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08/11/2006

Actualité de la question de la semaine

Les commentaires à la question de la semaine m'ont paru très pertinents et il me semble qu'il serait intéressant de l'élargir en reprenant la remarque de Denis Sureau sur l'illégitimité de l'État à distribuer un salaire ou une allocation parental pour venir en aide aux familles ().

Dans son commentaire, Denis Sureau estime que cette forme d'aide risque de transformer la mère de famille en fonctionnaire d'État. Jacques de Guillebon a répondu que cela pouvait passer par une caisse indépendante de l'État, mais que c'était au Prince de favoriser ce type de situation. J'ai reposé le problème en demandant si le principe de subsidiarité ne pouvait pas expliquer que pendant un temps l'État prenne à sa charge ce salaire parental. Il m'a été répliqué très justement par Nono que si l'État ne ponctionnait pas autant les entreprises, celles-ci pourraient octroyer des salaires décents.

D'où ma question supplémentaire : selon vous est-ce à l'État ou à la société, à travers les communautés intermédiaires, de rémunérer correctement l'apport des familles à la société ? Ou, est-ce une fausse question, le plus urgent étant de rendre aux familles la possibilité de devenir des unités économiques de base ?

Ce débat intervient alors que le ministre délégué à la famille vient d'annoncer un plan sur 5 ans concernant les crèches et le métier d'assistante maternelle (voir ici par exemple). On appelle cela la politique familiale. Personnellement, je reste toujours pantois devant des mesures, communes à la droite et à la gauche, qui, sous prétexte de politique familiale, visent à séparer les enfants des parents dans le cadre de l'éducation.  

Commentaires

Je profite de ce post pour répondre à la question de la semaine.

Je pense comme Denis Sureau.
Il me paraît très dangereux de rémunérer des femmes qui deviennent mère...

Le problème est beaucoup plus vaste et touche à l'assistanat étatique plétorique. La forumule est un peu lourde ...comme l'Etat, je m'en excuse.

La question serait plutôt :
comment passer d'un système d'assistanat et de main mise de l'Etat sur la sphère familiale vers beaucoup moins de ponctions qui permettrait une revalorisation importante des salaires afin de permettre aux familles de vivre décemment.

Questions annexes :
- Légitimité d'une sécurité sociale obligatoire ? (les directives européennes ne sont pas assez précises pour faire jurisprudence en France)

- Aide de l'Etat aux plus défavorisés dans le domaine de l'emploi (allocations, dont je bénificie pour encore quelques mois d'ailleurs...) plus stricte et plus restricitives quand aux conditions d'obtention

- Légitimité du remboursement par la sécu de certains actes chirurgicaux immoraux (idem pour certains produits pharmaceutiques)

- etc ?

Je pense donc que le problème est beaucoup plus vaste que la légitimité du salaire maternelle.

Il serait intéressant de connaître les idées des internautes pour permettre ce basculement d'un désengagement social de l'Etat pour permettre une forte élévation du niveau de vie

Bon mais je ne suis pas une spécialiste des questions économiques. Peut-être que cela est complétement iréalisable techniquement et relève de la pure utopie ?

Écrit par : Maguelone | 08/11/2006

Est-ce à l'État ou à la société, à travers les communautés intermédiaires, de rémunérer correctement l'apport des familles à la société ?
Il me semble que la réponse est dans la question.
A qui profite l’apport des familles ? A la société ? Alors c’est à la société de rémunérer correctement cet apport.
Suivant le principe « Autorité en haut, libertés en bas », le rôle de l’Etat n’est pas de pallier les insuffisances de la société mais d’amener la société à rectifier les dites insuffisances.

Écrit par : Eric | 08/11/2006

Oui, c'est de la pure utopie, Maguelone, la question ne se pose pas puisque l'État n'a pas les moyens de rémunérer les femmes au foyer. Non seulement parce que l'État est surendetté, mais aussi parce que le travail des femmes permet de limiter un peu le coût du travail en France (elles sont payées 25 % de moins en moyenne), coût du travail trop élevé du point de vue de l'économie de marché.

