question que les laïcs ont trop longtemps laissée en sommeil...

Écrit par : Thibaut Dary | 13/11/2006

Nicolas Hulot n'aurait pas dit beaucoup moins bien. L'écologie, c'est le degré zéro de la politique ! Vous en avez encore beaucoup des philosophes-journalistes comme ce van Gaver sous le coude ? Et qui se paie le luxe par-dessus le marché de dire que les hommes politiques sont tous des incapables !

Écrit par : Lapinos | 13/11/2006

Monsieur Dary, les écologistes n'ont pas la moindre commisération à l'égard des vies humaines qu'on élimine à coups de produits chimiques. [Modéré]

Écrit par : Lapinos | 13/11/2006

[Modéré]

Écrit par : Jacques de Guillebon | 13/11/2006

Comme je l'ai annoncé, je vais modérer les messages. Je suis d'accord pour que l'on discute les idées, mais pas que l'on s'en prenne aux personnes. Et je souhaite que l'on discute les idées avec courtoisie et politesse. Personne n'est obligé de venir sur ce blog.

Écrit par : Philippe Maxence | 13/11/2006

L'écologie chrétienne se résume à une petite phrase : pas de gaspillage inutile.

C'est pas être chrétien que de bouffer des produits de bonne qualité (ou lire de bons bouquins), c'est être intelligent, savoir que le "bio", par exemple, c'est avant tout un énorme "business".

Écrit par : Lapinos | 13/11/2006

Oulah ! Raspail et Augustin ! Rien que ça ! J'ai intérêt à travailler pour être à la hauteur, ne serait-ce que de leurs chevilles... Mettons la cheville de Raspail et le petit orteil d'Augustin...

Écrit par : Falk | 13/11/2006

Comme s'il n'y avait pas assez de blogues modérés comme ça…
S'il y a bien un endroit où il est difficile de distinguer les idées de la personne qui les exprime, en outre, c'est bien sur un blogue, non ? Donc on ne doit plus confronter des idées, il faut qu'on se contente de les superposer ? C'est un peu stratique, comme conception.

Supprimez carrément les messages qui ne vous plaisent pas, là vous donnez une image un peu soviétique du dialogue œcuménique…

Écrit par : Lapinos | 13/11/2006

Lapinos : pensez ce que vous voulez de la modération sur ce blogue. Pour ma part, je me moque de l'image soviétique et du dialogue œcuménique. Vous pouvez vous exprimer sur votre propre blogue, sans modération. Il y aura modération dès que vous ne vous exprimerez pas courtoisement ou que vous utiliserez l'invective à la place de l'argument. Et, si vous jouez un coup la courtoisie et une coup l'attaque personnelle, vous ne serez plus publié sur ce blogue. Cette mise en garde s'étend, bien sûr, à des propos injurieux contre le pape qui pour nous catholiques n'est pas une matière à option, mais le représentant du Christ sur terre. Donc en attaquant le pape, vous attaquez notre foi. Vous pouvez le faire ailleurs, mais pas chez nous. C'est une question de politesse.
C'est vrai pour vous comme pour les autres d'ailleurs, et notamment ceux qui vous attaquent de la même manière. Encore une fois, vous avez votre blogue pour cela. J'en rappelle l'adresse : http://lapinos.hautetfort.com

Écrit par : Philippe Maxence | 13/11/2006

Ça dépend quel pape et ce que dit le pape. La "disputatio" est une vieille tradition chrétienne et je ne remets pas en cause la légitimité du pape, pas plus que je n'ai l'intention de prendre sa place.

Les démocrates ne comprennent pas ça généralement : la légitimité de leur principe est tellement fragile qu'ils sont réticents à la moindre critique.

Vous mêlez vous-même la courtoisie en indiquant l'adresse de mon blogue, peu fait pour plaire à des gens sérieux, il vaut mieux le préciser, et l'attaque personnelle, en m'accusant d'être injurieux à l'égard du pape.

La plus forte insulte que j'ai osé contre le nouveau c'est "Professeur Nimbus", après avoir lu sa dernière encyclique. Vous trouvez que c'est trop ?

Écrit par : Lapinos | 13/11/2006

Falk van Gaver a dit : «[…] il conviendrait de puiser les éléments d'une reconstruction et d'une refondation d'une vision du monde authentiquement et intégralement chrétienne, n'oubliant rien au passage, et surtout pas la Création qui est l’œuvre même de la bonté et de la sagesse de Dieu. » qui répondait à votre proposition inspirée du cardinal Ratzinger « […] la défense de l'environnement ne peut se détacher de la défense de l'homme car celui-ci a une place essentielle dans la Création. »
Parmi les créatures, l’homme est la seule à pouvoir bouleverser l’équilibre naturel de la planète. Pourtant, cet équilibre à déjà connu des bouleversements avant la présence de l’homme et en connaîtra peut-être d’autres sans que l’homme en soit directement responsable. Les dégradations de l’environnement que nous observons aujourd’hui ne font pas l’unanimité des scientifiques. L’homme y a certainement une part, peut-être même une part importante dans certains cas très précis, mais dans ce domaine comme dans celui des techniques, il est peut-être pessimiste de désespérer. La Création est si bien faite que ce qui peut apparaître comme une catastrophe prévisible pour certains peut aussi se révéler une chance pour d’autres. « N’ayez pas peur » nous à dit Jean Paul II qui prononça là l’une de ses plus belles formules. N’ayons pas peur des bouleversements climatiques et autres phénomènes déstabilisants. Ce sont des occasions de manifester notre foi, aussi bien dans le martyr, comme nous l’enseigne régulièrement Benoît XVI, que dans le défi de la création pour trouver des réponses à notre portée. Quoi de plus passionnant que d’envisager ces immenses bouleversements de nos sociétés qu’il va nous falloir affronter avec nos modestes moyens humains et qui nécessiteront donc, de notre part, des dépassements permanents. La créature divine qui sommeille en nous est tout entière dans ces dépassements et nous n’imaginons pas ce que la nature humaine est capable avec, pour les chrétiens, l’aide de Dieu naturellement.

