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10/11/2006

Un colloque à Toulon

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Le 18 novembre prochain se tiendra à Toulon les Premières assises de l'Observatoire socio-politique diocésain sur le thème « Chrétiens et politique ». On en trouvera le programme détaillée ici.

 On ne peut que saluer une telle initiative qui montre une prise de conscience du fait que la foi n'est pas une affaire privée et que la réalité sociale et politique influence très largement les comportements. Ce que les papes appelaient autrefois le rôle positif ou négatif des institutions et que Jean-Paul II a développé en parlant des structures de péché.

Cependant, on reste un peu déçu devant le programme proposé. On y retrouve des hommes politiques qui sont certainement courageux, mais qui jouent principalement la carte du système, véritable structure de péché. Non pas en ce qu'ils sont élus, mais en ce qu'ils sont liés à des partis, interfaces artificielles entre la société et le pouvoir. Dans un tel colloque, leur présence n'est pas illégitime. Mais leur seule présence me semble l'être moins. Où sont les acteurs de la vie sociale, des familles, de la vie économique, de la vie culturelle, etc. ?

On rétorquera qu'il y a la présence de journalistes. Oui, bien sûr. Mais l'expertise du journaliste ne me semble pas aller de soi. Il n'est pas là pour indiquer les voies à suivre, mais pour rendre compte, pour expliquer le monde et sa compléxité. Il appartient également à un pouvoir qui a pris dans nos sociétés modernes une importance croissante au point de dénaturer parfois durablement la perception de la vérité et de la réalité. On dira : oui, mais il s'agit de journalistes chrétiens. J'entends bien. Mais le journaliste chrétien n'est pas à l'abri de la tentative d'agir ou de réagir par mondanité, même quand par ailleurs il semble proposer une analyse libre. Rien ne remplace, en fait, l'expertise de ceux qui sont directement engagés, de par leurs responsabilité naturelles, à la vie de la société : les parents, les éducateurs, les chefs d'entreprises, les syndicalistes, les agriculteurs, les artisans, etc. Tous ceux qui ont, non seulement un pouvoir concret, mais qui ont une responsabilité réelle qui lui est liée. C'est-à-dire qui doivent « répondre directement de leurs actes et de leurs choix ».

L'autre aspect décevant tient au fait que ce colloque est issu d'une structure diocésaine. Il existe un pouvoir temporel du laïcat, autonome (ce qui ne veut pas dire indépendant) auquel revient les initiatives à prendre en matière sociale et politique. Au besoin, l'évêque peut susciter la prise d'initiative en encourageant des laïcs à se rendre sur le terrain. Mais la structure même d'action ne devrait pas être être liée à la structure de l'Église et au pouvoir spirituel. Pour laisser à celui-ci sa pleine liberté. Et pour laisser aux laïcs leurs libertés et leurs libres capacités de prendre des initiatives. 

Un forum me semble, en revanche, très intéressant et en lien avec les préoccupations de ce blog (cf. ici). Je pense que nous y reviendrons.  


18:11 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Ce qui m'étonne, moi, c'est pas tant de voir des hommes politiques inféodés au système, c'est vrai que Christine Boutin n'a plus la fermeté qu'elle a pu avoir sur la famille, c'est bien plutôt de voir des évêques inféodés au système, car, enfin, ils ne sont pas élus, eux, si je ne m'abuse ?

Écrit par : Lapinos | 10/11/2006

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