On pourrait être optimiste et se dire qu'après s'être posé toutes les questions qui ne se posent pas, les catholiques français se poseront alors les questions qui se posent, mais on peut légitimement craindre que la liste des questions qui ne se posent pas soit infinie…

Écrit par : Lapinos | 08/11/2006

Je suis pour ma part passablement effrayé par la tendance libérale de fond des catholiques français. Supprimer la Sécurité sociale aujourd'hui, ce serait faire exploser ce qui reste de France. La communauté de destin qui fonde un peuple et dont nous nous régalons dans nos rêves d'unité passe aussi par cette solidarité-là. Oui, je suis le gardien de mon frère, dans l'ordre matériel aussi. Veut-on créer des pauvres, très pauvres, par millions comme dans les pays anglo-saxons que leur croissance consumériste exponentielle dissimule ?
Si César me prend mon manteau pour le donner au pauvre, je donne aussi ma chemise. S'il me fait porter une pierre sur un kilomètre, j'irai jusqu'à deux. Ce n'est pas le fait que certains étrangers ou Français de fraîche date dont le mode de vie bafoue notre civilisation profitent indument de subventions qui doit nous mener à briser cette charité par répartition des biens matériels.
Si l'hydre étatique nous fait peur par sa glace, il ne nous est pas interdit d'imaginer des structures communautaires plus humaines pour que continue cette solidarité, qui est chrétienne dans son inspiration et dans ses fondements.

Écrit par : Jacques de Guillebon | 08/11/2006

Mais si, monsieur au pseudo ridicule, l'Etat, ou la France, comme l'on veut, a les moyens de rémunérer les femmes au foyer. Les caisses d'allocations familiales sont bénéficiaires et si le coût du travail s'élevait ainsi (ce qui reste à prouver), le taux de chômage baisserait aussi mécaniquement. Et les crèches seraient moins engorgées.

Écrit par : Jacques de Guillebon | 08/11/2006

La question de l'assistanat est délicate :
- un ouvrier ne gagnera jamais autant qu'un cadre supérieur. Comment faire alors pour que la Femme de l'ouvrier puisse éduquer ses enfants chez elle ?
Il lui faut bel est bien une aide.
Est-ce alors à l'entreprise de son mari de payer cette aide ? Pourquoi ne pas augmenter le salaire ?
Est-ce une cotisation sociale de l'entreprise et/ou de l'employé ?
Mais dans le second on risque de retomber sur le fait que ce sont toujours le même qui payent.

Je crois que malgré tout le système sécu sociale + allocations familiales doit être conservé. Ce qui doit changer, c'est l'approvisionnement de ce sstructures : ce ne sont pas 30% des travailleurs (toutes catégories) qui doivent payer des impôts mais 100% ! Par contre, cet impôt doit être payé en une seule foi : avatn la remise du salaire et non en fin d'année quand tout est dépensé et que certaines familles sont obligé de prendre un crédit pour payer l'impôt.
C'est une question de bon sens : un impôt sur le revenu doit être pris ... sur le revenu et non sur les économies réalisées durant toute l'année.

Ensuite, la gestion de cet argent doit être soumis à des examens rigoureux de cabinets privés et indépendants.

J'en i un peu marre de payer les vacances de MM Chirac ou Sarkozy ou autre ainsi que les mois de grèves de la SNCF et les déficits combler avec l'argent public.

Écrit par : Boris | 08/11/2006

@ Boris
Ne peut-on penser (mais encore une fois je ne suis pas une économiste) que si il y avait moins de sécurité sociale (voire pas du tout) et moins d'alloc, les salaires de base, ponctionnés pour financer la sécurité sociale et alloc, pourraient être augmentés d'autant ?