Écrit par : Eric Gaillot | 13/11/2006

désolé d'apporter une note pessimiste dans vos joutes, mais le fait écologique arrive bien trop tard dans nos consciences : 1 milliard 200 millions de chinois, 1 milliard d'indiens, 450 millions d'africains ( pour ne parler que des plus nombreux) ne rêvent que d'une chose : consommer, consommer comme nous, c'est à dire détruire comme nous le faisons depuis trop longtemps sans vergogne, sans réflexion, sans vision de l'avenir, sans aucune pensée pour les générations qui nous succéderont...et allez tenter de raisonner un nouveau riche chinois ou indien qui s'achète une grosse limousine en lui parlant écologie, il s'en fout totalement, il veut étaler sa réussite et vite... bref des hectares de forêts primaires disparaisent chaque minute avec toutes les espèces qu'elles contiennent, un cri d'alarme a été lancé concernant la disparition programmée de certains poissons, la couche d'ozone disparait lentement mais inexorablement, les pôles fondent et pendant ce temps là, nous en sommes encore à "discutailler" et à nous épuiser en vaines querelles de chapelles plus ou moins sectaires, entre un Lapinos qui ne doit pas manger que des carottes ( même bio !) et un Philippe Maxence qui tente de faire régner un semblant d'ordre dans la sienne ( de chapelle ) bref j'ai des raisons d'être inquiet pour votre avenir à tous... mais continuez, tant que l'on bouge encore c'est qu'on n'est pas mort.

Écrit par : odon van Gaver | 14/11/2006

@ Odon Van Gaver
Votre pessimisme est légitime. C’est peut-être pourquoi il est utile d’apprendre à vivre avec la pensée chrétienne qui apporte une réponse. Y avez-vous songé ? Est-il plus rationnel d’imaginer les Chinois, les Indiens et les Africains renoncer à la technique et ses excès plutôt que de croire en la Providence ? La nature est parfaite : les réserves de pétrole seront épuisées avant que ces milliards de Chinois, d’Indiens et d’Africains ne possèdent une voiture à pétrole.
Je constate que les écologistes qui, hier, se faisaient tuer pour lutter contre les centrales nucléaires, ont aujourd’hui changé d’avis. Pour eux, l’atome est finalement moins polluant que le carbone et comme ils ne connaissent aucune technologie susceptible de remplacer l’atome, ils ne se battent plus contre les centrales nucléaires mais pour la sécurité du nucléaire c’est à dire pour l’amélioration de la technique nucléaire qui présente un avantage incalculable : ses ressources naturelles sont quasiment inépuisables.
Cet exemple montre que ce n’est pas l’excès de technique mais au contraire le manque de technique qui pénalise la croissance démographique de la planète. Autrement dit et en conclusion, une attitude chrétienne, naturellement pro-vie, doit défendre la technique. Renoncer ou limiter la technique ne peut se faire sans préalablement réduire la démographie. Les techniques du Moyen âge étaient viables du fait d’une démographie extrêmement faible. L’écologie semble désormais faire le lien entre technique et démographie. La loi est la suivante : réduire la technique revient à réduire la démographie. Améliorer la technique permet d’augmenter la démographie. Pour un chrétien, l’attitude est donc évidente. Naturellement, la diffusion du nucléaire augmente le danger de la prolifération et du détournement du nucléaire par des entreprises terroristes. C’est donc le terrorisme qu’il faut combattre en tant que chrétien, mais c’est un autre débat que Philippe Maxence nous proposera peut-être un de ces jours ?

Écrit par : Eric Gaillot | 14/11/2006

Excusez-moi pour mon erreur de manip. Le premier de mes deux commentaires ci-dessus est parti avant d'être complété et devrait donc être supprimé. Merci Philippe.

Écrit par : Eric Gaillot | 14/11/2006

A Eric : vos désirs sont des ordres. J'ai supprimé le premier message. Il suffisait de demander.

Écrit par : Philippe Maxence | 14/11/2006

Odon van Gaver, encore un philosophe dont j'ignorais tout ! L'avantage de celui-ci sur ses confrères, c'est qu'il se pique d'être pragmatique. Dans ce cas il faut l'être jusqu'au bout…

Une fois qu'Odon van Gaver a démontré que les appétits de consommation sont loin d'être éteints à l'échelle de la planète et que la petite escouade de hippies cathos compte pour du beurre, jusqu'ici c'est assez convaincant, il doit ensuite démontrer que les condition de production de ces produits superflus seront toujours réunies et qu'elles ne dépendent pas de facteurs économiques, politiques et matériels extérieurs au cycle de consommation qu'il décrit. Par ailleurs, on ne peut nier que les États-Unis exercent une domination sur le reste du monde et qu'ils représentent un modèle spirituel, culturel et surtout économique pour les nations. Mais rien ne dit que ce modèle, assez récent, soit forcément éternel.

D'une manière pragmatique, l'impossibilité de prévoir exactement les chaos à venir de l'Histoire, les changements ou pas de modèles politiques, ne doit pas conduire à se boucher les yeux et les oreilles et à se réfugier dans le système de l'abri anti-atomique. D'une manière pragmatique, il ne sert à rien d'être pessimiste.

Écrit par : Lapinos | 14/11/2006

À Éric : Non, je ne proposerai pas un débat sur le terrorisme, ce n'est pas l'objet de ce blogue (non pas que le sujet ne soit pas intéressant, mais à chacun sa tâche). Je ne vois pas, par ailleurs, en quoi la technique serait toujours bonnes ? Ni, pourquoi, on mettrait de côté la bombe atomique lorsqu'on en parle ? Ni, pourquoi il faudrait forcément distinguer entre l'utilisation de la bombe atomique lorsqu'il s'agit d'un État et la bombe atomique lorsqu'il s'agit de terroristes. Jusqu'ici, seul un État a utilisé la bombe. Avec des conséquences sur le long terme assez effrayant. La technique, c'est aussi la pilule abortive, la contraception chimique, la pompe aspirante pour l'avortement, etc. C'est, aussi, je ne l'oublie pas, l'appareil dont vous parliez dans un autre commentaire. Mais, comment et pourquoi faire de la technique, ce passage indispensable du bonheur des hommes ?
Devant m'absenter, je suis obligé d'arrêter mes questions.

Écrit par : Philippe Maxence | 14/11/2006

La technique c'est aussi la méthode de contraception dite "des températures", ou "Ogino". Il serait curieux de réduire la technique à sa seule expression matérielle.

