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17/10/2006

Et les Français de France ?

Deux témoignages excellents et très instructifs sur l'école à la maison venant des États-Unis. Aucun témoignage direct (sauf celui d'Éric Gaillot) venant directement de France ? L'école à la maison est-elle une réalité inconnue en France ? Fait-elle peur ?

Commentaires

Bon, je continue après une mauvaise manipulation...
(en espérant que vous avez bien reçu la première partie de mon message...)

Les enfants passent plus de temps à l"école qu'à la maison et pourquoi, à l'âge tendre, l'âge de l'immitation, leurs faire subir des tentatiosn, des tensions violentes...

Oui, nous sommes pour le nid protecteur qui rendra nos enfants forts et capables de vivre toutes les situations et de défendre leurs convictions quelque soit le milieu dans le lequel ils évolueront plus tard; armés moralement, intellectuellement et religieusement.

Non, nous n'avons aucun scrupules à protéger nos enfants, c'est de notre devoir, car nous savons que ce qu'ils reçoivent les fortifie pour l'avenir.

C'est l'un de nos moyens de resistance (nous en vivons d'autres) et il nous coûte !

Mais nous savons aussi que les fruits de l'école hors contrat doivent être cueillis dans le sein de la famille et que de contradictions parfois chez les catholiques y compris "tradi" entre choix d'une école hors contrat et ce qui est vécu à la maison !(impolitesses voire grossiertés, films et BD d'adulte vus par les enfants, travail scolaire non suivi par les parents, etc...)

Mais ceci est sans doute un autre débat...

Écrit par : Maguelone | 18/10/2006

Maguelone : visiblement, nous n'avons pas reçu la première partie de votre témoignage. Et il me semble très intéressant. Pouvez-vous le «reposter ». @micalement.

Écrit par : Philippe Maxence | 18/10/2006

Visiblement, la 1ère prtie de mon message n'est pas parue...

Je ne peux témoigner directement du choix de l'école à la maison, puisque nous avons la chance d'avoir une école hors contrat catholique à 15 km de chez nous.

Elle a été fondée par l'une des deux créatrices du Cours Sainte Anne par correspondance.

Ce cours sainte Anne par correspondance est très utilisé par les parents qui font l'école à la maison.

Bien souvent les parents font un regroupement pour utiliser ce cours et, les années venant ainsi que le succés, passent à l'étape Ecole hors contrat.

Voici le lien de ce cours par correspondance :

http://www.serviam.net/csta/programme/pageprog.html

Maintenant, mon époux et moi-même si nous n'avions pas eu la chance d'une l'école hors contrat, nous aurions choisi l'école à la maison et sans scrupules...

En effet après deux ans d'école sous contrat, nous avons vu nos trois filles réellement devenir "bécasses" et souvent en conflit tant le décalage entre ce que nous vivons à la maison et à l'école était important...

Pour nous le choix du hors contrat est une résistance intérieure et extérieure, sans honte, à l'abrutissement et à l'affaiblissement intellectuel, culturel, religieux, pédagogique et moral que l'on fait subir à nos enfants.

Je parle d'expérience...

Écrit par : Maguelone | 18/10/2006

Pour Philippe Maxence :

Pouvez-vous remettre en un seul message mes deux messages...
Le 2ème venant avant le 1er ..

Merci beaucoup

Écrit par : Maguelone | 18/10/2006

Pour ce qui est de l'école à la maison, une discussion que j'ai eu avec mon épouse me conduit à vous confier les réflexions suivantes.

D'une part, il faut s'en sentir capable, et on peut très légitimement se juger inapte à prendre en charge l'instruction scolaire de ses enfants à domicile. Ce n'est déjà pas si facile d'être parents, maître et maîtresse de maison, époux ou épouse, pour en plus rajouter à tous ces challenges celui d'être professeurs. Ce n'est pas pour rien, nous semble-t-il, que certains en font leur métier. Le professionalisme en la matière existe, et ces dernières années, nous avons été positivement impressionnés par le soin avec lequel les maîtresses de nos enfants envisageaient leur travail. Pour l'heure, nous sommes plutôt satisfaits de l'école catholique sous contrat où ils se trouvent, et si tout n'y est certes pas parfait, songeons que nous-mêmes ne sommes pas des parents parfaits. Je ne crois pas que nous ayons actuellement les moyens de proposer mieux à la maison.