Chacun devrait aussi peut-être se poser la question de savoir combien un foyer doit-il engranger
minimum mensuellement pour élever ses enfants le mieux possible (cf. le nécessaire, l'utile, l'agréable)

Par contre, entièrement d'accord sur des impôts payés par tous et à la base (ie. chaque mois sur la fiche de paye)


@ J. de G

Ne pensez-vous pas qu'il faudrait, pour la solidarité, remettre à l'honneur (sous quelle forme je ne sais pas trop) les réseaux de solidarité communautaires au niveau de la ville, du quartier ?
Solidarité de proximité qui mettrait en oeuvre la générosité, la débrouillardise et les capacités à l'action de chacun ?

Tout cela n'est bien sûr possible que dans le cas d'un changement radical de société pour mettre fin à une économie pour l'économie et au consumérisme

C'est là que peut-être est l'utopie ?...

Croyez-vous vraiment que notre système de sécurité sociale est un lien d'unité dans le pays.
La pompe aspirante qu'il est pour les immigrants déchire très surement le tissus national

Écrit par : Maguelone | 08/11/2006

Guillebon ne connaît pas les catholiques français. La moitié vote socialiste.

Guillebon ne connaît pas la géographie. Les pauvres des pays anglo-saxons sont plus riches que les pauvres français.

Guillebon ne connaît pas l'économie. Diminuer le nombre des chômeurs en créant des fonctionnaires n'a jamais permis de réduire la dette - de 2000 milliards d'euros -, au contraire.

Guillebon ne connaît pas la famille. Si les musulmans, les catholiques et les chtis ont plus d'enfants en moyenne que les autres Français, ce n'est pas parce qu'ils sont plus aisés.

Guillebon ne connaît pas la charité, sinon il saurait que ça n'est pas une question de répartition matérielle. Lire Marx, oui, mais avec le recul de l'histoire.

On n'empêchera jamais les philosophes de se poser des questions qui ne se posent pas, mais il vaudrait mieux les isoler dans des cellules de moines.

Écrit par : Lapinos | 08/11/2006

Pour compléter ce que j'ai écrit précédement sur une société à refondre totalement, voici une réflexion faite par une amie, mère de famille, lors d'un dîner (pas mondain pourtant...) :

"Les allocations familiales sont vraiement une misère, elles devraient être réévaluées, car que peut-on faire avec si peu...etc etc etc"

Or cette famille part tous les étés en 4X4 pour le Maroc ou autre pays lointain qui resteront toujours du domaine du rêve pour certaines familles, sans compter séjour de ski et autres.

Alors oui à une société desassistée mais dans l'optique d'une société totalement transformée dans ses habitudes de consommer et d'être.

Écrit par : Maguelone | 08/11/2006

Boris, si une minorité de Français paie l'impôt sur le revenu, c'est accessoirement parce que ça fait le jeu de la propagande socialiste, mais avant tout parce que cet impôt n'est pas rentable. Il n'est même pas rentable sur les revenus élevés. Il ne sert qu'à payer les revenus des fonctionnaires qui le perçoivent. Étendre la fourchette des revenus imposables ne ferait que creuser le déficit.

D'ailleurs la question du "maintien de la sécurité sociale", comme vous dites, ne se pose pas dans l'absolu. Si on avait demandé au commandant du Titanic s'il était pour le maintien (à flot) de son paquebot le plus longtemps possible, il aurait sûrement dit "oui".

Écrit par : Lapinos | 08/11/2006

La question du salaire maternel n'est pas une question d'argent, il coûtera toujours moins cher aux collectivités locales que les 15000€ de fonctionnement que coûte une place en crèche !

Est-il opportun ?
Tout d'abord, jusqu'à il y a peu, la reconnaissance de l'apport des parents à la nation, consistait en une compensation des charges supplémentaires occasionnées par l'accueil et l'éducation des enfants par rapport aux familles sans enfants ou en ayant peu. Même si la philosohie demeure, en pratique, c'est de moins en moins le cas au profit de soutiens étatiques à des cas particuliers dans le besoin.