Écrit par : Lapinos | 14/11/2006

Une technique comme celle permettant "la régulation naturelle des naissances", comme son nom semble l'indiquer est une technique visant à réduire au minimum l'intervention de la technique dans la vie humaine, pour laisser libre cours à ce qu'il y a de bon dans le développement naturel.
On peut faire semblant de ne pas comprendre que par technique ici, dans ce débat, maintenant, l'on entend l'irruption à visée prothétique d'instruments matériels dont la place devient rapidement prépondérante au point d'asservir à soi vie et âme humaines. On peut faire semblant de ne rien comprendre. On peut aussi se taire.
On peut aussi rappeler, à ceux qui n'aiment pas les philosophes, que ceux qui se sont toujours opposés à eux s'appellent sophistes et que 2500 ans de civilisation les ont ramenés à leur néant initial, quoi qu'ils en aient.
On peut aussi méditer cette phrase de Maximilien Kolbe, victime de la technique : "Plus il y a de technique, plus il faut d eprière".

Écrit par : Jacques de Guillebon | 14/11/2006

De Benoît XVI : « Toute personne et toute famille peut et doit faire quelque chose pour soulager la faim dans le monde en adoptant un style de vie et de consommation compatible avec la sauvegarde de la création et avec des critères de justice envers qui cultive la terre en tout pays ».

Écrit par : Jacques de Guillebon | 14/11/2006

Oui, le terme de "régulation naturelle des naissances" semble indiquer que la méthode est naturelle, mais il n'en est rien. En réalité il s'agit-là d'une méthode scientifique sophistiquée, plus sophistiquée que la capote anglaise, par exemple. Je crois que si on travestit cette réalité, c'est parce qu'on ne veut pas aborder vraiment les questions morales et sociales qu'il y a derrière les méthodes de contraception quelles qu'elles soient.

« L’Église est la seule chose qui puisse libérer un homme de la dégradante obligation d’être de son temps. » écrivait Chesterton. Ce n'est plus aussi vrai aujourd'hui en Occident. L'Église ne veut pas admettre qu'elle a grand ouvert ses portes à l'"esprit du monde".

Passer son temps à accuser les nazis est une autre méthode bien pratique pour se disculper.

Écrit par : Lapinos | 14/11/2006

À Lapinos qui écrit : « La technique c'est aussi la méthode de contraception dite "des températures", ou "Ogino" ».
Je signale juste que cela fait 40 ans que la méthode dite Ogino n'est plus préconisée. Et que de ce fait, il pourrait être utilse de se renseigner avant de porter un jugement. Et qu'il faut parler de manière bien abstraite pour voir dans les méthodes naturelle de naissance quelque chose de technique.

Écrit par : Philippe Maxence | 14/11/2006

J’aimerai demander à Philippe si le débat sur la technique dont il est question ici porte sur la technique en soi ou sur les techniques d’avortement et plus précisément sur l’avortement lui-même ? S’il s’agit de l’avortement, à défaut d’aspirateur moderne, on utilise les mains ou des crochets et on arrache souvent un peu n’importe quoi. C’est un peu brutal comme description mais parfaitement réaliste. Une fois la décision d’avorter prise, il me semble préférable d’utiliser une technique moderne et fiable plutôt que des outils et des méthodes barbares.
Pour ramener le débat à un niveau plus général, voici un autre témoignage direct et personnel. J’étais chargé d’installer un programme d’aide internationale aux soins primaires dans une région du Tiers Monde pour ne pas citer le pays ni les organisations mises en cause. Une conférence nationale est organisée autour de la question suivante : faut-il informer les malades du sida de leur maladie lorsque ceux-ci n’ont pas les moyens techniques – c’est à dire en l’occurrence financiers - de se soigner ? Je laisse aux lecteurs le soin de deviner la réponse prise à l’époque par le ministère de la santé du pays en question. Cela remonte à la fin des années 80. Grâce aux progrès de la technique et à la générosité de grands mécènes dont je ne citerais pas la nationalité pour ne blesser personne, ce même ministère a modifié depuis sa réponse. Cela fait que ce pays se retrouve avec des millions de gens pris en charge par la communauté internationale des généreux donateurs ce qui alimente un excellent trafic et un super business local pour des résultats quasiment nuls. La technique n’est évidemment pas en cause. Elle existe, elle est efficace, mais elle est hors de portée culturelle pour beaucoup de pays. Est-ce une raison pour accuser la technique de tous les malheurs du monde ? Ce genre de conclusion revient à accuser les pays développés d’appauvrir les pays sous-développés, d’accuser les riches de la misère des pauvres etc. et finalement de culpabiliser ceux qui travaillent et produisent de la richesse. Devrai-je avoir honte de consacrer mon temps à produire de la richesse grâce à toutes ces nouvelles technologies véritablement époustouflantes ?

Écrit par : Eric Gaillot | 14/11/2006

Les siècles de recherche scientifique et d'étude du corps humain qui ont été nécessaires pour élaborer des méthodes de contraception aussi sophistiquées que les méthodes prédendûment "naturelles" basées sur les courbes de température et les cycles féminins n'ont rien d'abstrait.

Vous êtes de ces gens qui pensent, Maxence, que parce qu'une pomme est "bio", elle est "naturelle".
Feriez mieux de demander à votre ami Paupert de vous expliquer comment au moment du concile V2 des groupes de pression féministes yankis ont forcé la main au pape pour qu'il ouvre la porte à la contraception. Ça sert de lire "La Nef".

Ce qui me gêne le plus dans votre discours, c'est qu'il est idéologique. Même si cette idéologie vient peut-être de saint Thomas, n'empêche, elle vous pousse à travestir la réalité. L'idéologie est désormais la chose au monde la mieux partagée, je sais que vous n'aimez pas que je dise ça, mais le pape lui-même verse assez souvent dans l'idéologie.

L'Occident peut-il se relever sans qu'il soit fait appel de nouveau au bon sens ?

