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10/11/2006

Retour sur une discussion concernant la société, la technique et les Crunchy cons

 

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Au lancement de ce blog, j'ai rompu quelques lances avec Yves Daoudal (ici et ) qui très aimablement avait signalé l'existence de Cælum et Terra sur son blog () avant de se rendre compte qu'il ne partageait pas l'approche développée ici. Tout naturellement, il a voulu donner son point de vue. Il l'a fait à partir de l'actualité liée aux Crunchy cons (voir ici) et au passage de Rod Dreher à l'Orthodoxie (). Dans cette controverse, nous nous sommes expliqués lui et moi, mais je pense que nous ne nous sommes pas compris. Quelques mots malheureux de ma part, on laissait croire à Daoudal que je refusais la critique – ce qui n'est pas le cas – alors que son discours m'a semblé mal distinguer ce qu'il reprochai à Rod Dreher de ce qu'il me reprochait. Nous avons depuis encore un peu échangé sur le Salon Beige (), à la suite de l'annonce faite d'un entretien d'explication de Rod Dreher paru dans L'Homme Nouveau (ici). 

Depuis, j'ai reçu la lettre d'un ami qui vit à l'étranger et qui a suivi avec retard, étant en mer, la confrontation entre Yves Daoudal et moi. Connaissant bien le sujet, par sa propre vie et ses propres modes d'existence, ses voyages à l'étranger et les rencontres qu'il a pu faire, cet ami m'a livré une réflexion qui me semble suffisamment intéressante pour vouloir la publier aujourd'hui, malgré le côté ancien de la polèmique. Je prie le lecteur, et particulièrement Yves Daoudal, ne pas y voir une attaque personnelle, même s'il est nommé directement, cette lettre réagissant aux propos que nous avions échangés. Le fond de cette lettre mérite, en revanche, une véritable discussion autant sur la place de la famille dans la société que sur le rôle de la technique et la différence entre société et système. 

On trouvera peut-être étrange et anormal le fait que cette lettre soit simplement signée de deux initiales. Les responsabilités de cet ami sont telles aujourd'hui qu'il se voit contraint à réduire son prénom de baptême à une lettre ainsi que son nom.

Cher Philippe,

Daoudal ne saura jamais que le retard apporté à cette réponse va chercher ses racines dans les thèses qu'il pourfend. Cet été, nous avons fait l'acquisition d'un voilier de 8,20 mètres que je m'emploie - cela prend du temps et explique le retard - à transformer en école de tradition, en retour aux sources, en terrain d'analyse, en observatoire du ciel. D'aucuns ont inventé des instruments pas plus gros qu'un téléphone cellulaire et qui vous donnent en 35 secondes la position de votre bateau partout dans le monde - avec une erreur de quelques mètres. Époustouflant ! Cela s'appelle le progrès technique. Cela s'appelle aussi la division du travail. Il s'est trouvé des ingénieurs particulièrement habiles pour procurer à leurs semblables, complètement dépourvus de connaissances scientifiques mais qui voulaient naviguer, les moyens modernes et pratiquement infaillibles de savoir où ils sont.

Ces ingénieurs ressemblent aux professeurs ou aux boulangers de Daoudal. Ils apportent à la communauté un savoir qui est en même temps une étape vers la sophistication de la vie. Mais la comparaison va encore beaucoup plus loin. Comme les professeurs qui enseignent trop souvent un conformisme vénéneux, comme les boulangers qui trop souvent oublient ce que fut du bon pain, nos ingénieurs magiciens des coordonnées géographiques ne sont, en fait, que des saccageurs de la mer. Ils nous ont apporté un produit meurtrier. Pis : ils nous ont masqué les voies secrètes de la découverte personnelle. Avec eux et par eux, nous n'avons plus besoin de savoir ce que signifie une route vraie, une latitude croissante, un gisement d'amers ou un relèvement transporté. Nous avons tout en appuyant sur un bouton. Un tout qui repose sur du vide. À la limite, peu importe que l'on se trouve sur la mer ou sur la terre : ce ne sont que des lieux quadrillés et repérables, sans autre identité que des chiffres de sonde et des distances en miles.

La fonction d'ingénieur poussée jusqu'à sa logique extrême nous a privés de la nature, privés de ce qu'elle avait à nous dire, privés de ce que nous pouvions lui arracher. Comme les professeurs privent nos enfants d'une culture humaine. Comme les boulangers privent nos tables d'une manne civilisatrice. Daoudal renverse les facteurs. Ce ne sont pas les parents qui singent les enseignants et les boulangers. Ce sont les enseignants et les boulangers qui ont fini par singer leur propre métier. Alors, devant cet échec, les parents ont pris la relève. De même que j'interdirai à bord de notre voilier l'utilisation immédiate de tout système permettant de savoir notre position dans les secondes qui suivent. Il faudra, avant d'avoir recours à la facilité, se servir d'instruments vieux de plusieurs siècles qui exigent l'analyse des cartes, une connaissance de la mer, une domestication des astres. Saint-Exupéry nous a dit que l'avion n'était qu'un outil. Il nous a dit également que la terre nous apprenait beaucoup sur nous parce qu'elle nous résistait.

Elle résiste comme la mer. Et cette résistance, convertie par l'homme en volonté, devient chez lui une force. Daoudal ne peut nier qu'il vaut mieux enseigner à ses enfants les véritables causes de la seconde conflagration mondiale plutôt que de leur laisser ingurgiter dans des amphis microbiens la vision stalinienne de la guerre civile européenne. Daoudal ne peut nier davantage qu'il vaut mieux pétrir sa farine le soir, la faire cuire le lendemain matin et la manger en famille à midi plutôt que d'acheter au supermarché une baguette caoutchouteuse et froide. Et Daoudal ne pourrait nier, enfin, qu'il vaut mieux voir son fils aîné tracer une droite sur une carte marine en disant fièrement " nous sommes sur cette droite " plutôt que de le voir annoncer mollement à tout l'équipage une latitude et une longitude aussi glacées, aussi dénaturées, aussi irréelles qu'un numéro de sécurité sociale. C'est Daoudal qui a tort car sa réaction l'enferme dans un monde dont il est obligé d'assumer les carences. Alors, comme il se voit incapable d'assumer ces carences, il les nie. Les professeurs professent ; les boulangers boulangent et les ingénieurs font des merveilles. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Daoudal, c'est Candide.