Nous sommes au coeur de la problématique justice et charité.
Mais attention, si c'est l'état qui verse au salaire aux mères de famille, elles deviendront des salariés (du secteur de l'amour et du reste !) avec la relation de subordination propre aux contrats de travail.- comme l'avit souligné Mme Barzach en son temps-
Il y a quand même quelque chose qui cloche !

Que le revenu de subsistance des mères de famille relève de la charité, est aussi choquant !

Il faudrait réfléchir à l'entité économique famille, famille facteur de production, de consommation et unité de travail et à la notion de juste salaire.
Face à la "disparition" en droit du chef de famille, au désir viscéral d'indépendance financière de chacun des parents (provoqué par les règles en vigueur dans notre société, indispensable en ces temps d'instabilité et d'assimilation de toute relation entre individus à un contrat), avez-vous connaissance de réflexions sur le juste salaire ?

Un revenu maternel ne pourrait s'envisager que, versé par une caisse indépendante et comme un des éléments d'un ensemble de mesures cohérent touchant à la politique du logement, des transports, des écoles, de la culture, etc...
Autrement, ce serait une façon de se débarasser du problème , et on créerait une prestation de plus avec toutes les exploitations possibles, l'imagination, en ce domaine, n'ayant pas de limites.

Écrit par : Geneviève de La Brunetière | 08/11/2006

Vous avez raison de souligner l'incohérence qu'il y a pour une femme à travailler pour payer quelqu'un qui garde son enfant à sa place. Mais je maintiens que c'est une question d'argent quand même en partie. D'abord parce que ces femmes qui travaillent pour payer la crèche de leur(s) enfant(s) sont tout de même motivées par un supplément de revenu (même si pour une minorité c'est plutôt une question de goût, elles ne se sentent pas faites pour éduquer un enfant.)
Et qu'en outre, le travail des femmes s'est tellement développé en France que si les femmes étaient rémunérées à la hauteur du SMIC pour garder leurs enfants à la maison, il se produirait nécessairement un déséquilibre. On peut imaginer qu'énormément de femmes retourneraient "travailler" chez elles ; il ne serait pas si facile de les remplacer "à l'extérieur", et, comme je le disais plus haut, ça représenterait un surcoût pour la société, les hommes étant mieux payés dans pas mal de secteurs. Un chômeur ou un érémiste coûte moins cher au contribuable qu'un fonctionnaire.

Par ailleurs, c'est une supposition des enquêteurs parlementaires sur la famille qui est intéressante : le taux de fécondité des femmes françaises, légèrement supérieur en moyenne, s'expliquerait par le fait qu'elles ont moins de "complexes" que leurs voisines allemandes, italiennes ou espagnoles à "abandonner" leurs enfants à la crèche. En quelque sorte, une Allemande ne résisterait pas plus qu'une Française à la perspective d'augmenter ses revenus, mais elle éprouverait plus de remords à le confier à une étrangère. Intéressant. Toujours plus que les incantations philosophiques ou théologiques.

Écrit par : Lapinos | 08/11/2006

A propos de la Sécurité Sociale, d’après un article Marcel Clément (Homme Nouveau 15 Octobre 1995 )
« Une prophétie de Pie XII », voici quelques notes retrouvées ... je pense que notre webmaster préféré pourra vous donner l'intégralité de cet article