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

A Lapinos : vous ne savez pas ce que je pense Lapinos parce que vous interprétez tout au prisme de vos a priori qui ne forment même pas une idéologie. Si vous saviez une seule seconde ce que je pense du « bio », vous n'auriez pas écrit des stupidités, ni parlé de La Nef à laquelle je n'appartiens plus de manière permanente depuis plusieurs années. Voilà cinq ans sinon six que je n'ai pas vu Jean-Marie Paupert. Si vous pensiez sans utiliser des slogans, ce serait déjà mieux.
Que vous ne soyez pas d'accord avec ce que j'avance, avec les questions que je pose ou que vous les trouviez stupides, c'est votre droit. Mais, en soi, cela m'importe assez peu. En revanche, vous occupez ce blogue pour autre chose que ce pourquoi il a été mis en place. C'est une question de politesse : tenez vos propos ailleurs, vous avez un blogue pour cela.

Écrit par : Philippe Maxence | 15/11/2006

C'est vous qui avez commencé à insinuer que je ne savais pas comment les techniques dites "naturelles" de régulation des naissances fonctionnaient, Maxence, que je ne savais pas de quoi je parlais.

Rappelez-moi pourquoi ce blogue est fait parce que je n'ai pas l'impression d'être hors-sujet.
Vous savez, votre confrère Plunkett m'a censuré dès le premier commentaire sur son blogue. Je ne l'avais pas rédigé juste pour l'emmerder mais parce que je crois sincèrement qu'il tient parfois des propos dangereux. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Donc ce qui m'étonne ce n'est pas que vous vouliez me faire taire ici, Maxence, mais que vous ne l'ayez pas fait plus tôt.

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

A Lapinos : je n'ai pas beaucoup de temps à perdre et je vais devoir quittier mon ordinateur pour un bout de temps. Une petite remarque : je m'appelle Philippe Maxence, et non pas Maxence. La courtoisie française implique qu'on utilise le prénom et le nom. Nous ne sommes pas sur la cour de récréation d'un pensionnat pour garçons.
Quand on parle de méthode Ogino, à l'instar de la propagande d'État sur la question, on révèle clairement que l'on connaît peu ou pas la question. Oui, l'enfer est pavés de bonnes intentions. Mais pas seulement ! Il semble que l'enfer regorge aussi d'intentions plus malignes, de propos plus malsains, sans parler de manipulations assez évidente. Du style : comment ? Vous n'avez pas fait de moi un martyr de la pensée et de la libre expression…

Écrit par : Philippe Maxence | 15/11/2006

A Eric : pardon, je viens juste de découvrir votre dernier commentaire. Je n'ai hélas que peu de temps car je dois partir.
En gros, c'est plus le « système » technicien que telle ou telle technique qui est le sujet de la discussion. Avec la question subsidiaire : pourquoi les défenseurs de la technique mettent toujours de côté, par exemple, la bombe atomique (mais il y a d'autres exemples dont celui de l'avortement) ? La question peut et doit d'ailleurs se retourner : pourquoi les adversaires mettent en cause des techniques dont finalement ils se servent aussi (cas de l'ordinateur, par exemple ou du téléphone ou de la voiture, etc.)
Enfin, remarque générale : il ne s'agit pas de faire honte à quelqu'un pour ses choix et son style de vie. Ce blogue est destiné normalement à essayer de partager l'expérience de ceux (qui ne souhaitent pas non plus qu'on leur reproche sans cesse leurs choix) qui tentent de vivre plus simplement, plus frugalement, en étant chrétiens. Et de fait, ce sont plutôt les adversaires du telle conception qui s'expriment ici.
Pardon, c'est trop rapide.

Écrit par : Philippe Maxence | 15/11/2006

La courtoisie française veut qu'on s'adresse aux gens en leur donnant du "Monsieur". Pour faciliter la compréhension sur un blogue, je dis "Maxence", qui n'est pas moins courtois que "Philippe Maxence".

Si ma sincérité ne vous suffit pas, je suis fondé à penser que vous voulez me chasser pour une autre raison, non ?

Essayons plutôt d'être constructifs, en votre absence.
Le problème que j'évoquais n'est pas la propagande d'État, mais la propagande de l'Église. La propagande d'État, des laboratoires pharmaceutiques, vise à dicréditer la méthode Ogino en pointant sa relative inefficacité.
La propagande de l'Église, elle, vise à faire passer la méthode Ogino et la méthode Billings (basée sur les glaires cervicales) pour des méthodes "naturelles". Or, elles sont toutes les deux très élaborées scientifiquement, cette expression de méthode "naturelle" le dissimule. La méthode des Drs Billings est encore plus scientifique et donc moins naturelle que celle du Dr Ogino, par conséquent. Pourquoi ? Je crois que ce qu'il y a derrière cette propagande est intéressant et est en plein dans le mille du sujet que vous voulez aborder dans ce blogue.

Pax vobiscum, Maxence.

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

"Il y a certes une responsabilité occidentale énorme dans cette affaire (des problèmes de l'environnement), mais elle est davantage liée à la modernité, cette sortie du christianisme, qu'à la chrétienté qui a développé une vision cosmologique et écologique très complète, dans laquelle il conviendrait de puiser les éléments d'une reconstruction et d'une refondation d'une vision du monde authentiquement et intégralement chrétienne"

Très juste ! Merci à Falk van Gaver d'avoir mis des mots à cette vérité essentielle trop souvent occultée par nos morlistes "écolos" et bien-pensants.

J'ajouterai (j'espère ne pas trahir votre pensée) que finalement, le catholicisme est l'authentique écologisme. Cela mériterait d'être développé. Mais je crains les longueurs du débat.

Je pense sincèrement que les problèmes de l'homme et du monde ont trouvé leur solution en Christ et dans la religion qu'il nous a laissée au Golgotha.

Écrit par : Ingomer | 15/11/2006

A Lapinos : décidément, vous ne comprenez rien. Quand je parle de propagande d'État, c'est un reproche que je vous adresse et non pas un commentaire sur vos propos. Je vous reproche d'utiliser les mêmes arguments que la propagande d'État. Celle que l'on trouve dans tous les documents officiels sur les questions de contraception. On parle d'Ogino, avec plus de quarante ans de retard. Ajoutons qu'il ne faut pas pratiquer ces méthodes pour les présenter comme très élaborer scientifiquement. Ajoutons encore que c'est confondre technique et science qui sont deux termes différents et qui ne veulent pas dire exactement la même chose. Jacques de Guillebon a essayé de vous le dire, en vain apparemment.
Enfin, nous sommes avec vous face à un manipulateur. On vous chasse du blogue, vous pouvez crier victoire. C'est la preuve, pour vous, qu'on en veut à votre libre expression et cela vous conforte dans vos propos et pensées. On vous garde, vous gagnez encore, parce qu'on est obligé de vous supporter, de vous répondre, de vous discuter, tant cela vous met en joie. Je vais finir par croire que Patrice de Plunkett a opté pour la bonne solution.
En tous les cas, pour ma part, j'entre plus dans ce jeu. Je n'ai pas besoin de vous pour exister.