Il faut aussi réaliser que lorsque les enfants sont à l'école, les mamans soufflent, ce qui n'est pas négligeable dans une vie de mère de famille. Dans les appartements de la région parisienne, dans la vie urbaine, il est bénéfique de sortir de chez soi, de ne pas rester les uns sur les autres 24 heures sur 24, sans quoi on explose. On touche là un point important de l'école à la maison, celui de l'espace disponible. Toutes les expériences de ce type dont j'ai eu connaissance se faisaient à la campagne, chez des personnes qui avaient la place d'aménager une pièce dédiée au travail scolaire chez elles, en plus d'un jardin. Peut-être est-ce d'ailleurs l'une des raisons qui explique que cette formule soit plus répandue aux Etats-Unis, où la place disponible per capita est bien supérieure à ce dont nous disposons en Europe. Quoi qu'il en soit, en région très urbanisée, l'école à la maison me semble réservée à des privilégiés, auxquels d'ailleurs je ne songe pas du tout à jeter la pierre.

Toujours dans l'esprit de parler concrètement, soulignons que le temps des mères de famille est en outre très occupé. Sous réserve qu'elles n'exercent pas un métier, elles ne se tournent pas pour autant les pouces. Les courses, la tenue de la maison, les démarches administratives diverses, l'éducation des plus petits qui ne sont pas encore en âge scolaire : tout cela prend du temps, et tout le monde n'a pas une femme de ménage à qui déléguer une partie du travail. Et quand bien même le père de famille, en plus de son activité professionnelle, met la main à la pâte pour décharger son épouse de certaines tâches, tout cela libère-t-il le temps suffisant pour assurer l'école chez soi ? Encore une fois, la question en revient aux moyens dont chacun dispose : certains se choisissent, d'autres sont indépendants de notre volonté.

J'ajouterais que l'école est aussi un lieu de sociabilité, pour les enfants d'abord, mais aussi pour les parents. Beaucoup de liens naturels locaux se tissent par les rencontres qui s'y font, et elle joue à cet égard un rôle difficilement remplaçable. Certes les enfants reviennent parfois à la maison avec des expressions ou des comportements qui nous font faire un peu la grimace, mais c'est notre rôle de parents de les corriger, et au besoin d'en avertir l'école. Et qui sait si nous n'aurons pas la surprise de voir cette dernière transmettre aussi à nos enfants des richesses que nous n'avions pas pensé à leur faire découvrir ?

Pour notre part, nous sommes heureux d'avoir trouvé une école catholique qui est globalement en phase avec notre vie de famille. Sans doute, tout pourrait y être mieux. Mais nous préférons encourager l'équipe pédagogique dans ce qu'elle fait de bon, et lui signaler le cas échéant nos désaccords, que de nous lancer dans un projet d'école à la maison particulièrement hasardeux. Pour finir, il nous semble que l'école catholique doit être un lieu de présence et de mission des familles catholiques : c'est parfois l'attente inexprimée des enseignants, c'est certainement le besoin de beaucoup d'autres familles qui viennent n'y chercher qu'une forme de sélection sociale. Car nos enfants, s'ils reviennent parfois avec un Pokémon dans la poche, vont aussi à l'école avec l'Esprit Saint dans le coeur. Et ça aussi, ça fait des ravages...

Amicalement

Écrit par : Thibaut Dary | 18/10/2006

Moyenne des élèves catholiques pratiquants réguliers dans l'enseignement catholique sous contrat : 5 % ...

Les autres viennent y chercher une certaine sécurité...

Est-ce vraiment le rôle de nos enfants d'être les pourvoyeurs d'Esprit Saint ... ?
Qu'est-ce qu'on leurs fait porter quand même comme responsabilité !...

Quand aux professeurs des écoles avides de spirituel (même inconsciemment) je n'y crois pas.

J'ai été institutrice suppléante pendant trois ans, effectuant des remplacement en primaire dans cinq écoles du diocèse où je réside.

J'y ai eu les mêmes responsabilités qu'un professeur des écoles titulaire ainsi que les mêmes obligations, en particulier celle d'assister aux diverses "concertations pédagogiques"

Je peux donc faire un constat accablant tant sur
les méthodes pédagogiques que le nivellement par le bas en passant par la resistance, parfois directe, des instit. à leur directrice proposant une catéchèse qui voudrait, timidement, s'élever un peu...

Les choses peut-être vont elles évoluer puisque notre Evêque Mgr Cattenoz vient de publier une charte de l'enseignement libre qui fait pas mal de bruit..

Mais peut-on réellement grand chose contre la masse...déchristianisée, qui ne réfléchit plus et n'a plus de sens critique

J'ai bien peur qu'il ne soit trop tard et que l'heure soit venue de la resistance ... et pas seulement contre d'inofensifs Pokemon

Écrit par : Maguelone | 18/10/2006

Bonjour,

Je survole rapidement les commentaires au sujet de l'IEF (Instruction En Famille). Je prendrai le temps de lire plus tard les mails.
Une brève réponse car je dois partir dans 5 min
Mes 5 enfants sont scolarisés à la maison avec le Cned réglementé cad qu'ils ont un livret scolaire et des avis de passage en classe supérieure . Ils sont scolarisés normalement au regard de l'Etat. Je n'ai pas toujours eu le Cned et ai pratiqué ce que l'Etat appelle l'IEF avec contrôles d'inspection chaque année. Cela s'est bien passé car nous avons prié avant chaque inspection à domicile. Selon les témoignages d'amies, en général les contrôles se passent mal. Les inspectrices abusent de leur pouvoir et sont très humiliantes.

