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  • Précision sur l'avortement et la contraception

     

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    Notre amie Marie-Françoise (cf. son dernier commentaire) réagit avec sa vivacité habituelle à une partie de la question de la semaine, celle où je demande qui a prononcé ces paroles :

    « Comment l’avortement est un choix technique.
    « Comment la contraception pose le problème de la dépendance envers la technique dans la construction de la liberté individuelle ».
     
    Dans la réaction de Marie-Françoise, il y a une erreur de perspective, même si ce qu’elle dit est tout à fait juste. En déclarant,
    « Comment l’avortement est un choix technique. Comment la contraception pose le problème de la dépendance envers la technique dans la construction de la liberté individuelle », cette personnalité politico-médiatique montrait, devant un public habituellement méfiant envers la technique, que l’avortement et la contraception n’y échappent pas.
    Autrement dit, il remettait en cause de cette manière – incomplète, certes – ces deux fléaux acceptés sans question par le public auquel il s’adressait. Il remettait donc en cause le comportement de ses propres amis, de son public habituel et, peut-être même, le sien propre.
    Son approche est incomplète. Mais elle n’est pas inintéressante.
    Qui est cette personnalité ? La question reste entière !
  • Le match Schumacher/Keynes

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    Dans Small is beautiful, Schumacher cite les réflexions de Keynes qui en 1930 s’interrogeait sur l’avenir de l’économie mondiale.
    Keynes était habité par un double sentiment. La certitude, d’abord,  qu’un jour viendrait où tout le monde serait riche. Dans cette nouvelle situation, « de nouveau, nous estimerons davantage la fin que les moyens et attacherons plus de prix à ce qui est bien qu’à ce qui est utile ».
    L’autre certitude de Keynes était que ce temps n’était pas venu. Il affirmait donc : « cent ans au moins encore il nous faudra prétendre vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis des autres que, comme disent les sorcières de Macbeth, ce qui est laid est beau, car ce qui est laid est utile et ce qui est beau ne l’est point. L’Avarice, et l’Usure, et la Méfiance sont des dieux qu’il nous faut conserver encore un petit moment. Car eux seuls peuvent nous guider à travers le tunnel des nécessités économiques vers la lumière ».
    Les décennies ont passé, mais il ne semble pas que l’avarice, l’usure et la méfiance ne sont plus les dieux de notre société. Bien, au contraire.
    Schumacher faisait déjà remarquer en 1973 qu’il n'existe pas de société riche qui crie « halte ! Nous avons assez ». Sa remarque se complétait d’une autre observation :
    « la croissance économique qui, considérée du point de vue de l’économie, de la physique, de la chimie et de la technologie, n’a pas de limite perceptible, doit nécessairement aboutir à une impasse si l’on se place du point de vue des sciences de l’environnement. Une philosophie qui cherche l’accomplissement de l’homme dans la seule poursuite des richesses – en bref, le matérialisme – ne cadre pas avec ce monde, car une telle attitude ne connaît aucun principe de limitation, alors que l’environnement dans lequel elle s’inscrit est, lui, strictement limité ».
    Les limites font partie de notre condition d’homme. Les limites, qui peuvent être contraignantes, peuvent aussi être protectrices. Nous avons un corps qui nous limite. Nous avons une famille qui nous limite et nous protège. La réflexion peut s’étendre au travail, au pays, à la langue, etc. Simone Weil estime, dans L’Enracinement, que « la liberté, au sens concret du mot, consiste dans une possibilité de choix. (…) Mais la liberté n’est pas plus ou moins grande selon que les limites sont plus étroites ou plus larges. Elle a sa plénitude à des conditions moins facilement mesurables ».
    Schumacher, pour revenir à lui, remet en cause fondamentalement les affirmations de Keynes, et cela au nom même de l’économie. Il souligne que « d’un point de vue économique, le noyau central de la sagesse est la pérennité ». Il oppose donc la sagesse aux vices mis en avant par Keynes. On remarque, au passage, que l’économie n’est pas seulement contrôlée dans son activité par la morale, mais qu’elle dépend de la morale. D’un point de vue économique, on ne peut donc cultiver et multiplier ses biens, ses richesses sans atteinte à la bonne vie que nous devons chercher.
    « Comment pouvons-nous ne serait-ce que commencer à désarmer la cupidité et l’envie » s’interroge Schumacher. Sa réponse est d’un simplisme confondant. Mais, au fond, il s’agit de la seule réponse possible : « Peut-être en nous montrant beaucoup moins cupides et envieux nous-mêmes. Peut-être en résistant à la tentation de laisser notre luxe devenir une nécessité. Et peut-être en examinant jusqu’à nos besoins, pour voir si l’on ne peut les simplifier et les réduire. (…) Une once de pratique vaut généralement mieux qu’une tonne de théorie ».
    Ajoutons toutefois un élément à sa réponse : la grâce et les sacrements. La vie de prière et la vie du Christ en nous. Sinon, notre effort vers moins de cupidité et d’envie, lui-même, sera vain.

     

  • Benoît XVI évoque l'hyperconsommation et le subjectivisme

     

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    Benoît XVI a reçu le 26 octobre dernier l’ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège. Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, Benoît XVI a mis l’accent sur :
    – le rôle de l’Europe dans la construction de la paix ;
    – sur les changements apportés en matière médicale par le progrès de la technique ;
    – sur l’extension du relativisme ;
    – sur la crise de sens que subit l’homme contemporain, crise due, notamment, à la surabondance des biens de consommation et du subjectivisme ;
    – sur la nécessité d’une politique d’immigration qui sache concilier les intérêts des pays d’accueil et l'aide au développement.

    Selon Benoît XVI, il existe donc une « frontière invisible » devant laquelle le progrès technique doit s’arrêter : « la dignité de l’homme ».
    Ce n’est pas un hasard si le pape associe la surabondance des biens de consommation et le subjectivisme. L’un et l’autre ont pour finalité la satisfaction de l’individu. L’un au plan matériel. L’autre, au plan intellectuel et moral.
    Ils refusent l’un et l’autre la notion même de limites. Par l’hyperconsommation, l’individu se gave de biens matériels et perd sa liberté, devenant l’objet d’une société mercantile. Par le subjectivisme, l’individu se gave de lui-même, de sa propre pensée, de l’ordre qu’il crée et dont il serait l’origine. Il perd sa liberté, en s’isolant et en devenant ainsi la proie de tous les totalitarismes.
    À ces deux dangers, l’Église seule est en mesure d’apporter une réponse pleine et entière ; équilibrée et vraie. C’est aussi ce qu’a rappelé Benoît XVI.

    « Un autre défi concerne l’avenir de l’homme et son identité. Les immenses progrès de la technique ont bousculé bien des pratiques dans le domaine des sciences médicales, tandis que la libéralisation des mœurs a considérablement relativisé des normes qui paraissaient intangibles. De ce fait, dans les sociétés occidentales caractérisées de plus par la surabondance des biens de consommation et par le subjectivisme, l’homme est affronté à une crise de sens. Dans un certain nombre de pays, on voit en effet apparaître des législations nouvelles qui remettent en cause le respect de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa fin naturelle, au risque de l’utiliser comme un objet de recherche et d’expérimentation, portant ainsi gravement atteinte à la dignité fondamentale de l’être humain. Se fondant sur sa longue expérience et sur le trésor de la Révélation qu’elle a reçu en dépôt pour le partager, l’Église entend rappeler avec force ce qu’elle croit à propos de l’homme et de sa prodigieuse destinée, donnant à chacun la clé de lecture de l’existence et des raisons d’espérer. »

    Pour l’intégralité du texte : ici.