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28/10/2006

Question de la semaine : autours de la contraception

 
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Comme chaque semaine, voici donc une question pour alimenter débats et réflexions. Question très terre-à-terre puisqu’il ne s’agit pas de proposer une nouvelle voie politique, de lancer un mouvement ni un système.

Il s’agit cette fois d’une question à plusieurs entrées dont chacun traitera ce dont il a envie.

– Le contrôle de soi, la notion d’abstinence, que les catholiques fidèles au magistère (mais pas seulement eux) acceptent de vivre en suivant les méthodes naturelles de régulation des naissance, ne sont-ils nécessaires et vrais que dans le cadre des relations conjugales ? Autrement dit, ne doit-on pas également pratiquer une régulation de la vie économique, de l’accumulation de biens, en s’inspirant des mêmes principes ?

– Le refus de la contraception chimique découle-t-il pour nous uniquement d’une obéissance au magistère, ou du désir de ne pas faire dépendre sa vie de médicaments afin d’avoir une existence plus naturelle ?
 
– Certaines femmes accouchent chez elles à nouveau aujourd’hui. En connaissez-vous ? Qu’est-ce qui motive les familles dans ce choix ?
 
– Quelle est la personnalité politique et médiatique française, qui s’est interrogée publiquement sur l’avortement et sur la contraception en posant le problème en ces termes :
« Comment l’avortement est un choix technique.
« Comment la contraception pose le problème de la dépendance envers la technique dans la construction de la liberté individuelle ».
 
 
  

Commentaires

Je me limiterai à votre question relative à la vie économique. Je crois qu'il ne faut pas confondre richesse et matérialisme.

Au risque de vous choquer, je suis favorable à une certaine forme de libéralisme, où le sens moral tempère les appétits excessifs et pousse à redistribuer intelligemment une grande partie des richesses acquises, en recourant à la charité et au mécénat.

Je vois autour de moi beaucoup de catholiques qui, au nom de l'antimatérialisme, deviennent d'une avarice consommée. En dix ans de relations amicales, ils ne vous offriront jamais un café. Pour moi, ils sont tout aussi matérialistes que les corsaires du capitalisme sauvage, mais leur obsession matérielle porte non sur l'acquisition de richesses, mais sur le contrôle de leurs dépenses.

Je crois que l'exercice d'une activité économique indépendante dans un environnement concurrentiel peut être une formidable école d'écoute des autres et de découverte de soi. Les richesses ainsi créées sont spirituelles, humaines mais aussi matérielles.

Il n'y a pas à mon sens de honte à gagner honnêtement sa vie par l'initiative économique, pour autant que l'on sache redistribuer les sommes ainsi acuise de manière chrétienne et généreuse.

Quant à la régulation économique, pour avoir été haut fonctionnaire pendant 12 ans, je crois que l'Etat est souvent foncièrement immoral, et que cela tient à sa nature profonde.

Les grands marchands florentins de la Renaissance ne nous ont-ils pas laissé les plus grands trésors d'art religieux, financés par leurs largesses ? Pourrait-on jamais en attendre autant des pouvoirs publics, fussent-ils chrétiens ?

Écrit par : furgole | 28/10/2006

Je suis tout a fait d accord avec votre article .J'ai toujours pensé que le mal n'était pas de" posséder "mais d'en faire un bon ou un mauvais usage.Au contraire il est juste que quelqu'un qui a toute sa vie beaucoup travaillé ait un bon salaire et que son travail soit reconnu a sa juste valeur a travers un salaire consequent.
L'immoralité del'etat en regulation economique entre autre resulte d'un egoisme ambiant qui ne va aller qu'en s'accentuant.