1° Nov. 1950, Pie XII devant 38 cardinaux, 600 évêques et 600.000 fidèles définissait le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie.
Le lendemain, 2 Nov., à la surprise générale de son auditoire, membres du Sacré Collège et ces mêmes 600 évêques, il prononçait un discours où il développait longuement le thème … de la Sécurité Sociale.
« On entend maintenant les hommes employer très souvent cette expression : sécurité sociale. Si cela veut dire précisément sécurité par le moyen de la société (per societatem) , vénérables Frères, Nous craignons fortement que le mariage et la famille y trouvent un préjudice. Quel préjudice ? Nous craignons non seulement que la société civile s’occupe d’une chose qui de soi est étrangère à ses attributions mais aussi que le sens de la vie chrétienne et que le plan même de son organisation n’en soient blessés et même frappés à mort. Sous ce nom, déjà on entend proférer les revendications malthusiennes ; sous ce nom, on cherche à détruire comme les autres droits de la personne humaine, ou du moins leur usage, les droits aussi qui regardent le mariage et les enfants. Pour les chrétiens, et en général pour tous ceux qui croient en Dieu, la SS ne peut être autre chose qu’une sécurité dans une société et avec une société ( in societate et cum societate) qui regarde la vie naturelle de l’homme et l’origine et le développement de la famille comme le fondement sur lequel s’appuie la société elle-même pour exercer régulièrement et sûrement toutes ses charges ou obligations. »

La pensée profonde de ce texte ne porte pas sur la fin : la « sécurité » en cas de difficultés de la vie , de santé, personnelles ou familiales … il porte sur les moyens : par le moyen (per societatem) de la société ou dans et avec la société ( in societate et cum societate).


- par le moyen (per societatem) : c’est l’Etat providence, protection des risques de la vie (maladie, chômage … ) de la naissance à la mort

- dans et avec la société : c’est la protection par l’initiative personnelle et familiale des risques de même nature, dans le cadre de mutuelles et d‘assurances privées administrées et gérées par une communauté née de ses états de vie, de sa professions … avec des risques de même nature.

C’est pourquoi un système de sécurité sociale par le moyen (per societatem) comporte intrinsèquement les conséquences suivantes :

« la société civile s’occupe d’une chose qui de soi est étrangère à ses attributions » : la société civile nie le principe de subsidiarité en prenant cette sécurité comme une mission lui étant propre qui a terme ne poursuit plus le bien commun mais une multitude de biens particuliers, autoritaires, technocratiques … et déresponsabilisant (exemple en France : déficit de la SS : le malade ne sait ce qu’il coûte par an, le médecin ce que coûtent ses ordonnances, l’Etat cherche à combler le déficit au détriment de la qualité des soins …)


« le plan même (de la vie sociale) n’en soit blessé et même frappé à mort » : actuellement par les lois sur la contraception, avortement, euthanasie , bioéthique … l’Etat retire, en déterminant le permis du défendu, à la famille la libre décision de chaque personne dans ce qui fait sa vie personnelle et familiale.


« une sécurité par le moyen de la société transfère à l’Etat providence ce qui , conformément à la dignité de la nature humaine, revient à la nature humaine »

(...)

Enfin, l'Etat ne doit intervenir qu’en dernier ressort :

Devoirs et pouvoirs de l’Etat
« Que si les subsides privés restent insuffisants, il appartient aux pouvoirs publics de suppléer à l'impuissance des particuliers, surtout en une affaire aussi importante pour le bien commun que l'est une condition vraiment humaine assurée à la famille et aux époux. » Pie XI Casti connubii (98)

Paul VI, alors Card J.B. Montini (Semaines Sociales du Canada 18 Juillet 1952)
« Une sécurité sociale qui ne serait qu’un monopole d’Etat porterait préjudice aux familles et aux professions en faveur et par le moyen desquels elle doit avant tout s’exercer ».

Écrit par : MARIE | 08/11/2006

Merci pour ce texte : il va à l'essentiel

Écrit par : Maguelone | 08/11/2006

Plutôt de l'avis de Lapinos

J'ajouterais que le probleme du montant des éventuelles aides à la famille ne se conçoit qu'au sein d'une communauté homogène, suffisamment solidaire pour "remercier" financièrement les femmes pour l'investissement" sur le futur qu'elles font en élevant des enfants.