Mes enfants sont en primaire, collège et lycée. Je connais bien le fonctionnement du Cned si vous êtes intéressés. Il y a près de 100 000 élèves scolarisés en primaire, secondaire dont la moitié en IEF : les parents ont pris les cours du Cned sans autorisation de l'Inspection.

Je fais partie d'associations de famille françaises homeschooler. Nous communiquons par internet, organisons des sorties sur Paris et autres. (ateliers, musées, pique-niques). Certaines familles se retrouvent pour les vacances (ski). L'été , un camping entier est loué chaque année par une des associations et dans des endroits différents. Il ya des journaux pédagogiques en français, en anglais créés par les familles ou par les assoc pour leurs adhérents.
Nous sommes nombreux en France et je n'ai pas le sentiment de vivre quelque chose de "dissident". Il y a une dizaine de cours par correspondance reconnus par l'Etat (Ste Anne, Legendre, Hattemer, Pi...) en plus du Cned. Il ya des cours par corresp musulmans, protestants...
Le cours préféré des familles IEF est le cours EAD de la communauté française de Belgique (gratuit et très bien fait)

Je sillonne la France avec mes enfants lors de vacances et rencontre presque dans chaque ville, village voire hameau des familles ayant eu ou ayant un ou plusieurs enfants scolarisés à la maison.
J'ai eu un échange téléphonique avec la famille de profs citée plus haut , habitant la Corse du sud il y a un mois lors d'un séjour en Corse. Ce même jour, je rencontrai chez le kiné de Porto Vecchio un jeune du Cned (champion de scooter des mers) et le soir, nous avions RV avec une famille Corse ayant une de leur fille scolarisée à la maison.
Mon bref témoignage afin de vous dire que je ne me sens pas seule. Mes enfants non plus.

Au plaisir de vous lire ou de vous rerépondre si éventuelles questions
Bien fraternellement,

Ch. Sanson

Écrit par : Chantal SANSON | 18/10/2006

Je réagis très rapidement à tout ce qui se dit au sujet de l'école à la maison, instruction en famille, etc. Globalement, les réactions vont dans le sens de la possibilité de ce mode d'enseignement et même de sa nécessité.
Thibaud Dary (merci à lui) soulève un certain nombre d'objections qui sont courantes concernant cette façon de faire, mais auxquelles on peut trouver une réponse.
D'une manière générale, je souhaite demander aux uns et autres :
– l'école à la maison va-t-elle contre la sociabilisation des enfants et des parents ?
– faut-il spécifiquement vivre à la campagne pour y recourir ?
– faut-il avoir du personnel pour s'occuper des tâches ménagères ?
– les professionnels de l'éducation sont-ils plus aptes à enseigner ?

J'ajoute deux questions : les deux témoignages américains font état de l'école à la maison comme s'insérant dans une conception globale de la vie. Il ne me semble pas que les témoignages français de France disent la même chose.
D'où ma question :
– est-ce par défaut que vous recourez à ce type d'enseignement ?
Et deuxième question :
– l'école à la maison ne permet-elle pas une éducation beaucoup plus large qu'un simple enseignement livresque tel qu'il se retrouve dans toutes les autres écoles ?
J'ajoute très vite aussi mon propre témoignage : nous faisons l'école à la maison, à l'aide d'un cours par correspondance : l'EPC. Nos enfants n'ont aucun problème de sociabilisation, participant à des activités extra-scolaires, pardon extra-maison. Quand ils intègrent le système scolaire, ce que nous faisons vers le 6ème, cela se passe sans aucun problème. Leur niveau scolaire est généralement bon (l'un est même élève dans un grand établissement parisien réputé et exigeant, sans problème).
Ils deviennent très vite autonomes, jouent beaucoup et se développent autrement que de manière scolaire. La Maman est très prise, mais trouve le temps de faire en plus ses yaourts, son fromage blanc et même son beurre désormais… Sans parler du reste. Mais nous voyons effectivement l'école à la maison comme s'insérant dans une conception générale de la vie, une vision sacramentelle des choses. Nous estimons ainsi que c’est un choix de famille, qui exige certains sacrifices très libérateurs et que cette belle aventure ne peut être vécue sans un désir profond. S’il n’est pas illégitime de ne pas y recourir, il est souvent plus que légitime de vouloir s’occuper de l’éducation de ses enfants, instruction comprise.
J'espère trouver le temps ce soir de réagir aux différents posts et de m'expliquer plus avant sur la question de la dissidence.

