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23/10/2006

Deux réflexions du cardinal Ratzinger

Non, nous ne sommes pas pour un retour en arrière (ce qui ne veut rien dire), ni d'ailleurs pour une fuite en avant. Nous cherchons un équilibre.
Deux réflexions (que nous partageons) du cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI à ce sujet :

– « On ne peut pas non plus profiter soi-même des possibilités de la civilisation technologique et imposer en même temps aux autres son propre rêve romantique d'un monde qui ne connaîtrait pas encore la technique ».

– « Cette civilisation technologique n'est pas neutre du point de vue religieux religieux et moral, même si elle s'imagine l'être. Elle change les normes et les modes de comportements. Elle change la compréhension du monde dans ses fondements. Elle met immanquablement en mouvement le cosmos religieux.L'apparition de ces nouvelles virtualités de l'existence est un tremblement de terre qui ébranle le paysage spirituel jusque dans ses fondations ».

(Valeurs pour un temps de crise, pp. 110-112).

Nous sommes en complet accord avec ces deux affirmations. Et nous cherchons les moyens concrets d'éviter les écueils de la civilisation technologique et du rêve romantique.
Vos idées sont les bienvenues.

09:25 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

Comme toujours Benoît XVI est d'une précision qui fait froid dans le dos. L'ère de la machine nous transforme en organe de la masse, relié à un tout, participant à l'actualité, aux mises à jour de l'humanité sans corps. Car le risque est bien la virtualité et c'est de ce risque qu'il faut se protéger et protéger nos enfants. La virtualité consiste à nier la mort, et de ce négationnisme sort la négation de l'individu. Pour nous adultes, il nous faudrait bâtir sur la peur de la mort pour retrouver le chemin de l'individuation, pour porter le nom qui nous distingue des autres jusque dans l'accomplissement de la relation à Dieu. Pour les plus jeunes, il faudrait leur faire ressentir l'impossibilité de séparer le corps et l'âme, il faudrait leur faire toucher du doigt les limites de nos corps, les conséquences irréparables de nos actes, le chaos sans arrêt introduit dans le monde par nos paroles.

Écrit par : Maximilien FRICHE | 23/10/2006

http://www.crc-resurrection.org/accueil.asp

Pour nourrir votre réflexion.

Écrit par : Borision | 23/10/2006

Je ne suis pas contre le fait que chacun tente de faire connaître ce qui lui tient le plus à cœur en matière de site ou d'association. C'est une réaction naturelle. Par courtoisie, il serait bien d'indiquer, au moins en quelques lignes, le rapport direct avec le thème du fil en discussion. Je ne demande pas grand chose : la charité de quelques mots. Merci.

Écrit par : Philippe Maxence | 23/10/2006

Je crois au contraire que Benoît XVI est une sorte de professeur Nimbus. Il baigne dans le flou philosophique qui nimbe la réflexion de beaucoup de nos contemporains et qui entrave la prise de décisions sociales et politiques adaptées, la contre-réforme.

Un exemple, dans sa dernière encyclique sur la charité, Benoît XVI, après une petite synthèse historique des premiers mouvements organisés de la charité qui n'est pas inintéressante, martèle ce dogme (en s'appuyant sur des citations du concile V2), ce dogme kantien/hégélien du progrès de la conscience et de la civilisation. La réalité est bien plutôt que la charité aussi est devenue un business. Misère morale en Occident, misère physique en Afrique. Au nom de Dieu où est le profit dont parle Ratzinger ?

Mettre en balance le "progrès" et le "retour en arrière" est complètement crétin. Je crois que c'est la marque de la contamination de l'intelligence chrétienne par les raisonnements théologique ou juridique. Ce n'est pas d'un philosophe dont l'Église a besoin, mais d'un homme d'action, Jean-Paul II l'était un plus, du moins c'était un homme de théâtre.

Écrit par : Lapinos | 24/10/2006

"ce dogme kantien/hégélien du progrès de la conscience et de la civilisation"

J'ai relu l'encyclique et je n'ai pas trouvé ce passage. Le mot progrès est cité deux fois et à chaque fois de manière négative. Vous êtes sûr de ne pas exagérer ?