Or il me semble que le territoire de la République n'est pas habité par une population homogène, ni ethniquement, ni du point de vue de la volonté de "vivre ensemble", ni des valeurs philoso-religieuses.

Dès lors il est proprement scandaleux que l'Etat s'arroge le droit de forcer cette "solidarité" par l'impôt, pour redistribuer via subventions, aides et allocations diverses, tout en ayant ponctionné ses "frais de fonctionnement" au passage.

Donc, de 2 choses l'une : soit on est cohérent avec l'individualisme régnant, et dans ce cas supprimons toute forme de solidarité publique (et ne comptons que sur la charité des individus ou des groupes de solidarité librement formés), soit on re-forme des entités de population homogènes du point de vue ethnique et alors oui à la solidarité par l'Etat.

Dans l'attente...

Écrit par : Guru | 08/11/2006

A Guru : heureusement, il existe et a existé nombre d'"entités de population homogènes" autrement que sous le mode ethnique.
C'est quoi, d'ailleurs, une homogénéité ethnique ? Rien à voir entre un Basque et un Artésien. Rien à voir entre un Guadeloupéen et un Corse.
La France n'a donc jamais été une véritable "entité de population".

Écrit par : Jacques de Guillebon | 08/11/2006

@Marie et Lapinos
Ils sont dans la conformité avec la pensée sociale de l'Eglise : la redistribution socialiste n'est pas la charité (qui ne peut être que le fait des individus ou d'oeuvres privées dont c'est la vocation), c'est du socialisme modéré dans sa coercition, mais tout aussi totalitaire dans sa finalité.
En effet, plus on aide, et on protège, plus on affaiblit les individus, et plus on abaisse le niveau de vie. Le RMI sans contrepartie est une trappe à pauvreté, le CDI et chômage sans contrepartie également.
@ Jacques de Guillebon
Les pauvres en dessous du seuil de pauvreté des USA, qui seraient victimes de l'"ultra libéralisme", et dont on se gausse en France, ont un standing deux fois plus élevé qu'en France. Nos organismes sociaux sont en ruine totale, les déremboursements, la baisse des prestations en valeur constante (Maladie et retraites), alors qu'augmentent les prélèvements, sont une impasse, mais surtout une dictature totale du fait qu'il est interdit de sortir du système, alors que ce serait financièrement possible pour tous : comparons ce que nous "donne" une mutuelle par rapport à ce que coûte la Sécu Sociale.
Le système actuel a été créé par Maurice THOREZ en 1945 : c'est une anticipation du communisme. Il est oppresseur, et il appauvrit les plus modestes : en créant un prélèvement minimum de solidarité comme en Angleterre, d'un montant plafonné à moins de 20 %, appliqué à tous les salaires jusqu'à 2000 € environ, chacun étant libre en dessous ou au dessus de payer une mutuelle et une caisse de retraite complémentaire, on élèverait en France les salaires les plus modestes de 30 à 40 %. Car la liberté coûte moins cher que la redistribution totalitaire.
Pour ce qui est de la solidarité, qui est l'exercice de la charité par la communauté, il n'est pas nécessaire qu'elle soit totalement étatique. En Allemagne, il existe des fondations caritatives qui ont 4 à 5 siècles d'existence. En France, elles ont été spoliées à la Révolution : elles étaient plusieurs dizaines de milliers, en plus des ordres religieux, eux aussi spoliés. D'où l'interbvention monopolistique de l'Etat.
Aux USA, si décriés en France par la gauche, et par ignorance, par les catholiques (il est vrai que leurs évêques sont d'une ignorance totale en matière économique et confondent encore solidarité et impôt, comme un vulgaire candidat socialiste, communiste ou trotskiste) disposent d'une institution légale : la fondation. Cela ressemble à nos associations dans le principe, sauf que les nôtres, même sous forme de fondations, n'ont un champ d'action que limité : aux USA, elles peuvent s'occuper d'enseignement, de culture, de soins médicaux, d'aide sociale, de gérer des hôpitaux, des musées, etc.... Elles bénéficient de d'exonération fiscale des dons très élevée, ont le droit de gérer des patrimoines, le tout dans une grande facilité, alors qu'en France, leur fonctionnement, et même leur création est très complexe.
Voilà la voie catholique : les fondations américaines reproduisent et continuent ce que les sociétés catholiques avaient créé et que le système jacobin et napoléonien étatique a supprimé. En ce sens le lbéralisme américain est proche de la doctrine sociale de l'Eglise, fondée sur l'autonomie, et la dignité des personnes et des communautés naturelles. C'est ce qu'a fort bien établi Michaël NOVAK, philosophe et économiste catholique américain, qui a beaucoup influencé les textes de J-P II sur l'économie et le social : la papauté a ainsi reconnu que la liberté appliquée à l'économie est plus morale que l'étatisme, même, (et surtout) se voulant vertueux. Cela rejoint l'intuition des catholiques sociaux, qui étaient libéraux en économie, tout en demandant pour les communautés naturelles (familles, professions, etc....) des libertés contractuelles leur permettant d'exercer la charité et la solidarité.
Tant que les catholiques confondront charité et redistribution étatique, ils n'auront rien à dire d'évangélique sur le social et l'économie.