Cependant, ce Candide-là nous suggère deux idées qui doivent être retenues. La première est celle qui commente la conversion du prophète des " Crunchy Cons " à l'orthodoxie. Il parle de papillonnage, il parle de marché bio-chrétien. C'est méchant, mais, surtout, il oublie d'aller au fond des choses et de rappeler l'une des causes de cette conversion : la mauvaise gestion par la hiérarchie ecclésiale des scandales homosexuels dans le clergé. Rod Dreher a été horrifié de découvrir la duplicité de certains prélats qui n'ont fait qu'envenimer la crise. Et il fait de cette duplicité une des causes de sa rupture. Dreher a eu raison de nous préciser que sa conversion contenait une très grosse charge émotionnelle. Cela me rappelle celle qui a littéralement étouffé Bernanos lorsqu'il fut cruellement déçu de constater que l'évêque des Baléares avait lui-même rempli les fourgons de fusillés " rouges " lors des premières semaines de la guerre civile espagnole. Le naïf Bernanos, qui raconta cela avec une déconcertante candeur, n'a pas cru indispensable de changer de chapelle. Nous souhaitons à Dreher une orthodoxie en béton.

La deuxième idée à retenir du texte de Daoudal est celle qui insiste sur l'impérieux devoir du chrétien de rester dans la société, d'être soudé à elle, de partager ses espoirs et ses peines. C'est vrai. L'Évangile est, sur ce point, d'une grande clarté. Pour Daoudal, tous ceux qui rejettent les professeurs, les boulangers et - j'ajoute - les ingénieurs se placent d'eux-mêmes en dehors de cette société. Daoudal confond société et système. Les Crunchy Cons rejettent le système, ses hommes et ses produits. Ils ne rejettent pas la société. D'ailleurs, il serait absurde de vouloir rejeter une société. Le poisson ne rejette pas l'eau dans laquelle il vit. Même les Amish, contrairement aux apparences, ne se retirent pas de l'univers américain : ils l'intègrent à une autre époque. Les Crunchy Cons ne font que se retirer des circuits qu'ils jugent néfastes. S'ils apparaissent parfois marginaux, c'est pour mieux créer d'autres circuits de substitution. Voilà tout. Les créer et en vivre.

Avec mes fidèles amitiés et ce cri unique mais fulgurant : " Vivent les yaourts maison !!! "

P.S.

18:12 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (17)

Commentaires

Il n'est pas très aisé de participer à ce débat mais je ne peux renoncer à intervenir de la façon suivante :

Très beau texte de P.S. dont je partage les préoccupations et j’aurais beaucoup d’histoires à raconter sur le sujet. Mais j’aimerais vous partager une question plus spécifique sur la technique. Vous ignorez peut-être que plus de 800 000 diabétiques, en France, ne survivent que grâce à une petite machine électronique de la taille d’un téléphone cellulaire qu’ils portent à la ceinture. Cette machine remplace le pancréas. Elle est constituée d’un mini ordinateur qu’il calcule en permanence le taux d’insuline du patient et injecte en fonction de la variation de ce taux de l’insuline dans le corps par le moyen d’une mini-pompe reliée par un tube à une aiguille plantée quelque part dans l’abdomen. La réserve d’insuline est stockée dans une petite cartouche, de la taille d’une demi cigarette et à une autonomie d’environ trois jours.
Si pour une raison ou une autre, votre appareil tombe en panne, vous avez quelques heures, voire un ou deux jours, pour le réparer, en fait le changer. Sinon, vous risquez la mort. Chaque diabétique possède, en principe, un stock plus ou moins à disposition d’insuline pour six mois.
Ce produit est fabriqué par un unique laboratoire au monde aux USA. Les stocks d’insuline en France sont limités à six mois. Une rupture prolongée de ces stocks pourrait donc entraîner la mort certaine de plusieurs dizaines de milliers de diabétiques en phase 3 (branchés en permanence) en France. Chaque jour, des dizaines de diabétiques passent en phase 3. Leur survie dépend donc totalement non seulement de la technique mais aussi, pour reprendre les termes de Philippe Maxence, du « système ». Un grain de sable dans le système – on peut imaginer plusieurs scénarios -, et c’est la catastrophe pour ces malades qui, il faut bien le comprendre, ne peuvent pas survivre sans ces machines extraordinaires car le pancréas ne se soigne pas ou très mal. Il faut savoir également qu’à l’origine de cette maladie, les scientifiques accusent essentiellement le stress et l’environnement sur des organismes « sensibles ».
Alors, pour ou contre les technologies modernes ? Quelle est la liberté de penser – je veux dire critiquer le système par exemple…- pour un diabétique en phase 3 qui grâce à cette petite machine peut mener une vie quasiment normale ?
Si ma réflexion est hors sujet, je prie Philippe Maxence de m’excuser et de supprimer cette contribution. Le sujet pourrait choquer ou traumatiser inutilement certains lecteurs ayant des proches directement concernés par cette question existentielle. Je précise que je suis responsable d’une association de diabétiques et que ses questions sont en permanence à l’ordre du jour de nos réunions, conférences, etc. et que l’évolution de la situation générale en France n’a rien de réjouissant pour ces malades.

Écrit par : Eric Gaillot | 10/11/2006

Non, Eric, cette contribution n'est pas hors sujet. Elle me semble, même entièrement, dans le sujet, si je puis m'exprimer ainsi. Elle soulève un vrai problème, autant en ce qui concerne notre attitude par rapport à la technique que notre attitude vis-à-vis du système. E.F. Schumacher dans Small is beautifull, dont j'ai déjà parlé ici, évoque la nécessité des technologies intermédiaires, nécessaires selon lui, car adaptées aux besoins spécifiques des hommes. Je vais chercher exactement le passage où il développe cette idée. Il est clair qu'il ne s'agit pas d'être contre la technique en tant que telle, car elle a toujours existé, à partir du moment où un homme s'est emparé ou à fabriquer un outil pour l'aider dans son travail. Et si nous étions contre la technologie, le cas que vous exposez nous indique la voie à suivre. Cela dit, il me semble que notre époque à une spécifité par rapport à la place de la technique dans nos vies. Celle-ci n'est pas neutre et prend une place qui n'est pas forcément aussi vitale que pour un diabétique ou un grand blessé que l'on va pouvoir soigner grâce au développement des techniques médicales. Je pense que d'autres contributeurs donneront des avis sur ce sujet. Un énorme merci en tous les cas. J'espère trouver le temps de revenir sur ce sujet.

Écrit par : Philippe Maxence | 10/11/2006

Votre ami affirme, à propos du GPS:
"Ils nous ont apporté un produit meurtrier. Pis : ils nous ont masqué les voies secrètes de la découverte personnelle."

Le romantisme qu'on perd, pour le calcul de la longitude et de la latitude, on le gagne en sécurité et en fiabilité. Tout le monde n'a pas cette volonté de calculer sa position à la main.

Il faudrait quand même signaler que la voiture spacieuse, que j'ai croisé à un moment dans la polémique, permet également de sauver des vies, car les systèmes de securité en sont renforcés par rapport à ceux qui existaient auparavant. Bien évidemment, il ne faut pas être esclave de la technique, et savoir revenir aux fondamentaux comme par exemple, faire son pain tous les jours.