Écrit par : Philippe Maxence | 15/11/2006

La propagande d'État parle de la méthode Ogino pour dire qu'elle est inefficace. Ce que je reprocherais à la méthode Billings, c'est plutôt d'être encore plus scientifique et imparable que la méthode Ogino. Exactement le contraire, donc.

De savoir qui est le plus à plaindre de vous ou moi n'est pas le problème qui devrait vous préoccuper. Vous avez accusé certains de vos lecteurs d'être discourtois, je préférerais pour ma part que vous me donniez des noms d'oiseaux plutôt que de mettre en doute ma sincérité poliment.

Guillebon n'est pas encore dans la liste des docteurs de l'Église, que je sache, vous ne pouvez pas m'interdire de réfuter cette histoire de contraception naturelle qui ne tient pas debout. Vous allez tous deux prêchants des choses qui ne vont pas de soi, la moindre des civilités c'est de laisser s'exprimer les chrétiens qui ne sont pas d'accord avec vous, sans les juger sur leur vocabulaire ou leur syntaxe.

Écrit par : Lapinos | 15/11/2006

@ Philippe
Je vais essayer de m’intercaler entre vos échanges animés avec Lapinos. En réponse à l’un de mes commentaires très favorable aux techniques, vous formulez une question très pertinente : « Pourquoi les défenseurs de la technique mettent toujours de côté, par exemple, la bombe atomique (mais il y a d'autres exemples dont celui de l'avortement) ? La question peut et doit d'ailleurs se retourner : pourquoi les adversaires mettent en cause des techniques dont finalement ils se servent aussi (cas de l'ordinateur, par exemple ou du téléphone ou de la voiture, etc.) ».
Je ne vais pas défendre une théorie mais vous exprimer ce que je pense, en tant que citoyen ordinaire français, de la bombe atomique. Un lecteur a fait remarqué, précédemment, que la bombe atomique avait été utilisé une seule fois dans l’Histoire, avec des conséquences dramatiques à longs termes. Sans le préciser, tout le monde comprend qu’il s’agit d’Hiroshima et Nagasaki, 200 000 morts et une quantité invraissemblable de victimes, qui plus est, des victimes civiles. Cet aspect-là ne peut que m’amener à condamner un tel usage de la technique à travers la bombe atomique. Mais, en tant que citoyen ordinaire français passionné par la politique, j’ai une analyse plus large que ce simple décompte macabre et je me suis demandé : si les américains n’avaient pas utilisé cette bombe atomique comme ils l’ont fait, que ce serait-il passé ? Je vous exprime maintenant de façon brute mon opinion : la guerre aurait continué, les Russes auraient envahi le Japon et peut-être qu’aujourd’hui le monde libre n’existerait plus.
Ce ne sont pas 200 000 morts que nous devrions comptabiliser, mais probablement des dizaines de millions.
En conséquence, et depuis que la bombe atomique existe, j’estime qu’elle a été largement bénéfique pour l’ensemble de la planète. Je vous livre mon opinion. Je n’en fais pas une doctrine et ma position ne signifie pas que dans l’idéal, je ne souhaiterais pas un monde sans ce type d’armes. Mais nous sommes sur terre, et nous avons affaire avec l’être humain qui est ce qu’il est. La bombe atomique a permis de vivre plus d’un demi siècle dans le cadre la guerre froide qui a protégé l’Europe de tout conflit sur son sol. Ceci est donc un second avantage de la bombe atomique en tant que force de dissuasion qui a montré son efficacité. Naturellement, je me situe dans le camp du monde libre, le mot efficacité signifiant concrètement pour moi : à l’abris du totalitarisme soviétique.
Troisième point : Tchernobyl, un autre aspect du nucléaire qui est l’équivalent d’Hiroshima et Nagasaki. Tchernobyl est, pour la plupart des gens, une catastrophe. Plus précisément, Tchernobyl n’est qu’une catastrophe de la technique. Là aussi, cet aspect est bien réel mais je me suis fait l’opinion suivante : c’est grâce à Tchernobyl que le régime soviétique s’est effondré. Je ne développerais pas ici ce qui m’a finalement conduit à me construire cette opinion car ce n’est pas l’objet du débat.
Conclusion : Hiroshima et Nagasaki, la guerre froide et Tchernobyl sont trois effets concrets de la technique nucléaire que j’estime avoir été extrêmement positifs pour le camp du monde libre. Tout mon raisonnement s’appuie sur un désir supérieur à tous les autres : je veux vivre dans le monde libre, et tout ce qui est favorable au monde libre est, de mon point de vue d’homme libre, positif. En dehors du monde libre, comme son nom l’indique, il n’y a pas de liberté et sans liberté, notre dialogue lui-même serait impossible. Pour moi, cela serait pire que la mort. Supprimons tous les totalitarismes, et la bombe atomique deviendra inutile. La bombe atomique sera une technique nuisible et néfaste lorsque le monde libre aura définitivement gagné sur les idéologies totalitaires ce qui arrivera, c’est ma foi chrétienne, un jour ou l’autre même s’il faut pour cela, surtout en Europe, tout reprendre à zéro.

Écrit par : Eric Gaillot | 15/11/2006

Jusqu'ici le bilan de la bombe atomique est en effet plutôt satisfaisant, de la bombe soviétique aussi, Gaillot, puisqu'elle a conduit les deux adversaires à se neutraliser pendant cinquante ans. Mais aujourd'hui on sent les Yankis capables de balancer une bombe sur l'Iran rien que sur un emballement médiatique…

Écrit par : Lapinos | 16/11/2006

@ Lapinos
Merci pour votre réponse. Je rappelle la question précise de Philippe Maxence : " Pourquoi les défenseurs de la technique mettent toujours de côté, par exemple, la bombe atomique ?" Votre réponse confirme la mienne. C'est grâce à la bombe atomique que nous avons connu la paix en Europe depuis plus de cinquante ans. La bombe atomique n’est donc pas un argument à charge contre les défenseurs de la technique.
Naturellement, la prolifération non contrôlée de cette technique pourrait remettre en cause notre position. C’est pourquoi je souhaite que l’occident chrétien agisse pour garder le contrôle de cette technique.

