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08/11/2006

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (4 et fin)

 

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Je termine aujourd’hui la présentation de l’excellent recueil de quatre sermons du cardinal Ratzinger, intitulé, Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
Pour ceux qui prennent le feuilleton en cours de route, les trois premiers sermons ont été présentés successivement ici, et .
Le quatrième sermon explore le péché et la rédemption.
Le cardinal Ratzinger met en exergue le fait que, à notre époque, l’Église a tendance à annoncer la Bonne Nouvelle et à taire la nécessité du repentir pour les péchés commis. Or, les deux sont liés car le Christ a clairement dit : « repentez-vous et croyez à l’évangile ».
Cet oubli est selon lui une caractéristique de notre situation culturelle et morale actuelle. La responsabilité morale est de plus en plus mise de côté, oubliée. « Rien que de logique, souligne l’auteur, quand l’homme n’a pas de règle qui lui soit antérieure, règle non pas créé par lui, mais émanant de la bonté inhérente à la Création ».
Le cardinal Ratzinger en conclut qu’il s’agit là du drame de l’homme moderne : le refus d’une règle extérieure à lui ; le refus de ne pas être la mesure de toute chose.
Il montre, par la suite, que le péché d’Adam est aussi un refus des limites, imposées par Dieu, une volonté de connaître et d’être la mesure de la connaissance. Ce péché n’a pas disparu et il s’incarne à travers deux variantes dans le monde contemporain.
Première variante : la variante esthétique. Selon certaines conceptions modernes, l’art n’a pas de limite. Il est sa propre limite. C’est l’art pour l’art et il n’y a qu’un péché, celui qui va contre l’art. Cette conception traduit un refus du jugement moral dans le domaine artistique. Il n’y a plus de mauvais livres ou de bons, des films bien ou mal réalisés. « Cela veut dire, écrit à ce sujet le cardinal Ratzinger, que la mesure de l’homme, c’est ce qu’il peut, non ce qu’il est, ce qui est bon et ce qu’il est mal ».
Deuxième variante : la technique, qui découle de la variante esthétique, car techné se traduit aussi par art. L’auteur cite très justement cette remarque d’un chef de camp de concentration nazi. L’extermination est présentée par celui-ci comme un exploit technique. À partir de cet exemple qui concerne la technique et les possibilités énormes qu’elle offre, le cardinal Ratzinger conclut : « il s’agit d’une ruse de Satan, qui veut détruire le monde et les hommes. Nous devrions nous rendre compte que l’homme ne peut jamais se retirer dans le pur royaume de l’art ».
L’autre conclusion est simple : la signification profonde du péché est le refus par l’homme de sa condition de créature « car il se refuse à accepter la règle et les limites qu’elle implique ». Et, en conséquence de ce refus, la relation de l’homme avec le reste de la Création se modifie. L’homme devient un pilleur et la Création un pillé.
La solution adéquate éclate à la fin du sermon quand le cardinal Ratzinger montre qu’il n’y a qu’une réponse. Elle se trouve en Jésus-Christ nouvel Adam qui permet à l’humanité de prendre un nouveau départ, en restaurant en l’homme ses capacités de relations, avec Dieu et avec la Création tout entière.

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Commentaires

Le repentir. Vous avez écrit "repentance" au lieu de "repentir".

Écrit par : Lapinos | 08/11/2006

Oui, effectivement. Je fais donc repentance de cette faute.

Écrit par : Philippe Maxence | 08/11/2006

Les commentaires sont fermés.