Le progrés technique a de NOMBREUX avantages qu'il ne faudrait pas non plus oublier, en idéalisant un peu trop le passé. On pourrait évoquer le nombre de morts sur les routes dans les années 50, le nombre de disparus en mer, sans compter les diabétiques du commentaire précédent.

Quand j'étais en Asie, je m'amusais du fait que je ne pouvais pas me balader sur les routes touristiques sans croiser de nombreux compatriotes. Le progrès technique a permis la démocratisation des voyages. Mais il ne tient qu'à vous de quitter ces routes touristiques pour voir autre chose, d'apprendre par vous-même, si tel est votre désir. Mais de grâce, ne jetez pas la pierre sur le progrès technique. Celui-ci est un moyen. A vous de l'utiliser ou pas, de le filtrer ou pas.

Pour répondre à une des intervenantes, sur un autre billet, qui évoquait les BD érotiques ou Titeuf, le progrès technique n'a rien à voir avec le contenu. Celui-ci doit être filtré car l'on connait notre société, ça ne sera jamais le meilleur qui sera proposé. De là à bannir le contenant parceque le contenu est malsain et que le recepteur n'est pas capable de filtrer, ça me paraît hors-sujet.

Personnellement, je me fiche royalement de savoir calculer ma position au compas. Je prendrais donc un GPS classique. Sur d'autres domaines d'activité, par contre, je reviendrais aux fondamentaux, c'est vrai.

La religion n'a rien à voir avec ce débat. Il faut simplement savoir ce qui est essentiel de ce qui ne l'est pas. Or tout ce qui est matériel n'est pas essentiel, seul l'âme l'est. C'est aussi simple que cela.

Je crois bien que les moines au XVeme siècle craignaient l'invention de l'imprimerie car cela empêcherait de faire travailler la mémoire. On sait ce qu'il en advint, et je n'ai encore trouvé personne qui m'ait dit que l'imprimerie était à bannir. C'est un débat du même ordre, qui dure depuis des siècles.

Écrit par : Polydamas | 10/11/2006

Philippe,
Puisque avec le cas des diabétiques, je suis bien dans le sujet m’avez-vous écrit, je propose de transposer un extrait du texte de P.S. du domaine du contrôle de la navigation à celui du contrôle du sucre dans le sang. Il me semble que ce léger glissement du point de vue de l’observateur entraîne une importante modification de la prospective des idées sous-jacente au texte de P.S..

Texte de P.S. :
« D'aucuns ont inventé des instruments pas plus gros qu'un téléphone cellulaire et qui vous donnent en 35 secondes la position de votre bateau partout dans le monde - avec une erreur de quelques mètres. Époustouflant ! Cela s'appelle le progrès technique. Cela s'appelle aussi la division du travail. Il s'est trouvé des ingénieurs particulièrement habiles pour procurer à leurs semblables, complètement dépourvus de connaissances scientifiques mais qui voulaient naviguer, les moyens modernes et pratiquement infaillibles de savoir où ils sont. »

Transposition :
D'aucuns ont inventé des instruments pas plus gros qu'un téléphone cellulaire et qui vous donnent instantanément le taux de votre sucre dans le sang - avec une erreur quasiment nulle. Époustouflant ! Cela s'appelle le progrès technique. Cela s'appelle aussi la division du travail. Il s'est trouvé des ingénieurs particulièrement habiles pour procurer à leurs semblables, complètement dépourvus de connaissances scientifiques mais qui voulaient continuer à vivre, les moyens modernes et pratiquement infaillibles de doser le sucre de leur sang.

Après la lecture de cette transposition, comment interpréteriez-vous, cher Philippe, cette remarque de P.S. extraite de son texte :
« […]nos ingénieurs magiciens des coordonnées géographiques ne sont, en fait, que des saccageurs de la mer. Ils nous ont apporté un produit meurtrier. »

Croyez-vous que P.S écrirait cette phrase :

« […] nos médecins magiciens des analyses sanguines ne sont, en fait, que des saccageurs de la vie. Ils nous ont apporté un produit meurtrier. »

Les diabétiques et combien d’autres – c’est à dire nous tous qui sommes bien intégrés au système et dont la vie dépend essentiellement de ces/ses ingénieurs et médecins - apprécieront.

Pour terminer sur une note plus polémique, dans le cas particulier des diabétiques, le problème est que la France n’est justement pas dans le système de production de l’insuline. La question, pour les diabétiques français – cette question est la même pour tous les Français - n’est pas de savoir si nous devons sortir du système. La question est de savoir comment notre pays, c’est à dire notre société, peut y retourner…dans ce système que les Français ne cessent de critiquer tout en profitant à fond de ses avantages, mais pour combien de temps encore ? C’est parce que notre système est « EPOUSTOUFLANT » que tant de monde ne supporte plus d’en être exclu et préfère, à la limite, le détruire.

Écrit par : Eric Gaillot | 10/11/2006

à Polydamas :
Il y a des choses intéressantes dans ce que vous écrivez et un souci de trouver une position équilibrée. Je le comprends. Dans ce sens, j'aimerais vous poser plusieurs questions pour relancer la discussion :
– quand vous dîtes que tout le monde n'a pas la volonté de calculer sa position à la main, ou, pourrait-on ajouter, de marcher pour aller acheter sa viande, est-ce que vous ne posez pas l'un des problèmes, non pas de la technique en tant que telle, mais de sa suprématie dans notre monde actuel ?
– revenir aux fondamentaux. Oui, bien sûr. Mais pourquoi faire son pain serait dans ce cas et pas, par exemple, le calcul de sa position de manière manuelle ?
– la technique a permis la démocratisation des voyages. Oui, c'est vrai. Mais : et alors ? Si on voyage pour ne rien voir ou pour ne plus voir son voisin, à quoi sert le voyage et sa démocratisation ?
– La religion n'a rien à voir avec cela ? Mais si justement ! Parce que aujourd'hui, la religion qui règne, c'est celle de la suprématie technique. Mais si, parce que c'est la religion qui permet d'établir ce qui est fondamental ou pas et qui permet de mettre la technique a sa place. Au rang d'instrument, pas de maître.
– enfin, la technique n'est pas neutre. On l'a dit pour la TV par exemple. Mais, au-delà même de la qualité artistique et morale des programmes, la TV pose un problème par l'accoutumance qu'elle implique et la passivité qu'elle génère. On le sait aujourd'hui.

