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04/11/2006

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (3)

 
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Comme je l’ai fait, dans le cadre de la rubrique Le livre de la semaine, pour les deux précédents sermons (sur quatre) que contient le livre Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (ici et ), je présente maintenant le troisième sermon prononcé par le cardinal Ratzinger.
Titre de ce troisième texte : La création de l’homme.

Après avoir rappelé que l’homme est tiré de la terre, le cardinal Ratzinger montre que la dignité de l’homme découle de ce qu’il est l’image de Dieu. « Là où l’homme n’est plus considéré comme protégé de Dieu, comme portant en lui le souffle de Dieu, écrit-il, la pensée ne l’apprécie qu’en fonction de son utilité. Ainsi se dresse la barbarie, qui écrase la dignité de l’homme ». On peut en tirer la conclusion qu’il ne peut y avoir, au sens strict, de respect de l’homme, de sa dignité, là où il n’y a pas une reconnaissance antérieure de Dieu, de son existence, de sa transcendance, de sa volonté.
Cependant, le cardinal Ratzinger n’en reste pas à cette affirmation d’ordre général. Il s’interroge sur « la possibilité de préserver la dignité de l’homme dans ce monde de la technique ». Pourquoi ? Tout simplement parce que le monde de la technique offre des possibilités aujourd’hui que l’homme n’a jamais rencontré à aucun moment dans l’histoire. Il peut y avoir une tentation « faustienne » d’utiliser les possibilités offertes par la technique. On le voit aussi bien avec la bombe atomique qu’avec les manipulations génétiques. Le cardinal Ratzinger estime d’ailleurs très clairement qu’il existe « une tentation propre à l’âge de la technologie et de la science ». En sommes-nous convaincus ? Je veux dire, concrètement convaincus. Plus explicitement, sommes-nous convaincus que cette « tentation » n’est pas propre à une certaine catégorie de personnes, mais qu’elle est une tentation pour nous tous ?
Le cardinal Ratzinger n’entre pas dans le concret des réponses à apporter. Il souligne seulement (!) que cette tentation repose sur la « tendance à n’accepter comme raisonnable, et donc sérieux, que ce qui peut être prouvé par l’expérience et le calcul. Cela implique que la morale et le sacré ne comptent plus ». On retrouve là le thème de son intervention à Ratisbonne. Morale et sacré sont évacués. Ce lien est intéressant. Car, dans notre agir personnel, social et politique, nous avons aussi évacué le sacré. Notre propre regard sur l’homme ne le perçoit plus comme une image de Dieu, avec les conséquences pratiques qui en découlent. Pour sa part, le cardinal Ratzinger souligne que « être l’image de Dieu signifie tout d’abord que l’homme ne peut être renfermé sur lui-même ». L’homme dépend de Dieu, non seulement quant à son origine, quant à sa vie présente, mais également quant à son futur. La conclusion pratique s’impose : notre vie doit prendre en compte, à la fois cette origine et cette perspective future.
Dans la suite de ce sermon, le cardinal Ratzinger aborde la question de la Création et de l’évolution, en soulignant surtout que le monde n’est pas le fruit du hasard et de l’erreur. Il discute les affirmations de Monod en concluant que la réponse à la question « qu’est-ce que l’homme ? » trouve sa réponse en Jésus-Christ, dans l’imitation de Jésus-Christ.
 
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Commentaires

Un père de famille est dans le coma depuis 14 jours suite à une intervention sur le cœur. Le patient est artificiellement maintenu dans « un profond sommeil ». La situation est telle que frères, sœurs, épouse et enfants, sont en désaccord. Certains pensent qu’il faut stopper les machines, d’autres croient au miracle (le mot est employé par les chirurgiens) de la science. « Le monde de la technique offre des possibilités aujourd’hui que l’homme n’a jamais rencontré à aucun moment dans l’histoire. Il peut y avoir une tentation « faustienne » d’utiliser les possibilités offertes par la technique. » écrivez-vous. C’est ce qu’exprime les proches qui croient « au miracle » si bien que l’un des enfants, âgé d’une vingtaine d’année, déclare vouloir « garder son père même si c’est un légume ». N’est-ce pas là une illustration de cette tentation « faustienne » ?

Écrit par : Eric Gaillot | 05/11/2006

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