Écrit par : Pascal G. | 08/11/2006

C'est oublier un peu vite les bienfaits du colbertisme, Pascal, l'unité de la France et ce qu'elle a permis. En revanche les étasuniens sont très repliés sur leurs communautés : tant que le dollar va, tout va, mais en cas de faillite ?

Cela dit je suis d'accord avec vous, de façon pragmatique et dans la mesure où, proportionnellement, les familles chrétiennes ne font que croître, s'organiser en "lobbys" ou en fondations n'est pas une mauvaise idée. Pour défendre avec fermeté les droits essentiels de la famille, et lutter contre l'avortement qui fait des coupes sombres. La première peur de l'action à vaincre est celle des évêques, hélas.

Écrit par : Lapinos | 08/11/2006

@Lapinos

Le colbertisme n'a pas été aussi bénéfique que nous le croyons : utiliser l'argent public pour implanter de nouvelles activités en France fut utile, mais cela est vite devenu la justification pour l'interventionnisme permanent de l'état et de son administration dans la vie économique : vouloir ensuite trois siècles après appeler colbertisme le socialisme d'état est une erreur de perspective.
Je pense que lorsqu'on paie des mères pour avoir des enfants, c'est que la société est en crise profonde. Les allocations familiales furent instituées durant la guerre, sous l'occupation. Que les familles n'aient pas retrouvé depuis leur capacité d'auto finacement en dit long sur les poids de l'étatisme, et l'affaiblissement patrimonial des français. Notre taux démographique actuel, dont se gargarisent les médias officiels, est du aux naissances immigrées. Mais pour ce qui est des enfants français, l'INED a tranché : en 2030-35, 40 à 50 % des naissances seront issues de l'immigration, c'est à dire arabo et africano musulmanes. Les "allocs" sont donc un échec historique, et parler de leur efficacité dans le passé revient à oublier que la forte natalité française fut enregistrée à partir des années 50 et 60, alors que le travail était justement rémunéré, et la fiscalité et les prélèvements très bas.
Il n'ya pas que l'avortement qui tue la famille : le socialisme également. Et il est anormal que l'état s'achète des enfants avec des allocations dites familiales : l'impôt qui les finance tue par ailleurs l'emploi et l'investissement.
Aus USA, pays où l'état ponctionne moins, la natalité assure plus que suffisament le renouvellement des générations : le chômage est à 4,4 %., la fiscalité en baisse forte, l'avortement en régression. C'est un pays dans lequel la société croît en ses valeurs, trop protestantes, certes, mais chrétiennes néammoins.
Les français, et au premier rang d'entre eux les catholiques, doivent reprendre en main les clefs financières de leurs choix de vie et de leur destin, en un mot leur dignité et leurs libertés naturelles.