à Eric.
J'ai bien vu la conclusion qu'induisait votre remarque sur les diabétiques. Je la comprends et je la partage pour une part. Mais une part seulement. Car, comparaison n'est pas raison. Dans le cas des diabétiques, si j'ai bien compris, l'appareil est absolument indispensable pour vivre. Est-ce le cas pour le marin, avec ou sans GPS ? À vrai dire, n'étant pas marin, je ne suis pas capable de répondre. Mais, ayant un fils voulant faire Navale, j'ai appris par hasard que l'on apprend aux élèves-officiers de notre Marine Nationale, qui sont de futurs ingénieurs, apparemment dans des domaines pointus, à naviguer aux instruments avant d'utiliser les techniques modernes. Il y a un ordre d'apprentissage, une discipline, une connaissance de la réalité qui s'acquiert ainsi. Ce n'est pas par hasard, me semble-t-il, si des marins de 2006 apprennent encore cette façon de faire.
Pour finir, je ne pense pas que notre système soit si époustouflant. Quand on compare ce qui est comparable, je ne vois pas que l'homme se porte toujours mieux aujourd'hui, en mettant son seul espoir dans la surabondance technologique et les biens de consommation.

Écrit par : Philippe Maxence | 10/11/2006

@ Polydamas

Je vous ferais remarquer que le GPS n'est pas d'une fiabilité à toute épreuve : l'électronique tombe en panne, la réception peut être mauvaise...
On a toujours intérêt à maitriser des techniques rustiques avant de chercher les techniques sophistiquées, et on fait plus confiance à un chef de quart qui sait faire le point avec des amers qu'à celui qui sait juste lire un compteur. Cela s'appelle du bon sens et la marine est une école de bon sens.

Je suis ingénieur, je sais ce que la technologie peut apporter, mais je sais aussi que cela n'est pas de la magie et que plus les systèmes sont complexes et plus ils sont difficile à mettre au point et risquent les défaillances.

La technique doit être au service de l'homme (l'exemple de l'insuline est un bon exemple) et pas l'homme au service de la technique. Hors l'hyper-consumérisme actuel place l'homme en complète dépendance de la technique et du marketing.

Il ne s'agit plus de répondre à un besoin mais de créer une multitude de nouveaux besoins (franchement avons nous besoin de ces téléphones portables qui envoient des mails, prennent des photos et demain parleront tout seuls parce que nous n'aurons plus personne avec qui parler).

L'idée de Philippe Maxence est intéressante car la vertu de modération et de simplicité nous ramène à nos vrais besoins.
Quels sont-ils ? L'abondance des biens matériels superflus ou une vie bonne et ordonnée à notre fin qui n'est pas sur cette terre mais au Ciel ?

Écrit par : Laurent | 10/11/2006

@ Philippe
Vous avez écrit « je ne vois pas que l'homme se porte toujours mieux aujourd'hui, en mettant son seul espoir dans la surabondance technologique et les biens de consommation. ».
Je ne suis pas convaincu de la généralité de votre remarque qui s’applique surtout à la jeunesse et reste très passagère. La première fois que j’ai débarqué au Mozambique, j’ai été ébahi par la propreté des bidonvilles de Maputo, la capitale. Je me suis dit : ces Mozambicains sont formidables ! Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre la stupidité crasse de ma réaction spontanée. Ces gens n’avaient, à l’époque, que des racines à manger. Depuis, pour moi, un bidonville rempli d’ordures est un bidonville où l’on ne meurt pas de faim. Certes, on y meurt à cause de nouvelles maladies liées à l’hygiène. Alors, on réalise des assainissements et on installe l’eau potable au robinet. Les maladies liées à l’hygiène finissent par être remplacées par des maladies de stress et d’environnement…voire par des maladies liées à la surconsommation. Il y a aura toujours de nouvelles maladies, toujours de nouveaux défis à relever mais l’essentiel est d’avancer, de construire, de créer, bref, de vivre !

Je devais apprendre aux Mozambicains à se fabriquer des jambes artificielles avec des techniques traditionnelles à base de bambous. (L’architecture mène à tout…). Me méfiant de l’idéologie de l’OMS, j’avais discrètement emporté avec moi une valise avec le matériel pour fabriquer n’importe quoi à base de résine époxy. A votre avis, quelle fut la réaction des amputés ? La voici : les gens ne trouvent pas les trois sous pour se faire une jambe de bambou subventionnée 3 sous par l’OMS, mais ils trouvent les 100 sous pour se faire une jambe en plastique non subventionnée par l’OMS. Conclusions ? Même au degré zéro du développement, l’être humain n’est pas une machine, c’est à dire qu’il n’est pas rationnel ni froidement logique et quel que soit le degré de développement de notre société, il ne sera jamais une machine. Si nous avons l’impression de surconsommer un peu comme des oies, c’est tout d’abord un privilège, c’est ensuite un problème psychologique typique de l’occidental contemporain, sauf le respect que je vous dois, naturellement. Excusez-moi de ma passion pour ce monde, pour les techniques et pour tous les problèmes qu'ils nous posent et qui sont autant de défis à relever et à gagner.

Écrit par : Eric Gaillot | 11/11/2006

@ Philippe Maxence:

Oui, la technique est partout. Et heureusement d'ailleurs. En fait, j'estime que la principale erreur est la systématisation de ce retour aux fondamentaux. Nul n'est capable de calculer sa position en mer, de faire son pain, etc, le tout de manière satisfaisante. C'est littéralement impossible et nous perdrions notre temps, qui serait bien mieux utilisé à fréquenter votre blog, à bouquiner, etc. D'où la spécialisation et la nécessité d'acheter ce que nous ne pouvons et ne voulons pas faire.

Alors, oui, cela induit une déshumanisation des villages dans lesquels tout le monde va à l'hypermarché, c'est vrai. Mais aujourd'hui, la seule communauté qui vaille est celle dans laquelle vous vous reconnaissez, celle avec qui vous vivez de manière virtuelle, bien que vous soyez à plusieurs milliers de km. Personne ne connaît son voisin de palier mais chacun fera des centaines de kms pour retrouver sa tribu avec laquelle il vit virtuellement. Nous sommes passés du stade des villages à celui des tribus, qu'elles soient virtuelles ou non.

Je ne sais si c'est bien ou mal mais ce que je sais, c'est qu'habitant la banlieue, je ne connais pas beaucoup de monde dans mon village, mais beaucoup à Paris et dans les autres banlieues qui ont les mêmes rythmes que moi.

Il est vrai que la religion actuelle met la technique au-dessus de tout. Quoique ce n'est pas la technique, mais l'apparence, l'artifice, appuyé sur la technique, qui ne fait que recouvrir un gouffre de désespoir, car personne n'est dupe de la satisfaction que cette technique peut apporter.

Je ne suis pas sûr que ce soit la technique qui soit le problème, elle n'est que la conséquence de l'orgueil de chaque être humain, qui cherche à marquer sa supériorité sur ses semblables. Mais cet orgueil peut prendre d'autres formes que la technique, comme la culture, la littérature, le fric, le milieu social, etc. La technique n'est que la conséquence et pas la cause de ces tendances.

Les catholiques, je l'espère, mettent la technique à leur service, et l'utilisent à la seule fin correcte qui vaille, la poursuite du Bien. Il est clair qu'il ne faut pas être prisonnier de ses biens, savoir ce qui est essentiel. Mais bannir le progrès parcequ'on pense ne pas pouvoir le contrôler est à mon sens, (pardonnez-moi si je choque) immature. Au contraire, c'est à nous d'y introduire du sens, et de l'utiliser comme tel.