Écrit par : de segonzac | 28/10/2006

Bonjour,

Je partage les avis exprimés par ces 2 contributeurs, donc je ne donnerai le mien sur la deuxième et la troisième question. Je précise que je suis une femme, et que j'ai 35 ans.
-à titre personnel mon refus de la contraception chimique ne saurait se résumer à une sorte de définition "bio" de la contraception. Cela ne m'empêche pas d'en apprécier pleinement cet aspect, qui ne comporte que des avantages, en terme de santé comme de coût financier.
Il ne se résume pas non plus strictement à l'obéissance au magistère : j'y adhère pleinement, mais le magistère en la matière fait davantage référence à la mentalité contraceptive qu'il oppose à l'ouverture à la vie, et aux bénéfices que le coupe peut en tirer.
Ma motivation première est toutefois plus concrète : au nom du respect de la vie, je ne peux accepter d'avoir recours à la contraception chimique qui dans le plus nombre de cas a entre autres une action abortive. Disons que s'il existait une contraception dont on puisse garantir qu'elle soit contraceptive et non contragestive, c'est par fidélité au magistère en matière de régulation des naissance que je la refuserai. Mais en l'occurrence, c'est encore plus simple, c'est au nom du respect de l'être humain dès sa conception.

Concernant l'accouchement à domicile, j'ai pû observer cette tendance et elle n'affecte pas tous les milieux. Elle est sauf exceptions globalement circonscrite à un milieu un peu "bobo" : plus aisé que la moyenne, séduit par le bio, la phytothérapie, le retour au naturel, etc, etc. Les motivations sont tout à fait justifiées : refus d'une trop grande médicalisation d'un acte somme toute assez banal, sentiment d'être dépossédée du moment de l'accouchement par une technicité et une planification envahissante. Mais je dirai que la revendication est très personnelle , voire égocentrique : ce que beaucoup de ces femmes réclament c'est la maîtrise de LEUR accouchement, bien plus que le bien être du bébé par exemple, ou le partage d'un événement familial. Sur les forums de discussions consacrés à cette question, je n'ai pas vu apparaitre l'aspect du respect de la vie : j'ai vu par contre des femmes revendiquer moins de médicalisation et de suivi au nom de la maîtrise de leur corps et de leur grossesse, mais pas du tout hostile à l'amniosynthèse pour déceler un handicap, ou la FIV, avec les mêmes arguments...
Dans les faits la pratique présente quand même un risque majeur : celui de ne pouvoir réanimer un temps un enfant ayant souffert d'une asphyxie, même légère , au moment de l'accouchement, ce qui est assez fréquent et n'était plus une cause de mortalité infantile. On recense déjà des décès de nourissons dû à cette cause, suite à des décsions d'accouchement à domicile. C'est vrai, nos grand-mères accouchaient chez elles, mais un certain nombre de bébés mourraient, qui auraient pû être sauvés très aisément en milieu hopsitalier.

Écrit par : elizabeth | 29/10/2006

L'accouchement à domicile représente 30% des naisances aux Pays-Bas. A Amsterdam, où nous vivons depuis trois, cette pratique est plus faible tout en représentant de 10à20% des naissances.
On ne peut toutefois évoquer l'accouchement à domicile sans dire un mot sur le rapport des néerlandais avec la médecine. En effet, les protocoles médicaux ne sont pas établis en fonction de la recherche du risque zéro mais plutôt en tenant compte de la majorité des cas où tout se passe bien. La toxoplasmose n'est pas dépistée car trop rare. Si rien d'anormal n'apparaît, pas plus de deux échographies ne seront réalisées. Dans le cas d'un accouchement à l'hôpital, la péridurale est exceptionelle. Mères et nouveaux-nés rentrent de toute façon très rapidement à domicile (trois heures après l'accouchement). Est-ce imprudent ? Les médecins néerlandais ne le croient pas car généralement tout se passe bien.

Alors, pourquoi autant d'accouchement à domicile ?
Cette vision optimiste (parfois excessive) est associée à un pragmatisme bien connu. D'un point de vue économique d'abord, les hospitalisations coûtent chères, très chères même puisque facturées à prix réel. L'état n'incite donc pas à la surrenchère. Ensuite car l'accouchement est une continuation tout aussi naturelle que la grossesse, rien d'anormale donc de le vivre à la maison. Des générations de femmes sont passées par là. Enfin, il est à reconnaître qu'il très confortable de vivre les tous premiers jours de l'arrivée d'un enfant dans son univers familial.

Pour ou contre l'accouchement à domicile, c'est bien dans un rapport différent à la médecine que cela doit s'inscrire.

