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03/11/2006

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (2)

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Dans son deuxième sermon (sur le livre en général et sur le premier sermon en particulier, voir mon texte de présentation : ici), le cardinal Ratzinger évoque le « sens des récits bibliques de la création ». Il insiste sur le fait que le langage symbolique du récit de la Genèse comporte également un élément de préfiguration. Il prend l’exemple du chiffre dix. Dans le récit de la Création, on retrouve à dix reprises l’expression « Dieu dit ». Pour le cardinal Ratzinger, il s’agit d’une préfiguration des dix commandements que Dieu donnera par la suite. Du coup, les dix commandements ne sont plus vus comme extérieurs à toute logique, résultant seulement d’une volonté arbitraire. Au contraire, nous sommes face à la logique divine qui se répète.
L’autre exemple pris par l’auteur est évidemment celui du chiffre sept qui désigne le temps de la Création, donc la totalité de celle-ci en même temps qu’il correspond à une phase de la lune. Manière de dire que le rythme de la lune influe sur la vie humaine. Le cardinal Ratzinger en tire une conclusion importante dans le cadre de la thématique de ce blog :
« Il est évident que nous, les hommes, ne croupissons pas dans notre petit moi, mais participons au mouvement de l’Univers. C’est du ciel que nous apprenons pour ainsi dire le battement, le rythme de notre propre vie, et nous vibrons ainsi à l’unissons avec l’univers rationnel ».
Cependant, le cardinal Ratzinger veut aller plus loin que la mise en évidence de l’aspect symbolique et de sa signification cosmique du récit de la Création. Il montre dans une seconde partie de son sermon que toute la Création tend vers le sabbat, signe de l’Alliance entre Dieu et l’homme. Pourquoi est faite la Création ? La réponse a de quoi surprendre l’homme moderne, même le chrétien. « la Création est faite pur s’approcher de l’heure de l’adoration. La Création a été faite pour donner place à l’adoration et ne sera “bonne” que si elle est continuellement vécue pour l’adoration. Il rappelle à ce sujet le précepte de saint Benoît : « Opera Dei nihil præponatur ». Rien ne doit être préféré à l’œuvre de Dieu. C’est-à-dire au culte, à l’adoration, à la prière.
Le cardinal Ratzinger insiste d’ailleurs : « l’axe véritable, la force qui génère et ordonne le rythme des étoiles et de notre vie, c’est l’adoration. Ce n’est qu’à la condition de s’en imprégner que notre vie se fait harmonie ». On retrouve là, évidemment, un des thèmes de Caelum et terra. Le cardinal Ratzinger en profite pour mettre en garde contre un danger présent dans nos sociétés : « Le danger des civilisation techniciennes d’aujourd’hui, écrit-il, est que nous nous sommes coupés de ce savoir primordial. La prétention à une scientificité mal comprise nous empêche de percevoir le message de la Création ».
Dans la suite de son sermon, il évoque le problème soulevé par l’apostrophe de Dieu à l’homme : « soumettez la terre ! ». Il remarque, que devant les dégâts causés à l’environnement, des groupes en profitent pour mettre en cause le christianisme comme étant à l’origine de ce fait, de par son message. Il montre, qu’une fois de plus, on isole un passage du reste. Car, dans le chapitre suivant, Dieu intime bien à l’homme « de cultiver et de garder » la terre. Comme chrétien, on ne doit pourtant pas se contenter d’une explication de texte. Il faut que notre agir soit conforme à notre foi. Même sur ce chapitre ! D’autant que l’origine de ce mouvement contre la nature se trouve, non dans le christianisme, mais dans l’époque dite de la Renaissance que Chesterton appelait plus justement la « rechute ». Le cardinal Ratzinger donne, à ce sujet, l’exemple de Galilée qui entendait bien soumettre la nature à la torture du vouloir humain.
Le sermon se termine par deux appels qui, au fond, n’en font qu’un :
1°) « l’homme ne s’aime plus lui-même. Il voudrait se retirer de la scène afin que la nature puisse retrouver la santé. Mais ce n’est pas ainsi que nous rétablirons le monde. Car en ne voulant plus de l’homme que Lui-même a voulu, nous nous opposons également au Créateur. Nous ne purifions pas le monde, mais nous nous détruisons, nous et la Création. »
2°) C’est pourquoi il ne faut « rien préférer à l’œuvre de Dieu ». « Cette formule, explique le cardinal Ratzinger, est la vraie loi de conservation de l’univers face à la fausse adoration du progrès, face à l’adoration du changement qui écrase l’homme, face à la malédiction de l’homme par l’homme qui elle aussi écrase l’univers et la Création ».
À nous d’en prendre conscience et d’adopter des styles de vie conformes à cette loi fondamentale.
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