Concernant les voyages, je n'ai pas dit que je n'avais rien vu, j'ai dit que je rencontrais beaucoup d'Occidentaux.... Car en Asie, avec ou sans compatriotes, je vous garantis le choc culturel et le dépaysement. ;-)

Sur la TV, j'ai été élevé avec, en apprenant à la regarder. Je vous garantis que cela a été une bonne formation. Il faut savoir trier, voilà tout, comme les bouquins. Car bien des émissions, ou des films, permettent l'enrichissement personnel.

Mais si cela peut vous rassurer, cela fait belle lurette que je regarde les émissions TV sur Internet, et que j'ai arrêté de regarder la télévision "normalement". Je préfère construire ma TV à la carte, seul sur le net, avec des contenus que je sais être de qualité. C'est donc une démarche beaucoup moins passive que celle que vous décrivez. Il y a une étude récente, qui vaut ce qu'elle vaut, disant que les blogueurs actifs lisaient beaucoup plus de bouquins que la moyenne. C'est assez rassurant, je trouve.

@ Laurent:

Je m'en fi...., je ne navigue pas.... ;-)

Cela dit, si je naviguais, vous auriez parfaitement raison. Il faut savoir revenir parfois aux fondamentaux, on ne sait jamais ce qui peut vous tomber dessus, d'où la pertinence de la formation à Navale. Mais de là, à ce que des civils systématisent cet apprentissage dans leur environnement, ça me paraît tout de même excessif. Que les militaires le fassent, oui, car ils doivent se préparer à toutes les éventualités, mais que les civils le fassent, j'ai des doutes.

Oui, le marketing crée le besoin. Ayant fait une école de commerce, je suis bien placé pour savoir combien on crée le besoin et l'envie. Reste que ce "faire-savoir" est indispensable aujourd'hui où la seule existence est cantonnée à l'existence médiatique et à votre taux de notoriété.

Or les petites évolutions technologiques créent également les grosses révolutions techniques. C'est aussi la loi du capitalisme. Donc, pour être certain d'acquérir du savoir-faire, il faut que votre précédent savoir-faire se vende et donc, pratiquer le faire-savoir. Ce système est critiquable, certes. Mais nous n'en avons pas d'autre pour le moment.

J'abonde également dans le sens de M. Gaillot. La forte hausse démographique que tous les pays occidentaux ont connu au moment des différentes Révolutions Industrielles provient d'une amélioration de l'hygiène, elle-même issue des progrès technologiques.

Écrit par : Polydamas | 11/11/2006

À Éric,
Nous sommes d'accord au moins sur un point : l'homme occidental est malade. Je ne parlerai pas des pays africains que je ne connais pas contrairement à vous. Je me demande seulement si nous n'avons pas importé en Afrique aussi une partie de la maladie européenne. Non pas que je croie en la perfection de l'état de nature et à la perversité de la civilisation. Mais j'ai quand même tendance à croire que nous ne les avons pas épargnés de ce point de vue là aussi.
Si ma mémoire est bonne, Régine Pernoud avait écrit un livre voici plusieurs années avec d'autres auteurs sur l'apport des techniques utilisées en Occident au moyen-âge pour les pays en voie de développement. Les auteurs de ce livre montraient que le drame avec des continent comme l'Afrique a été de vouloir les faire passer immédiatement à l'âge de l'informatique en oubliant les étapes intermédiaires que l'Occident a bien dû suivre. E.F. Schmacher évoque le même problème. Et c'est pourquoi il s'est attaché, comme conseiller économique de pays asiatiques, de proposer des technologies qu'il appelle intermédiaires, qui apportent à la fois un véritable progrès sans bousculer les étapes et l'organisation sociale des pays en question. On trouve cette explication dans Small is beautifull.
Oui, ce monde est un monde de défis à relever et il est passionnant. Mais je ne suis pas sûr – pardon – que la maladie se trouve là où vous le pensez. L'Évangile nous dit : cherchez d'abord le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. Le monde qui m'entoure – qui n'est pas le mal, je ne suis pas un manichéen – me redit chaque jour cherchez la richesse, le confort et, le royaume de Dieu, si vous avez encore le temps de vous en préoccupez, vous sera donné par surcroît. C'est une question de priorité.

À Polydamas
« Nul n'est capable de calculer sa position en mer, de faire son pain, etc, le tout de manière satisfaisante. C'est littéralement impossible et nous perdrions notre temps, qui serait bien mieux utilisé à fréquenter votre blog, à bouquiner, etc. ».
Ce qui est important dans ce que vous écrivez, c'est le mot « tout ». Oui, il est impossible de « tout » faire de manière satisfaisante. Mais tant mieux, parce qu'on ne nous le demande pas. Nous ne sommes pas tous obligés de naviguer. Mais si nous prenons la mer, autant savoir faire le point aux instruments, si jamais la nécessité s'en présente. Nous ne sommes pas tous obligés de faire notre pain. Mais si nous estimons que celui du boulanger est moins bon, pourquoi s'en priver ? D'autant que cette fabrication du pain est une école humble de confrontation au réel, de réapprentissage du temps, de la hiérarchie des choses.
Non, ce n'est pas vrai - pardon – qu'il est plus important de passer son temps sur ce blog ou sur un autre. Il est plus important de s'occuper de sa famille et d'essayer d'aider ses voisins, même et surtout quand nous sommes dans un monde de tribus et non plus de villages. Sur ce point, vous avez entièrement raison et c'est un vrai sujet.
Oui, vous avez raison : « Je ne suis pas sûr que ce soit la technique qui soit le problème, elle n'est que la conséquence de l'orgueil de chaque être humain, qui cherche à marquer sa supériorité sur ses semblables. Mais cet orgueil peut prendre d'autres formes que la technique ». Le nœud du problème se situe bien dans l'orgueil humain. Et celui-ci se met partout. Même dans l'action de faire son pain soi-même ou de prendre une position aux instruments. Mais la technique moderne offre un pouvoir qui trace une autoroute sans fin pour l'orgueil. Autrement dit, j'estime que la technique moderne n'est pas neutre, contrairement à ce que l'on répète. Je vois bien l'argument qui dit il ne s'agit que d'outils perfectionnés et que tout dépend de la façon dont on les utilise. C'est vrai pour une part, comme c'était vrai pour la hache. Elle permet de couper du bois – sa finalité première – ou de couper la tête de son ennemi.
Mais il me semble que la technique moderne a réussi aussi (pas seulement c'est vrai, comme nous l'a démontré Éric) à créer des instruments qui sont pervers comme la bombe atomique, la pompe aspirante pour avorter ou la pilule abortive du lendemain.
Nous avons été pris dans un vent de folie où la technique, nécessaire et utile, n'a pu trouver de limites car elle contient en elle ce pouvoir d'aller toujours au-delà. Effectivement, ce n'est pas la technique en tant que technique qu'il faut remettre en cause. C'est la technique en tant qu'elle asservie l'homme parce que celui-ci a perdu la vision globale que lui offrait le fait d'être relié à Dieu.
L'Évangile dit en gros ceci : si ton œil te pousse au mal, arrache le. Est-ce que nous sommes prêts à dire et à faire : si ton ordinateur (par exemple) te porte au mal, jette le ? Si ta voiture te porte au mal, ne t'en sers pas ? Etc.
Je dois confesser que malgré mon propre discours je ne suis pas encore totalement capable de le faire. Pourtant, il m'est arrivé d'envoyer des mots sanglants et de tenir des propos excessifs parce qu'Internet en glaçant les propos ne permet pas toujours des discussions posées, réfléchies et morales.
Alors oui, vous avez raison. Per se, ce n'est pas la technique qui pose problème, mais l'orgueil humain et le fait que la morale ne guide plus nos choix. Mais les circonstances sont telles aujourd'hui, que le propos se renverse : l'orgueil humain grandit et la morale ne guide plus nos actes parce que la technique occupe un terrain qu'elle ne devrait pas occuper.
L'approche de Noël nous le montre. Les catalogues qui encombrent nos boîtes à lettre offrent le dernier GPS, le dernier téléphone portable, le dernier téléviseur, le dernier autoradio, le dernier ordinateur, etc. Nous contrefaisons Noël. Dans la crêche, Jésus était nu et pauvre. Et c'est Lui que nous devons imiter. En nous dépouillant un peu de cette technique par exemple pour retrouver le temps de prier.