Écrit par : Eric Gaillot | 16/11/2006

Messieurs, je lis et découvre ce site, cette note et ces commentaires. Et il me semble que l'ensemble (sic) renvoie à "quelque chose" d'inévitable dans le monde ce temps. Au reste, ce n'est que plus visible dans le monde de ce temps.

Ou bien nous fondons notre vie en Dieu et nous n'avons ni à en rendre compte autrement aux autres ("c'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront pour mes disciples") ni à inventer des systèmes intermédiares de justification de nos actions qui mêlent forcément maladroitement les mots du monde et ceux de la foi.

Ou bien nous ne le faisons pas. Mais au moins les choses sont claires.

Car il n'y a pas de compromission possible avec les raisonnements du monde. L'évêque de Paris en prenait récemment conscience publiquement dans un entretien avec des journalistes de Valeurs actuelles.

Se rendait-il compte des conséquences de ce qu'il disait ?

Car dans ce cas, et c'est ce que je pense, le ralliement à la République est une erreur. La doctrine sociale de l'Eglise est une erreur (relisez Rerum novarum : on voit la bonne intention, mais reprendre les mots du marxisme c'est déjà avoir cédé, car sa vison du monde est incompatible avec celle de Dieu).

Si nous voulons vraiment servir Dieu, alors, nous devons d'abord nous renoncer nous-mêmes, y compris notre désir de Le suivre à notre manière. Pour Le suivre à sa manière qui n'est sûrement pas la nôtre. Si nous n'allons pas jusque là, nous ne sommes "chrétiens" qu'à moitié. Est-ce encore l'être ?

[Et c'est l'immense limite de démarches ou de l'esprit de gens comme M. de Plunkett que dénonce à juste titre le dénommé "lapinos", quyi relève de la propagande réactionaire ou civilisationnelle, dès qu'il fait autre chose que de répercuter sans commentaire - ce qu'il ne sait pas faire - les textes du Pape.]

En d'autres termes, il faut PRIER beaucoup PLUS et raisonner un peu MOINS. Nous libérer du ressentiment contre le monde, de sa critique, pour RENTRER DANS LA VISION DU MONDE QUE DIEU A AUJOURD'HUI.

ET DIEU N'EST AP REACTIONNAIRE.

Le discours remarquable du patriarche Bartholomée de Constantinople, libre du rationalisme asséchant et désincarné des gloses thomistes, nous le fait bien voir :


Allocution prononcée à la cérémonie de clôture du colloque international sur la protection de la mer Adriatique, qui s'est tenu du 5 au 10 juin dernier à Venise (SOP 270.2). Traduction française publiée, le 18 juin, à Rome, par L´Osservatore Romano.

Très engagé dans le dialogue œcuménique et dans le dialogue interreligieux, il a également lancé plusieurs initiatives en faveur de la protection de l'environnement naturel, notamment à l'occasion de colloques qui ont été successivement consacrés à la protection de la mer Egée, en septembre 1995 (202.6), de la mer Noire, en septembre 1997 (SOP 222.3), et du Danube, en octobre 1999 (SOP 242.12).


Tandis que nous touchons au terme de notre 4e colloque sur la "Religion, la science et l'environnement", nous rendons grâce à Dieu pour les débats fructueux, ainsi que pour votre contribution inestimable. Nous rappellerons les paroles prophétiques de notre prédécesseur, le patriarche œcuménique Dimitrios Ier, dans sa lettre encyclique de 1989 : en exhortant les chrétiens à célébrer le 1er septembre comme jour de prière pour la protection de l'environnement, il soulignait le besoin pour nous tous de faire preuve d'"un esprit eucharistique et ascétique".


La création est un don de Dieu

Réfléchissons sur ces deux mots : "eucharistique" et "ascétique". Les implications du premier mot sont faciles à deviner. En appelant à un "esprit eucharistique", le patriarche Dimitrios nous rappelait que le monde créé n'est pas seulement en notre possession, mais qu'il s'agit d'un don - un don de Dieu le Créateur, un don de guérison, un don de merveille et de beauté - et que notre réponse appropriée, en recevant ce don, doit être de l'accepter avec gratitude et action de grâce. Cela est certainement le caractère qui nous distingue en tant qu'êtres humains : l'être humain n'est pas seulement un animal logique ou politique, mais avant tout un animal eucharistique, capable de gratitude et doté du pouvoir de rendre grâce à Dieu pour le don de la création. Les autres animaux expriment leur gratitude simplement en étant eux-mêmes, en vivant dans le monde de la façon instinctive qui leur est propre. Mais nous, êtres humains, possédons une conscience de nous-mêmes, et c'est pourquoi, de façon consciente et en vertu d'un choix délibéré, nous pouvons rendre grâce à Dieu avec une joie eucharistique. Sans cette action de grâce, nous ne sommes pas véritablement humains.

Mais qu'entendait le patriarche Dimitrios par le deuxième mot, "ascétique" ? Lorsque nous parlons d'ascétisme, nous pensons à des choses comme le jeûne, les veilles et les pratiques rigoureuses. C'est en effet une partie de ce que ce mot recouvre ; mais le terme d'askesis signifie bien plus que cela. Il signifie, en ce qui concerne l'environnement, que nous devons faire preuve de ce que la Philocalie et d'autres textes spirituels de l'Église orthodoxe appellent enkrateia, "la maîtrise de soi".

Cela signifie que nous devons nous limiter de façon volontaire dans notre consommation de nourriture et de ressources naturelles. Chacun de nous est appelé à faire une distinction cruciale entre ce que nous voulons et ce dont nous avons besoin. Ce n'est qu'à travers une telle abnégation, à travers notre disponibilité à nous priver parfois et à dire : "non" ou "assez", que nous redécouvrirons notre véritable place dans l'univers.