Écrit par : Patrice Bougault | 29/10/2006

M. Maxence, dans la présentation de la "Question de la semaine", vous vous interrogez pour savoir si la pratique de "l'abstinence" peut s'étendre à d'autres domaines qu'à celui de la sexualité. J'ai envie de vous répondre en renversant la perspective, pour souligner que de nos jours, et selon la même logique, c'est l'esprit de contraception qui est souvent étendu à tous les domaines de l'existence.

Cette réflexion n'est pas de moi, mais d'un prêtre qui m'a fait remarquer qu'à notre époque, la contraception a largement dépassé le cadre strict de la régulation des naissances. "Toute l'époque est contraceptive", disait-il. On cherche à prévoir, à anticiper, à maîtriser, à planifier, à ne surtout pas prendre de risques. On déteste l'imprévu et l'inconnu. On fait des "business plan", des plans de carrière, des plans quinquennaux, et on n'aspire qu'à vivre plan-plan.

Face à cela, je dirais donc que l'attitude du chrétien, c'est justement de vivre dans la confiance "l'ouverture à la vie", selon une compréhension très large de ce qu'elle peut représenter. L'abandon à la Providence et la générosité sans calcul font partie, me semble-t-il, de ces "comportements extravagants" dont parle Timothy Radcliffe, o.p., et qui ont le pouvoir de révéler au monde ce que signifie être chrétien (voir son livre "Pourquoi donc être chrétien ?", Le Cerf, 2005). Et tout cela n'est pas éloigné de la recherche entamée sur ce blog, qui vise à identifier des modes de vie concrets qui sont des témoignages de notre foi vécue et incarnée.

Finalement, face à la contraception et à tout ce qu'elle représente, les croyants ont à vivre la gratuité, le don, la confiance dans la prodigalité du Créateur qui n'abandonne jamais ses enfants. Pour ce qui est de l'abstinence, il me semble qu'elle constitue une réponse à une autre tendance de l'époque, qui est celle d'une voracité sensuelle et matérialiste. Mais à bien y réfléchir, et pour vous donner raison, on voit vite qu'elle s'étend en effet bien au-delà des comportements sexuels. L'abstinence est donc certainement une vertu à généraliser dans sa vie. Mais elle ne doit pas non plus faire oublier l'accueil joyeux et permanent des bienfaits dont nous comble le Père.

Écrit par : Thibaut Dary | 30/10/2006

Il faut être un fameux idéologue pour prétendre que la méthode Ogino, les méthodes qui se basent sur la connaissance des cycles menstruels sont des méthodes "naturelles" ! C'est une plaisanterie, il a fallu à l'homme plus de vingt siècles pour la mettre au point.

Derrière ce mensonge, l'utilisation abusive du terme de "méthode naturelle", il y a un nouveau compromis des démocrates chrétiens avec l'esprit du monde, un compromis qui favorise l'américanisme abrutissant dont nous ne nous démarquons pas beaucoup en Europe.

Écrit par : Lapinos | 30/10/2006

J'aimerais bien savoir quelle cette "triste personnalité politique et médiatique française, qui s’est interrogée publiquement sur l’avortement et sur la contraception en posant le problème en ces termes" : «Comment l’avortement est un choix technique" et « Comment la contraception pose le problème de la dépendance envers la technique dans la construction de la liberté individuelle ».
Il faudrait rappeler à ce politicien que l'avortement n'est pas un choix technique c'est un meurtre ! Quant à la deuxième question, il serait plus urgent de lui suggérer d'empêcher toutes ces campagnes de contraception dont les collèges et lycées sont envahis relayées pour cela par certaines émissions de France 5 comme "Enquête de santé" passée l'an dernier en novembre sur cette chaîne publique avec explications détaillées sur les derniers moyens de contraceptions , avortement en direct pour faire pleurer Margot sur "les conditions difficiles de ces ignobles pratiques dans les hôpitaux français et éloge apppuyée d'un centre moderne d'eugénisme dans le Nord de la France où les infirmières et médecins n'hésitent pas à faire des heures supplémentaires et où les mères se déclarent enchantées des conditions des interventions pendant et après !
J'ai gardé la VHS....
Marie-Françoise

Écrit par : ALMERAS Marie-Françoise | 31/10/2006

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