Écrit par : Philippe Maxence | 11/11/2006

@ Philippe
Vous avez écrit : « il m'est arrivé d'envoyer des mots sanglants et de tenir des propos excessifs parce qu'Internet en glaçant les propos ne permet pas toujours des discussions posées, réfléchies et morales. »

Voilà, me semble-t-il, une remarque qui rentre dans le sujet de notre débat sur la technique, c’est à dire la technique du débat sur les blogs. Ayant été personnellement confronté avec cette question sur mes blogs, voici mes conclusions provisoires : les débats sur un blog sont, très souvent, assimilables à une forme de jeu vidéo, et ce d’autant plus s’il s’agit de débats entre anonymes. Le but n’est pas tant de débattre que de « tuer virtuellement » la cible, avec des mots, des arguments, des insultes, c’est à dire un type d’armes littéraires parfaitement comparable à une panoplie d’armes de guerre. La cible peut être l’éditeur du blog ou l’un des intervenants ayant montré une faiblesse dans son discours, un contre sens, une erreur grossière, un dérapage, etc.
La motivation n’est pas tant d’exprimer une opinion, une pensée, un raisonnement, mais de s’affronter en duel sur un terrain délimité par le sujet du débat. Au mieux, un débat sur un blog est une version contemporaine des joutes de galanterie du Moyen Age où les prétendants rivalisaient entre eux à coups de poésies plus ou moins improvisées, une sorte de techno-slam virtuel, en somme. Le débat cesse naturellement lorsque les munitions sont épuisées où qu’il n’y a plus de combattants, voire lorsque l’éditeur décide d’arrêter la partie. L’éditeur lance alors un autre sujet et la partie est rejouée.
Il est alors très intéressant, à partir de cette interprétation, de naviguer sur la toile à la découverte de certains sites dont l’éditeur a trouvé la formule à succès et parvient à obtenir une très forte audience et des centaines de commentaires suite à des posts éditoriaux qui peuvent paraître, à première vue, sans grand intérêt pour un visiteur qui n’est pas dans le coup. Chaque blog fabrique sa propre culture, c’est à dire son histoire, ses bons et ses mauvais coups. Des expressions spécifiques au blog apparaissent, comme un code d’initiés. Rentrer dans le débat et être accepté par les « membres » du blog devient alors une véritable épreuve. Le nouveau visiteur est testé, agressé, sondé, manipulé, etc. et c’est à l’éditeur de bien savoir gérer la situation pour éviter, éventuellement, les dérapages, en sachant distinguer ce qui fait partie du jeu et ce qui sort des règles du jeu instauré avec le temps sur son blog. La personnalité de l’éditeur ou de l’équipe éditoriale est essentielle.
Cette technique du débat sur les blogs est d’une telle puissance de capture que des internautes en font leur réalité vitale. Ils peuvent habiter dans un environnement concret entièrement hostile, leur vie est ailleurs, à l’intérieur du petit écran de l’ordinateur. C’est dans ce monde virtuel qu’ils constituent « leur tribu » et le monde réel – mais où est la réalité ? – n'est plus la référence première. Nous pouvons donc imaginer des êtres qui ne survivent que grâce à des petites machines branchées sur leur corps, à l’exemple des diabétiques, qui ne communiquent avec leur environnement qu’à travers les blogs et autres forums, qui se construisent une vision du monde uniquement à partir de ce qu’ils trouvent sur le net, etc. et qui, comme moi, travaillent et gagnent leur vie grâce l’internet. Ainsi isolé des réalités imposées du monde, ils peuvent avoir l’impression de vivre dans une forme de paradis. Cette impression est-elle fictive ? Ce paradis est-il inhumain ? Il paraîtra certainement très étrange et monstrueux pour ceux qui n’en ont pas l’expérience. Mais ce serait, à mon avis, une erreur d’ignorance que de croire cela car, encore une fois, l’être humain n’est pas, n’est jamais, une machine. Je terminerai en disant que si le virtuel permet à un être de sortir de lui-même, de trouver des amitiés virtuelles et des passions, il n’est jamais totalement isolé du monde et paradoxalement, cela peut lui permettre, une fois intégré dans une tribu virtuel, une fois remis en confiance avec lui-même, de sortir dans le monde droit debout.

Écrit par : Eric Gaillot | 11/11/2006

A monsieur Gaillot.

Votre analyse, au moins dans sa première partie, des blogs en particulier et d'internet en général est singulièrement pertinente, et votre image du combat à mort pour la prédominance extrêmement belle et juste. Longtemps que j'attendais de lire pareille pensée.
En revanche, je ne suis pas d'accord avec l'atténuation que apportez ensuite : "encore une fois, dites-vous, l'être humain n'est pas, n'est jamais, une machine". Mais n'est-ce pas ici, justement, que se joue la possible destruction de son intérieur ? Le contact permanent avec la machine, même s'il est censé mettre en relation avec d'autres humains, travaille durablement à l'appauvrissement de l'âme. Et il faut craindre "ce qui tue les âmes". L'être humain peut devenir monstre, peut devenir machine : ou plus précisément, peut devenir comme se conformant à la machine. Il n'y aurait pas lieu de condamner la pornographie, si des images n'avaient aucune influence sur nos âmes. Il n'y aurait pas lieu de se méfier des jeux vidéos, pour ce qu'ils ont d'esclavagisant, si leur rythme ne tuait pas celui, naturel dans son désir de surnaturel, de l'âme. Bergson (dont la parole n'est pas d'évangile, certes) a des pages lumineuses sur cette question du temps non discontinu par où se forme et se reforme l'esprit.
Pourquoi, pourrait-on me demander, interviens-je alors sur ce "blog" ? Parce que je connais Philippe Maxence, et que je vois dans son entreprise, le désir de perpétuer des conversations, d'en rassembler les propos et qu'il me semble qu'il envisage cette "interface" plutôt comme le collage de pensées différentes que comme un lieu de vie.

