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27/10/2006

Amish or not Amish ?

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Faut-il devenir Amish ? La question revient assez souvent sur ce blog. Pour certains, en affirmant vouloir retourner à des modes de vie plus simples, je préconiserais un style de vie Amish.
Je ne préconise rien de tel, ni même une voie nouvelle de réforme de la société. Je m’interroge et je nous interroge sur le style de vie que nous avons et qui est souvent davantage subi que désiré parce que la société actuelle nous pousse à adopter certains comportements. Je n’y échappe pas d’ailleurs et il ne s’agit pas d’un jugement de valeur sur le comportement des autres.
Il y a donc une perspective faussée qui se résume par :
– nous ne pouvons pas vivre en dehors du monde ;
– nous ne voulons pas devenir des Amish.

Je voudrais répondre ici surtout à la deuxième affirmation en reprenant ce que j’ai déjà écrit dans une réponse à un commentaire. Pardon de cette auto-citation, mais elle ne vise qu’à relancer la discussion et le débat sur un sujet complexe :
La question n’est pas de vivre comme des Amish. C’est toujours l’exemple que l’on ressort, sans s’être d’ailleurs donné la peine d’essayer de vivre comme eux. Je crois que nous serions surpris du résultat. Mais notre surprise découlerait surtout du fait que nous sommes incapables de le faire. Nos habitudes modernes nous ont détournés de modes de vie très simples.
Je ne connais qu’un catholique américain à avoir tenté l’expérience. Elle a été dure ; il s’est enrichi (spirituellement) à plus d’un titre. Mais il a trouvé la limite de ce style de vie là où il pensait – lui – la trouver. Dans une vie arrêtée à un certain moment de l’histoire ? Non, si cet aspect des Amish constitue l’un des problèmes de leur mode de vie, il ne s’agit pas du problème essentiel.
La limite du mode de vie Amish se trouve dans l’absence des sacrements, de la vie de l’Église qui nous relie à Dieu et aux autres. C’est d’abord dans ce sens que cette forme de vie est impossible.
Malheureusement, ce qui nous effraie chez les Amish, c’est d’abord le mépris de l’accessoire (la peur de perdre notre confort) et non l’oubli de l’essentiel : Jésus-Christ répandu et communiqué par les sacrements de l’Église. Jusqu’au cœur de notre pensée et de notre façon de réagir, nous avons (je me mets dedans car j’ai eu les mêmes réactions concernant les Amish) mis l’accessoire avant l’essentiel, notre confort avant les sacrements. Nous ne les avons pas niés. Nous les avons oubliés.
Plutôt que les Amish, je préconise de prendre nos exemples, en les adaptant à nos vies de laïcs, dans la grande tradition monastique. Il suffit d’aller voir les saints patrons de ce blog pour en avoir une idée. Les moines et les religieux ont gardé, quand ils sont fidèles à leur règle, un équilibre de vie que l’on ne trouve ni chez les Amish, ni chez… nous, dans notre société moderne. Le moine ne répugne pas à utiliser la technologie, si elle peut l'aider et si elle ne le détourne pas de sa vie de prière. Mais il sait aussi qu’il peut s’en passer. Nous avons oublié que nous pouvions être heureux sans télévision ou sans Internet.
On me dira que nous ne sommes pas des moines. J’en suis bien d’accord. C’est pourquoi je ne dis pas que nous devons devenir des moines ou des moniales, mais nous inspirer d’eux pour tenter de trouver des règles de vie accordées à notre condition de laïcs dans le monde.
Pardon encore de citer un américain. À la fin de son Après la vertu (PUF pour l'édition française, p. 255), Alasdair MacIntyre écrit :
« Si la tradition des vertus a pu survivre aux horreurs des ténèbres passées, tout espoir n'est pas perdu. Cette fois, pourtant, les barbares ne nous menacent pas aux frontières; ils nous gouvernent déjà depuis quelque temps. C'est notre inconscience de ce fait qui explique en partie notre situation. Nous n'attendons pas Godot, mais un nouveau (et sans doute fort différent) saint Benoît ».

17:55 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Il est encore permis aux catholiques de s'interroger, tant qu'ils n'apportent pas de réponses et ne préconisent rien...

Le capitalisme étasunien trouve sa limite dans les capacités de consommation de chacun, qui ne sont pas illimitées. C'est aussi une astuce comptable qui consiste pour les Occidentaux à mener grand train à crédit, mais leur dette est énorme, et nul n'est à l'abri de la faillite.

Tant qu'une voiture roule, on se laisser griser par la vitesse moderne, ou on s'en effraie, mais le jour où le carburant vient à manquer et qu'il faut pousser la voiture, c'est une autre histoire. Vous cherchez une astuce pour pousser les gens à se serrer la ceinture et à mener une vie plus saine ? L'ironie de l'histoire pourrait faire qu'ils se retrouvent à la diète sans l'avoir voulu. Votre obstination à adopter l'angle moral est, bien que vous vous en défendiez, assez "amish". Je m'étonne que vous ne préconisiez même pas de micro-politiques, comme certains Yankis font, obtenant par le boycott, la constitution d'associations assez puissantes, des résultats probants dans certains domaines, comme l'avortement. Il est vrai que la sphère privée n'existe pas chez eux...

Écrit par : Lapinos | 27/10/2006

Une simple maison non loin d'un monastère; des travaux de la terre, âpres et humbles.
Des besoins modestes, un coeur sobre, un seul regard : " Ils regardèrent Celui qu'ils avaient transpercé".
N'avoir que trois mots à balbutier : credo, amen, alleluia.

Écrit par : Jacques Thielens | 28/10/2006

Et notre mission ?

Écrit par : Lapinos | 30/10/2006

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