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23/10/2006

Les femmes et la vie ordinaire

Dans son essai, Les femmes et la vie ordinaire (1), Christopher Lasch affirme que :

1°) « la famille traditionnelle, au sein de laquelle le mari part travailler tandis que la femme reste à la maison avec les enfants n’avait rien de traditionnel. Ce fut une innovation du milieu du vingtième siècle ».
2°) Il ajoute : « Au sujet du nouvel ordre des banlieues (celle des années 1950, ndlr), ordre fondé sur une séparation stricte du foyer et du lieu de travail, ainsi que sur une division stricte du travail sexuel, le commentaire le plus révélateur fut peut-être celui qui affirmait que chaque sexe envie l’existence que mène l’autre. Les hommes envient la sécurité domestique dont jouissaient leurs femmes ; les femmes enviaient les carrières excitantes dont jouissaient prétendument leurs maris »
3°) De ces affirmations, Lasch conclut que le féminisme a débouché sur l’exaltation d’un modèle de famille qui préconise un seul choix : « la famille au sein de laquelle les adultes travaillent à temps plein dans le marché ».
4°) Un vrai féminisme selon Lasch, « plutôt que de consentir à la subordination de la famille par rapport au lieu de travail (…) devrait chercher à remodeler le lieu de travail autour des besoins de la famille. Il devrait remettre en question l’idéologie de la croissance économique et de la productivité, ainsi que le carriérisme qu’elle engendre ».

La question, au demeurant, n’est pas de promouvoir un vrai féminisme que de remettre la famille comme pivot à partir duquel s’organise la vie économique et sociale. Aujourd’hui combien de cadres vivent sans avoir en semaine une véritable vie de famille ? En réunissant à nouveau famille et travail dans une unité de vie, on donnerait peut-être un visage plus humain à la vie économique et on cesserait de donner mauvaise conscience aux femmes qui cherchent à éduquer leurs enfants, rendant ainsi un vraie service à la société.

Au fait, que vous inspire les affirmations de Lasch ?


(1) Éditions Climat

Sur Christopher Lasch : ici

16:10 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Les observations de cet essayiste, au moins telles que vous les reprenez, ne sont pas très claires. D'abord parce que les comportements familiaux ont toujours été très différents en fonction du milieu social. Il est évident que le travail des femmes à la campagne ne date pas d'aujourd'hui.

Mais les hommes ou les femmes exerçant des responsabilités n'ont jamais eu "une véritable vie de famille". Cette expression même de "véritable vie de famille" que vous employez n'a que le sens que vous lui donnez.

Il me semble que ces observations sont secondaires par rapport à la nouveauté du contrôle des naissances que les femmes peuvent exercer depuis les années quatre-vingt avec une précision et une autorité quasi-absolue, y compris dans les familles chrétiennes. Là encore ce n'est pas complètement nouveau, mais on en est arrivé à une systématisation technique et juridique telle que la famille en est bouleversée. Autrefois c'étaient les pères qui avaient "droit de vie ou de mort" sur leurs enfants, aujourd'hui ce sont les mères, en quelque sorte. Ça change tout ou presque, vous ne croyez pas ?

Écrit par : Lapinos | 25/10/2006

Il semble qu'autrefois les familles éxistaient au sens large du terme, il y avait une grand-mère à la maison qui faisait la soupe et s'occupait du linge De nos jours les familles sont réduites.Il est clair pour moi que ce serait une évolution de laisser aux deux conjoints la possibilité d'aménager le temps de travail pour mieux gérer la vie de famille: horaires à la carte, possibilité de temps partiel sans pénaliser la vie professionnelle, mais il faudrait que les menntalités évoluent, les grossesses dérangent toujours autant les employeurs, les temps partiels sont peu accordés et ceux qui les choisissent sont méprisés (jalousie?) par leurs pairs.
Je suis mère de six enfants et j'ai pu m'en occuper en travaillant de nuit, à temps partiel, mais c'est au détriment de ma carrière! J'ai choisi le métier de maman...Odile

Écrit par : barrin odile | 25/10/2006

Lapinos : je vous accorde que mon résumé de Lasch n'est pas très clair. C'est une invitation à le lire plutôt qu'à conclure qu'il se trompe. Son étude porte sur la famille américaine et il remarque qu'à partir des années 50, le désir de vivre en banlieue va séparer le couple, l'homme partant travailler et la femme restant au foyer où elle a l'impression de ne rien faire. Je me demande si la situation française n'est pas un peu la même. En gros, une grande partie des familles françaises vivaient autrefois soit à la campagne soit comme artisans. Homme et femme étaient ensembles et je me demande si ce n'est pas une vision tardive qui a fait que dans certains milieux s'est imposé l'idée de l'homme partant travailler au loin et la femme restant seule à la maison. N'y aurait-il pas un moyen de redonner une place sociale à la femme, sans la réduire à aller travailler forcément à l'extérieur tout en lui permettant de s'occuper de ses enfants ? Une société qui revalorise l'artisanat, par exemple, me semble pouvoir aller dans ce sens.

Écrit par : Philippe Maxence | 27/10/2006

Bravo à Odile pour ce choix d'avoir six enfants et de vouloir être d'abord mère de famille. Il faut dénoncer sans cesse la mentalité de l'entreprise qui accepte les femmes mais veut les plier dans leurs vie familiale et intime au rythme économique et à la loi du profit. Quelles seraient selon vous les axes prioritaires à améliorer ?

Écrit par : Philippe Maxence | 27/10/2006

Merci!!
Cela fait trente ans que je travaille, à l'hôpital, et je constate que chacun travaille pour soi, il y a de moins en moins d'esprit d'équipe, ce qui nuit à l'ambiance, à l'organisation. Les nouvelles recrues sont souvent moins "responsables".Tout un ensemble de travers à l'image de notre société.Avant de penser aux réformes politiques, je suppose que restaurer le souci de l'autre, du travail bien fait, pourrait à la base améliorer la situation:un peu de souplesse, accepter de changer son planning pour dépanner la copine, ne pas critiquer la collègue qui ne vient pas travailler parceue son petit est malade, aller donner un coup de main à la femme enceinte, avec le sourire (!!!!).
Je pense sinérement que les changements peuvent s'effectuer si on se mobilise à la base, il faut montrer aux jeunes qu'il y a plus de bonheur à rechercher le bonheur de l'autre que le sien propre.
Odile

Écrit par : barrin odile | 27/10/2006

Les commentaires sont fermés.