Le critère fondamental pour une éthique de l'environnement n'est ni individualiste, ni commercial. L'acquisition de biens matériels ne peut justifier le désir égoïste de contrôler les ressources naturelles du monde. L'avidité et l'avarice rendent le monde opaque, en transformant tout en poussière et en cendres. La générosité et le désintéressement rendent le monde transparent, en transformant tout en sacrement de communion plein d'amour - une communion des êtres humains entre eux, une communion des êtres humains avec Dieu.


Le besoin de sacrifice

Ce besoin d'un esprit ascétique peut être résumé en un seul mot clé : le sacrifice. Telle est exactement la dimension qui manque à notre éthique de l'environnement et à notre action écologique. Nous ne sommes tous que trop conscients de l'obstacle fondamental auquel nous devons faire face dans notre action en faveur de l'environnement, qui est précisément celui-ci : comment pouvons-nous passer de la théorie à l'action, des paroles aux actes? Nous ne manquons pas d'informations scientifiques et techniques sur la nature de la crise écologique actuelle. Nous savons non seulement quoi faire, mais également comment le faire. Pourtant, en dépit de toutes ces informations, on accomplit malheureusement peu de choses dans la pratique. Le chemin est long de la tête au cœur, et encore plus long du cœur aux mains.

Comment pouvons-nous franchir cet écart tragique entre la théorie et la pratique, entre les idées et la réalité ? Il n'existe qu'une seule façon : grâce à la dimension du sacrifice qui nous fait défaut. Nous pensons ici à un sacrifice qui n'est pas facile, mais coûteux : "Je ne veux pas offrir à Yahvé mon Dieu des holocaustes qui ne me coûtent rien" (2 Sam 24, 24). Il n'y aura de changements réels et concrets dans l'environnement que si nous sommes préparés à faire des sacrifices radicaux, difficiles et véritablement généreux. Si nous ne sacrifions rien, nous n'aurons rien. Inutile de dire qu'en ce qui concerne les nations et les personnes, il est exigé bien davantage des riches que des pauvres. Toutefois, tous sont appelés à sacrifier quelque chose au nom de leurs concitoyens.


Dimension spirituelle du sacrifice

Le sacrifice est avant tout une question spirituelle bien plus qu'économique. En parlant de sacrifice, nous parlons d'une question qui n'est pas technologique, mais éthique. En effet, l'éthique de l'environnement représente de façon spécifique un thème central de ce symposium. Nous parlons souvent de crise de l'environnement ; or la véritable crise réside non pas dans l'environnement, mais dans le cœur de l'homme. Le problème fondamental doit être recherché non pas à l'extérieur, mais à l'intérieur de nous-mêmes, non pas dans l'écosystème, mais dans notre façon de penser.

La cause originale de toutes nos difficultés réside dans l'égoïsme et dans le péché de l'homme. Ce qui est exigé de nous, ce ne sont pas de plus grandes compétences technologiques, mais un plus grand repentir, metanoia, dans le sens littéral du terme grec, qui signifie "conversion du cœur". La cause première de notre péché à l'égard de l'environnement réside dans notre égoïsme et dans l'ordre de valeurs erroné que nous avons reçu en héritage et que nous acceptons sans aucun sens critique. Nous avons besoin d'une nouvelle façon de réfléchir sur nous-mêmes, sur notre relation avec le monde et avec Dieu. Sans cette "conversion du cœur" révolutionnaire, tous nos projets de conservation, quelles que soient nos bonnes intentions, se révéleront inefficaces car nous ne nous occuperons que des symptômes, et non de leurs causes. Les interventions et les conférences peuvent aider à réveiller nos consciences, mais ce dont nous avons véritablement besoin, c'est d'un baptême de larmes.


Donner et recevoir la vie

Parler de sacrifice est démodé et même impopulaire dans le monde moderne. Mais si l'idée de sacrifice est impopulaire, c'est avant tout parce que de nombreuses personnes ont une idée erronée de ce que signifie véritablement le sacrifice. Elles imaginent que le sacrifice signifie une perte ou la mort ; elles voient le sacrifice comme quelque chose de sombre ou de triste. Sans doute est-ce parce que, à travers les siècles, des concepts religieux ont été utilisés pour introduire des distinctions entre ceux qui "ont" et ceux qui n'"ont pas", ainsi que pour justifier l'avarice, l'abus et l'arrogance.

Mais si nous considérons la façon dont le sacrifice était conçu dans l'Ancien Testament, nous voyons que les Hébreux avaient une conception totalement différente de sa signification. Pour eux, le sacrifice signifiait non pas la perte, mais le gain, non pas la mort, mais la vie. Le sacrifice était coûteux, mais ne conduisait pas à la perte, mais à l'accomplissement ; il représentait un changement non pas pour le pire, mais pour le meilleur. Par-dessus tout, pour les Hébreux, le sacrifice ne signifiait pas renoncer, mais simplement donner. Dans son essence fondamentale, le sacrifice est un don - une offrande volontaire rendue en culte par l'homme à Dieu.


La communion avec Dieu

Ainsi, dans l'Ancien Testament, bien que le sacrifice comportât souvent de tuer un animal, le but n'était pas de retirer, mais de donner la vie ; non pas la mort de l'animal, mais le don de la vie de l'animal à Dieu. À travers cette offrande sacrificielle, un lien était établi entre le fidèle humain et Dieu. Une fois accepté par Dieu, le don était consacré, devenant un instrument de communion entre lui et son peuple. Pour les Hébreux, les jeûnes, - et les sacrifices qui les accompagnaient - étaient "allégresse, joie, gais jours de fête" (Zc 8, 19).

Un élément essentiel de tout sacrifice est qu'il doit être spontané et volontaire. Ce qui nous est soutiré par la force et la violence, et contre notre volonté, n'est pas un sacrifice. Seul ce que nous offrons dans la liberté et dans l'amour est véritablement un sacrifice. Il n'y a pas de sacrifice sans amour. Lorsque nous abandonnons quelque chose contre notre gré, nous subissons une perte, mais lorsque nous offrons quelque chose volontairement, nous ne pouvons qu'y gagner.