Pour surmonter l’antinomie du progrès et du retour en arrière, il y a le concept de « développement doctrinal » cher au cardinal Newman.

Écrit par : Sébas†ien | 24/10/2006

« De nos jours, (…) à cause des facilités plus grandes offertes par les moyens de communication, la distance entre les hommes est en quelque sorte vaincue (…), l'action caritative peut et doit aujourd'hui avoir en vue absolument tous les hommes et tous les besoins. »

« Parmi les signes de notre temps, il convient de relever spécialement le sens croissant et inéluctable de la solidarité de tous les peuples. »

La distance est vaincue ? La solidarité des peuples est inéluctables ? Pardon mais qu'est-ce que ça veut dire, Sébastien, "profiter soi-même des possibilités de la civilisation technologique" ? Ce n'est pas sérieux, ce n'est pas un bilan sérieux de la civilisation technologique. Je connais des philosophes plus à gauche que Benoît XVI, ou encore des philosophes qui ont un siècle d'expérience en moins, qui n'oseraient pas tirer un bilan aussi optimiste. Et pourtant pour ces philosophes les millions d'enfants éliminés dans le ventre de leurs mères chaque année ne sont que des petits tas de chair anonymes.

Écrit par : Lapinos | 24/10/2006

Je ne vois pas ce qu’il y a de problématique dans les passages que vous citez. Benoît XVI constate qu’à l’ère de la télévision et d’internet, les distances sont abolies et que l’action caritative s’en trouve facilitée. On l’a vu lors du tsunami en 2004. Quand une catastrophe a lieu dans un pays, la solidarité est internationale. C’est un fait.

Le pape fait peut-être montre d’optimisme quand il dit que ce mouvement est irréversible. C’est la seule nuance que j’apporterais. Pour le reste, il ne fait pas un bilan de la civilisation technologique, ce n’est pas le propos de son encyclique.

Écrit par : Sébas†ien | 24/10/2006

Le hic c'est qu'à l'ère d'internet et de la télévision, comme vous dites, on n'en crève pas moins de misère morale dans tous les coins de Paris.
Un élève de 3e répond quand on lui pose la question que l'amélioration des moyens de communication n'améliore pas la communication, Sébastien.

Écrit par : Lapinos | 24/10/2006

Ce que vous appelez "solidarité internationale", Sébastien, moi j'appelle ça de la vente d'indulgences. On signe un chèque pour se donner bonne conscience. Mais lorsqu'un clodo s'écroule dans le métro, y'a pas grand-monde à se précipiter à son chevet parce qu'il pue.
Sur la "charité business", il me semble qu'il y a pas mal de choses à dire et que Benoît XVI s'est pas mal contenté de slogans navrants tel que : "Il convient de relever le sens croissant de la solidarité de tous les peuples."

Dans cette histoire de tsounami, ce qui a fasciné surtout les Occidentaux c'est l'anéantissement de ces stations balnéaires peuplées d'Occidentaux que tout leur pognon n'a pas protégé de la vague…

Écrit par : Lapinos | 25/10/2006

Vous voudriez que Benoît XVI fasse du Philippe Muray mais ça n'est pas possible. Et même si vous avez raison, même si les gens donnent pour se donner bonne conscience et parce que des Occidentaux ont payé leur tribut à cette catastrophe, c’est toujours mieux que de laisser les victimes livrées à leur propre sort. D’autant que la rapidité des secours à se déployer sur place a permis d’éviter des épidémies et que le bilan des morts ne s’alourdisse.

Écrit par : Sébas†ien | 25/10/2006

Du Bloy, plutôt. Ou du saint Paul. Muray est justement de l'école des ratiocineurs, comme Benoît XVI.

Qu'est-ce que l'Église a encore à perdre avec 3 % de pratiquants et des séminaires vides ? C'est ce que les démocrates chrétiens en ont fait, une coquille vide. Alors il est peut-être temps de laisser tomber les jolis discours démocrates-chrétiens sur l'amitié entre les peuples, en effet.

D'ailleurs personne n'oblige Benoît XVI à rédiger des encycliques ou des conférences que les journalistes décortiquent pour essayer de semer la zizanie. Il n'entre pas de mouches dans une bouche fermée, comme dit le proverbe.

Écrit par : Lapinos | 25/10/2006

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