J'espère que ces réflexions ne seront pas trop hors de propos.

Amicalement

Écrit par : Jacques de Guillebon | 11/11/2006

@ Jacques de Guillebon
Vous avez écrit : « Le contact permanent avec la machine, même s'il est censé mettre en relation avec d'autres humains, travaille durablement à l'appauvrissement de l'âme. »
L’être humain est inséparable de la technique. J’irais même jusqu’à dire par provocation (pour essayer de vous tuer virtuellement par un argument ?) que l’être humain évolue – au sens d’évolution, de progrès - uniquement à travers ses techniques. Privez l’être humain de ses techniques, que fera-t-il ? Il en inventera aussitôt une pour se défendre, c’est à dire pour essayer de vous attaquer.

Avez-vous remarqué qu’un animal qui se blesse une patte et la perd est condamné à mourir. Tout l’animal est dans son corps. Un être humain qui perd une jambe ne meurt pas car tout l’humain n’est pas dans son corps. L’être humain recouvre davantage que son corps et cela dans deux directions : la technique et l’esprit. L’être humain est une composante entre un corps organique, une capacité technique et une intelligence de l’esprit. C’est une manière de présenter le sujet.

Le centre de gravité du sujet peut se déplacer entre ces trois dimensions. Lorsque le centre de gravité – appelons cela l’âme - dévie exagérément vers l’une de ces trois dimensions, par exemple la technique, les deux autres, c’est à dire le corps et l’esprit, en souffrent. Et réciproquement. L’orgueil exagéré peut être la conséquence d’un tel déséquilibre. Mais l’orgueil n’a pas à être jugé en soi. Il est une réaction de compensation à un déséquilibre de l’âme. L’orgueil peut-être utile pour réagir à certaines situations. Il peut naturellement devenir dangereux pour le sujet s’il s’installe durablement dans l’orgueil, c’est à dire si le sujet, suite à une nécessité vitale qui l’a conduit à sur développer sa capacité technique ne retrouve pas l’équilibre de son âme. C’est peut-être ce que vous nommez « l’appauvrissement de l’âme » ?

L’éducation, et au-delà, la culture, est ce qui devrait permettre de former un jeune à progresser tout en fortifiant son âme, c’est à dire augmenter son potentiel – sa puissance créatrice - tout en conservant l’équilibre entre ses trois composantes ou dimensions de son être : le corps, la technique et l’esprit. Cette éducation devrait avoir pour priorité de découvrir et valoriser les dons que tout être humain possède en naissant. C’est en s’appuyant sur ses dons que l’être humain peut acquérir sa liberté. Ces dons indiquent la voie très particulière et singulière que chaque être humain doit suivre pour connaître l’Amour de Dieu et bénéficier de ses promesses. C’est dans ce sens, me semble-t-il, que le message chrétien est universel

Écrit par : Eric Gaillot | 11/11/2006

A monsieur Gaillot.

Quoique je n'aie pas envie de nous engager dans une conversation qui n'a rien à voir avec celle que Philippe Maxence proposait, permettez-moi de vous signaler que votre définition de l'humain est singulièrement arbitraire et mériterait d'être explicitée. Il ne me semble pas qu'on puisse mettre sur le même plan "corps", "esprit" et "capacité technique", les deux premiers étant conçus comme réalités, la troisième comme fonction ou instrument. Ou bien l'on pourrait considérer l'humain comme étant doué aussi d'une capacité amoureuse, d'une capacité meurtrière, etc. Et l'on n'en finirait pas.
Quant à l'orgueil, il me paraît évident, dans une perspective chrétienne, qu'il doit être jugé pour soi et rejeté comme tel.
Enfin, le Christ précise, me semble-t-il, que c'est par l'esprit qu'on connaît Dieu. Il ne dit pas la même chose de la technique. Ce n'est pas par technique que le Christ guérit, soulage, ressuscite les morts, nourrit les affamés. C'est au contraire en s'en dépouillant.

Écrit par : Jacques de Guillebon | 12/11/2006

@ Jacques de Guillebon
Vous avez écrit : « votre définition de l'humain est singulièrement arbitraire et mériterait d'être explicitée. »
Je vous remercie de m’inviter à expliciter ma définition de l’humain mais cette définition n’est pas dans mes capacités intellectuelles ou techniques. Dans mon post précédent, j’ai plutôt essayé d’interpréter et d’approfondir votre concept « d’appauvrissement de l’âme ». Parler d’appauvrissement de l’âme comme conséquence d’un excès de techniques, ou d’un débordement des techniques, ou d’une surconsommation des techniques met pourtant bien en relation directe deux quantités que vous dites vous-mêmes ne pas être comparables : « Il ne me semble pas qu'on puisse mettre sur le même plan "corps", "esprit" et "capacité technique", les deux premiers étant conçus comme réalités, la troisième comme fonction ou instrument » dites-vous. Alors, je vous pose humblement la question : comment faites-vous pour accuser la technique, et plus précisément les excès de la technique, d’un appauvrissement de l’âme s’il n’y a aucun lien de nature entre les deux ? Ensuite, il semble que c’est l’excès de technique et non la technique en elle-même que vous supposez être la cause, l’une des causes, de l’appauvrissement de l’âme. Oui, mais quelle est alors la limite juste à accorder à la technique pour que celle-ci n’appauvrisse pas l’âme ? Nous avons vu antérieurement que certaines techniques étaient incontestablement bénéfiques à l’être humain. J’ai donné l’exemple des diabétiques. Or, la technologie des petites machines qui permettent de sauver les diabétiques n’est pas dissociable de l’ensemble des techniques. Les ingénieurs n’ont pas inventé l’ordinateur seulement pour traiter les diabétiques. L’insuline de synthèse utilisée pour remplacer le sucre dans le sang que le pancréas ne produit plus est également une application industrielle et médicale d’une science fondamentale beaucoup plus large dont d’autres applications permettent de produire, par exemple, des ADM. Il s’agit là de nos capacités techniques, c’est à dire de nos connaissances – naître avec -, ce que j’appelle nos dons – donnés avec la naissance-. L’arbre de la connaissance porte de nombreux fruits que nous devons manger. C’est ce que font nos ingénieurs et nos médecins. Ce qui est interdit n’est pas la consommation des fruits de l’arbre de la connaissance – la mise au point de techniques médicales…-, c’est que cette consommation soit motivée pour se révolter contre le Créateur, autrement dit par l’orgueil.
« Ce n'est pas par technique que le Christ guérit, soulage, ressuscite les morts, nourrit les affamés. C'est au contraire en s'en dépouillant. » écrivez-vous. Vous rejoignez la position de P.S. au sujet des instruments de navigation. Cher Jacques, si vous avez le don de guérison, comme notre Seigneur Jésus Christ, je vous invite à venir m’aider pour sauver les diabétiques de ma région. Ni moi, ni personne dans mon association ne possède ce don. C’est pourquoi nous mangeons allègrement de la technique sans état d’âme car notre priorité est de sauver des vies, comme nous l’a ordonné le Christ. Nous ne faisons pas cela par orgueil, mais parce que nous avons la foi et il en faut, de la foi, pour se battre pour la vie. Je vous suis très reconnaissant de m’avoir permis d’expliciter ma définition de l’humain et je remercie Philippe Maxence de nous permettre de dialoguer comme nous le faisons, vous et moi. Sous sommes frères, nous sommes unis par le Christ et je suis reconnaissant aux ingénieurs qui ont inventé l’informatique et l’Internet. Tout cela est « époustouflant » !
Très cordialement,