Lorsque, le quarantième jour après la naissance du Christ, sa mère, la Vierge Marie, accompagnée de Joseph, se rendit au Temple et offrit son enfant à Dieu, son acte de sacrifice lui procura non pas de la peine, mais de la joie. Elle ne perdit pas son enfant, mais il devint sien comme jamais il n'aurait pu l'être autrement. Le Christ a proclamé ce mystère apparemment contradictoire lorsqu'il a enseigné : "Qui veut en effet sauver sa vie la perdra" (Mt 10, 39 et 16, 25). Lorsque nous sacrifions notre vie et que nous partageons notre richesse, nous gagnons la vie en abondance et nous enrichissons le monde entier. Telle est l'expérience de l'humanité par-delà les siècles : kenôsis signifie plèrôsis ; se dépouiller volontairement conduit à se réaliser.


Devenir les prêtres de la création

Nous devons appliquer tout cela à notre action en faveur de l'environnement. Il ne peut y avoir de salut pour le monde, d'espérance d'un avenir meilleur, sans la dimension du sacrifice qui nous fait défaut. Sans un sacrifice coûteux et intransigeant, nous ne pourrons jamais agir en tant que prêtres de la création afin de renverser la spirale de la dégradation de l'environnement.

Le chemin qui s'ouvre à nous, tandis que nous continuons notre voyage spirituel dans l'exploration écologique, est indiqué de façon frappante dans la cérémonie de la grande bénédiction des eaux, célébrée par l'Église orthodoxe le 6 janvier, fête de la Théophanie, lorsque nous commémorons le baptême du Christ dans le fleuve du Jourdain. La grande bénédiction commence par un hymne de louange à Dieu pour la beauté et l'harmonie de la création : "Tu es grand, ô Seigneur, et merveilleuses sont tes œuvres : aucun mot ne suffit à chanter les louanges de tes merveilles... Le soleil chante ta louange ; la lune te glorifie ; les étoiles t'élèvent leur supplique ; la lumière t'obéit ; les abîmes craignent ta présence ; les fontaines sont tes servantes ; tu as déployé les cieux comme un rideau ; tu as établi la terre sur les eaux ; tu as entouré la mer de sable ; tu as déversé l'air afin que les créatures humaines puissent respirer...". Puis, à la suite de cette doxologie qui embrasse tout le cosmos, arrive le point culminant de la cérémonie de bénédiction. Le célébrant prend une croix et la plonge dans un récipient d'eau (si la cérémonie a lieu à l'intérieur d'une église), ou dans le fleuve ou la mer (si la cérémonie a lieu à l'extérieur).

La croix est le symbole qui nous guide dans le sacrifice suprême auquel nous sommes appelés. Elle sanctifie les eaux et, à travers elles, transforme le monde entier. Qui peut oublier le symbole imposant de la croix dans la splendide mosaïque de la basilique de Saint-Apollinaire-in-Classe ? En célébrant la liturgie eucharistique à Ravenne, notre attention était fixée sur la Croix, qui se tenait au centre de notre vision céleste, au centre de la beauté naturelle qui l'entourait et au centre de notre célébration du ciel sur la terre. Tel est le modèle qui doit guider nos efforts en faveur de l'environnement. Tel est le fondement de toute éthique de l'environnement. La croix doit être plongée dans les eaux. La croix doit être au centre de notre vision. Sans la croix, sans le sacrifice, il ne peut y avoir de bénédiction, ni de transfiguration du cosmos.


Bartholomée Ier, archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique



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Cet article provient du Service Orthodoxe de Presse (SOP - http://www.orthodoxpress.com) qui nous a aimablement autorisé à le reproduire.

repris du site : écologie chrétienne.fr

Écrit par : Anonyme | 16/11/2006

Je ne pensais pas à la prolifération non contrôlée. La prolifération non contrôlée a commencé avec la construction de l'arme nucléaire israélienne par les ingénieurs français, et Israël est néanmoins un tout petit pays.
Je pensais plutôt au fait que les États-Unis sont parfois amenés à prendre des décisions irrationnelles sous la pression des médias. Envoi de troupes puis retrait de troupes, interdiction de la torture puis autorisation de la torture.

Par ailleurs, il me semble que vous ne devriez pas utiliser cette expression de civilisation technicienne pour désigner la civilisation contemporaine. Depuis les temps préhistoriques la civilisation est technicienne. Ce qui fait la particularité de l'américanisme en vigueur presque partout, c'est le PROFIT, la plus-value pour être précis.
Qu'on puisse vous vendre pour une somme importante une technique qui ne sert à que dalle, mettons un four micro-onde, voilà ce qui est caractéristique et nouveau et probablement destructeur.

Écrit par : Lapinos | 16/11/2006

Merci pour cet article (et pauvre lapinos!) La véritable écologie c'est de maîtriser et dominer la nature mais aussi de se laisser enseigner par la nature... donc par la création. En refusant d'entendre le murmure de la création, écho de la parole divine, créatrice, nous la détruisons. Une personne demandait: qu'est ce qui est le plus beau selon toi chez la femme? Une femme répondit: son cycle. Ce temps qui n'appartient qu'à la femme, si particulier, de fécondité et de distance... Cela doit donner à méditer. Au lieu de cela on détruit le cycle... Il n'y a pas d'écologie sans conversion des coeurs. St François d'Assise n'était pas qu'un brave écolo.
Athanase.

Écrit par : Lansac | 13/12/2006

Lapinos, reconnaissons-le, a au moins le mérite de prouver que "le silence est d'or".

Je rejoins Falk, de même que Lansac, lorsqu'ils affirment que, pour saisir la portée de l'enjeu écologique aujourd'hui, il faut descendre au plus profond de notre foi.

A dire vrai, je pense même que la notion d'écologie n'a de sens que dans la réaction qu'elle a provoqué au cours du temps. Les circonstances nous poussent à en faire une priorité, et à l'imposer presque comme un système de pensée. Là est le danger des Verts qui absolutisent (avec la perversion d'un Noël Mamère ; mais tout n'est cependant pas à rejeter) pour finalement circonscrire la nature.

L'écologie ne devrait pas exister en temps qu'objet de pensée. Seule la nature peut l'être essentiellement. Le développement des techniques (et non de la science, comme le rappellent si bien Jacques et Philippe Maxence) nous pousse à nous pencher ainsi sur l'écologie en temps que principe de vie... quotidienne.

Écrit par : Pierre Gelin | 09/01/2007

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