Écrit par : Pascal G. | 09/11/2006

Même si j'aboutis à la même conclusion que vous, Pascal, les catholiques doivent reprendre en main les clefs financières de leur destin au lieu de se bercer d'encycliques et de sermons inutiles qui ne demandent pas beaucoup de courage, ce n'est pas par le même truchement :

Le centralisme n'est pas forcément synonyme de dirigisme forcené, et la Révolution de 1789, dont on connaît les conséquences catastrophiques pour la France, notamment en termes démographiques, la Révolution de 1789 est venue des Parlements régionaux, du Parlement de Rennes notamment, en lutte depuis plus de cinquante ans contre le pouvoir des Intendants du Roi, hommes d'élite dans bien des cas, qui faisaient un travail efficace contrairement aux parlementaires enferrés dans leurs arguties juridiques.

Par ailleurs si la démographie des États-Unis est assez bonne, c'est encore plus qu'en France dû à une très forte immigration - je n'oublie pas les victoires des défenseurs de la vie, beaucoup mieux organisés au États-Unis qu'en France et APPUYÉS par leurs évêques ou leurs pasteurs.

Je crois comme vous que l'insuffisance des allocations familiales n'est pas la cause profonde. Derrière l'avortement et la régulation des naissances, même celle que certains catholiques osent prétendre "naturelle", il y a un profond matérialisme.

Il ne faut pas se voiler la face, et au lieu de vague repentances au nom de nos grands-parents, il vaudrait mieux admettre que si leurs ennemis ont réduit les catholiques au silence ou à de vagues contestations théologiques, c'est parce que les catholiques ont manqué de courage.


 

Écrit par : Lapinos | 09/11/2006

Matérialisme, manque de courage, conservatisme : les catholiques français ont perdu le sens de la liberté. Face à la République jacobine qui les a chassé de la sphère publique, ils se battent pour obtenir des subventions et des dérogations. Alors évidemment, sur ces positions de repli constant, ils reculent .....constamment. Et la société française, au niveau des décideurs, fonctionne sans eux : ils ne sont rien, puisqu'ils ne revendiquent rien d'autre que l'aménagement confortable de la marginalisation de la doctrine sociale de l'Eglise sur le plan moral et de ses implications économiques, financières et sociales.
Ce qui reste du catholicisme en matière sociétal est l'enseignement dit catholique, superbe business, ayant désormais aussi peu d'âme et d'humanisme que l'Education Nationale, et sans avoir gardé une identité catholique affirmée.
On en revient toujours à la même conclusion : sans évêques qui enseignent l'intégralité du message catholique, il sera difficile de voir la situation changer.

Écrit par : Pascal G. | 09/11/2006

À qui le dites-vous, Pascal, moi c'est plus de dix ans passés dans l'enseignement privé sous contrat qui m'ont dégoûté à jamais des démocrates-chrétiens et de leur inaction.
Pire que ça, j'ai vu des prêtres mettre des bâtons dans les roues à des types qui voulaient organiser un chemin de croix pendant la semaine sainte (il n'y en avait pas), un autre a failli être renvoyé du bahut parce qu'il avait quitté un cours où une prof faisait de la propagande en faveur de l'avortement, et le catéchisme remplacé par des cours d'hygiène antitabac… je pourrais citer cinquante exemples !

Ces années d'"observation" m'ont permis de comprendre que derrière la dialectique de "la sphère privée et la sphère publique" se cache une profonde lâcheté en réalité, du clergé et de ses ouailles.
La clef, elle est là, dans le repli de l'Église et des chrétiens sur leurs "acquis sociaux". Je crains que si on attend que les évêques français se réveillent, il ne soit trop tard. Il faut écrire au pape pour lui réclamer un évêque du Nicaragua !

Écrit par : Lapinos | 10/11/2006

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