Écrit par : Eric Gaillot | 12/11/2006

Il est évident tout de même que notre rapport (je dirais plutot notre dépendance) à la technique devient singulièrement inquiètante.
Bien sur la vie d'un homme vaut bien de mettre en oeuvre de grandes et belles techniques mais au quotidien quel envahissement !
Des exemples:
Nous prenons souvent notre voiture pour faire un trajet que nous ferions plus rapidement et plus agréablement à pied.
Certains collègues avouent utiliser leurs lave-vaisselle pour 3 couverts par jour alors que je l'utilise pour 22 couverts en moyenne.
On utilise le téléphone (et même parfois internet) pendant des heures avec une utilité extrèmement faible.
Tiens, prenez la si belle invention (?) des correcteurs d'encre qui permettent maintenant à nos enfants de ne plus réfléchir un instant à ce qu'ils écrivent.
Et le téléphone portable ( déjà 2 en moyenne par Italien je crois et bientot autant pour les Français) qui permet bien sur de sauver des vies humaines sur les routes en alertant rapidement mais à quel prix ,cette invasion dans nos salles de classes, nos salles de spectacles et même pendant nos Messes !
Le train n'est plus un endroit de tranquillité où l'on peut lire mais un espace où 40 conversations à (très) haute voix se mêlent pour l'inconfort de tous!
Voici quelques exemples pour illustrer que la technique doit bien rester un moyen ORDONNé à un but et non pas devenir le but en elle-même

Écrit par : Denis | 15/11/2006

@ Denis
Je partage totalement votre critique sur l'aspect envahissant des techniques que vous citez. A tel point que j'ai renoncé depuis plusieurs années à utiliser le train, l'avion et tout ce qui ressemble à des transports en commun. J'ai mis en pratique depuis une dizaine d'années ce que préconise Philippe Maxence et c'est ce qui me permet d'écrire que j'habite un vrai paradis. Je suis parfaitement conscient de vivre aujourd'hui comme un hyper privilégié. Je me suis battu pour cela et je continuerais de me battre. Je profite exclusivement des avantages de la technique tout en vivant au milieu de la nature. Sans l'Internet, par exemple, je n'aurais pas de bons clients à travers la planète. Sans le téléphone portable, je ne pourrais pas piloter mes chantiers 24h/24. Sans l'ordinateur, il me faudrait un secrétariat et du personnel à charge ce qui coulerait mon entreprise. Je précise que je n’accepte que des chantiers à moins d’1/2 heure de voiture de mon agence/habitation de telle façon à pouvoir intervenir à tout instant. J’économise ainsi un temps fou en déplacements que je peux consacrer à mieux travailler mes projets et à faire face aux embrouilles de l’administration dans laquelle l’ordinateur fait des ravages. Je consacre plus de 80% de mon temps avec l’administration qui refuse encore de recevoir des projets par l’Internet ou même seulement sur disquette. Tout devient de plus en plus compliqué, long et imprévisible. Plus l’informatique se développe, et plus les délais augmentent. C’est tout de même un comble alors que dans mon travail, un projet qui me demandait autrefois un mois de grattage peut sortir aujourd’hui en trois jours ! Le temps que je gagne en maîtrisant bien mes logiciels est perdu au téléphone ou dans les couloirs de l’administration. Alors oui, je suis d’accord avec Philippe Maxence et avec vous et en même temps, je trouve ces techniques tellement formidables que je ne peux pas me résoudre à les virer. J’insiste : ces techniques sont formidables lorsqu’on sait bien les utiliser.
Ce dialogue me permet de mesurer combien mes compatriotes souffrent pour des raisons idéologiques – l’école et l’université - et aussi, peut-être, par manque d'initiatives et de prise de risques. Je suis malheureux pour les jeunes qui sortent de l’école avec des idées dans la tête tellement stupides et fausses qui vont les conduire, pour la plupart, à l’échec, donc à la révolte et qui vont, un jour ou l’autre, tout casser. Je crains que la France ne finisse par s’auto détruire alors qu’elle possède, en réalité, l’un des plus magnifiques systèmes de société au monde. Je suis vraiment d’accord avec Denis sur les exemples qu’il cite. Ces exemples montrent que le problème ne vient pas des techniques mais du rapport que nous établissons avec elles. C’est donc fondamentalement une question culturelle, c’est à dire une question d’éducation, d’apprentissage et de hiérarchisation des valeurs. Quand j’observe que des enfants pilotent leurs parents depuis leur classe grâce à leur téléphone portable et leur dictent les courses qu’ils doivent faire à la grande surface, l’heure exacte à laquelle ils doivent se trouver à la sortie de l’école et le goûter qui doit être prêt lorsqu’ils rentreront à la maison avec leurs copains, que voulez-vous que j’en pense ? Ce n’est malheureusement plus un problème de technique. Je ne sais d’ailleurs pas comment nommer la nature du problème. Mark Steyn dit que « L’État paternaliste a infantilisé les Européens, les portant à se soucier de pseudo-problèmes tels que le réchauffement climatique tout en féminisant les hommes. » C’est une façon de parler, il s’agit d’une traduction d’un extrait de son ouvrage « L’Amérique seule: la fin du monde tel que nous le connaissons, Éditions Regnery », mais la question de l’infantilisation des Français n’est-elle pas à poser ?
Merci à Philippe Maxence de lancer de tels débats.

Écrit par : Eric Gaillot | 16/11/2006

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Écrit par : remgirl | 08/03/2009

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