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02/11/2006

Une certaine vision du sens de l'existence

 

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Dans l'un de ses plus beaux livres, L'Homme éternel(1), G.K. Chesterton écrit :

« Les plans de l’économiste sont, à chaque instant remis en question par le soldat qui meurt pour son pays, par le paysan qui laboure son champ, par le converti qui s’exerce à suivre les préceptes de sa religion, ce qui ne relève pas d’une compatibilité des moyens de subsister, mais d’une vision du sens de l’existence – de ce que l’homme ressent au fond de lui-même quand  il regarde à travers ces étranges fenêtres qu’on appelle des yeux, cet étrange spectacle qu’on appelle le monde ». 

Changer notre vision du sens de l'existence, tenter le plus possible d'unir notre âme et notre corps, c'est-à-dire ce que nous croyons et ce que nous faisons, n'est-ce pas une nécessité constante et qui se pose à chacun de nous ?

Dans le même livre, à la même page, Chesterton écrit :

« Toutes les initiatives et toutes les décisions qui forment le cours de notre histoire ont eu ce caractère commun d’enrayer le cours purement économique des choses. De même que l’économiste peut se dispenser de calculer l’augmentation de salaire du suicidé, il peut omettre de calculer la retraite du martyr. Et de même qu’il est inutile qu’il calcule la pension du martyr, il est inutile qu’il calcule les allocations familiales du moine ».

On ne saurait mieux dire contre le « tout » économique qui prime aujourd'hui dans notre société de l'avoir.

A propos de Chesterton, la photo ci-dessus est l'une de mes préférée. On y voit ce chantre de l'esprit d'enfance, véritable monstre au large sourire, tendre la main à une petite fille. Plus qu'une photo, l'image d'un état d'esprit.

(1) Traduction française : DMM, 1999, p. 146.

12:22 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Le sens de la vie, plutôt, vous devriez dire, surtout vous qui croyez tant au poids des mots. L'"existence", quel vilain mot piégé qui autorise toutes les déraisons.

Désolé si je continue à m’attaquer à votre lexique, mais c'est que vous tapez dans le mille presque à chaque fois…

Car justement l'économie ne prime pas du tout dans notre "société de l'avoir", comme vous dites. Si je voulais vous charrier, je dirais que c'est au contraire le gaspillage qui prime et pas l'économie.
Mais je vois bien que vous êtes sérieux. Alors voilà : dans notre monde moderne, c'est bien la philosophie qui prime et qui rélègue l'économie et la politique au second plan des préoccupations. Pour ramener ça à l’existence de Maxence, je crois que c’est un problème de préjugés que vous avez, et non les mains trop enfouies dans la mécanique économique. Vous avez tort de faire de Chesterton un "existentialiste". Corriger l'économie, ajouter une variable, c’est encore faire de l’économie.

Je vous mets au défi de nous expliquer (vous et votre maître à penser B16) ce que signifie unir l’âme et le corps ! (en dehors de “faire ce qu’on dit”, évidemment, ce qui serait tout à fait bénin).

On pourrait même dire que les mœurs sont en train de devenir “philosophiques” par les temps qui courent. Évidemment, l’idéologie finit toujours par se heurter à la réalité, et là il se produit comme un phénomène de rattrapage qui peut être brutal. Il y en a déjà que leur instinct de survie pousse à sauter du train en marche. Arrêtez avec vos préjugés !

(Ah, un dernier point, j'avoue que j'admire vos efforts pour vous démarquer de Daoudal étant donné que vous avez exactement le même genre de préjugés, mais ça c'est une boutade, vous n'êtes pas obligé de me répondre.)

Écrit par : Lapinos | 02/11/2006

Les commentaires sont fermés.