Écrit par : Philippe Maxence | 18/10/2006

Notre famille a commencé l'IEF il y a trois ans avec nos deux derniers enfants, ce fut au début une obligation, un de nos enfants présentait des difficultés d'apprentissage, petit à petit nous avons cheminé aidés par les conseils et le soutien d'autres familles, l"IEF est devenu maintenant pour nous un choix de vie, et je dirais mème une qualité de vie.Odile B

Écrit par : barrin odile | 18/10/2006

Pour répondre aux divers questions de Philippe Maxence :

Le choix pour nous de l'école hors contrat (ou à la maison si cela avait été necessaire) FAIT BIEN PARTIE D'UN TOUT qui est de lutter contre la massification et l'amollisement des esprits et dans le but de donner tous les moyens à nos enfants de vivre une vie chrétienne authentique.

Cela s'accompagne de
- l'absence de la télé mais choix de dvd
- l'absence des jeux vidéo
- pas d'internet le dimanche
- la visite de musées, églises etc
- prommenades en famille
- soirée lecture tous en famille une fois par semaine
- choix des livres pour mes enfants (Emaüs est grand pourvoyeur de livres classiques pour enfants )
- refus de suivre la mode (surtout qu'elle est de plus en plus enlaidissante...)
- refus de se laisser faire par la pub (goûter, plats congelés, electroménager dernier cri etc etc etc)
- refus de la marque pour la marque (vêtement, materiel scolaire)
- échange avec d'autres familles pour les vêtements en particulier
- refus de la pratique de sport qui prévoit une activité le dimanche
- je fais mes yahourts moi même et le pain aussi
- j'essais d'acheter fruits et légumes directement chez les agriculteurs
- nous repoussons le plus possible l'allumage du chauffage en arrière saison
- nous privilégions la douche plutôt que le bain
- REFUS EN GENERAL DE CE QUI N EST PAS ESSENTIEL (ainsi d'une orthondontie à 2 500 euros pour l'une de nos fille alors qu'il existe, pour les cas pas trop lourds, d'autres méthodes)

Allez, pour détendre, j'avoue n'avoir pas encore renoncé ni à la cigarette ni au..Coca light ! gloups !

Tout pourrait se résumer par vivre SIMPLEMENT, en esprit de pauvreté.
Ce n'est pas très difficile pour nous qui ne vivons qu'aves un seul smic à cinq (et les allocations bien sûr...)

D'après les familles amies qui font l'école à la maison :
Non il n'est pas nécessaire d'être prof pour réussir
Par contre, cela demande abnégation, pédagogie et BON SENS et beaucoup d'organisation

Pourquoi pas de l'aide ménagère pour ceux qui en ont les moyens...

Non je ne crois pas au risque de "désocialisation" des enfants car il y a toujours un groupe d'amis et des activités extra-maison

Le manque de grand-air peut être compensé par les ballades avec maman ou en famille le dimanche.
Nous habitons plein centre d'une ville moyenne.

Si je faisais l'école à la maison, j'en profiterai pour apprendre à mes filles couture, cuisine et chant.
Donc cela peut-être l'occasion d'autre apprentissages que simplement livresques.

Merci à Philippe Maxence qui nous donne l'occasion de faire le point sur notre mode de vie : est-il réellement en conformité avec nos convictions chrétiennes

Écrit par : Maguelone | 18/10/2006

A propos de la "socialisation" est-ce qu'on développe vraiment la sociabilité en regroupant des enfants par tranches d'ages, coupés finalement de la vie sociale, les jeunes ne mettent t-ils pas plus de de temps de nos jours à rentrer dans la vie active?
Est ce que socialisation signifie penser, consommer comme tout le monde?
Odile Barrin

Écrit par : barrin odile | 18/10/2006

Le témoignage de Chantal Sanson me semble vraiment intéressant. Pouvez-vous Chantal nous donner les adresses des différents organismes que vous mentionez ? Elles peuvent être utiles à connaître. De la même façon, puisque vous semblez en contact avec beaucoup de familles pratiquant l'IEF pourriez-vous inviter vos ami(e)s à venir témoigner. Je suis sûr que les parcours, les motivations varient beaucoup plus qu'on ne le pense.
Maguelons, je suis épaté parce votre dernier post. Il développe une conception générale de la vie dans laquelle l'école n'est qu'une partie. Nous en reparlerons.
Je voudrais aussi aller dans le sens d'Odile Barin par un témoignage. Notre choix de l'école à la maison ne s'est pas effectué en raison d'une démarche idéologique, mais par une nécessité. Nous étions poussés par un de nos enfants qui demandait absolument à apprendre. On ne refuse pas et sa maman a commencé à lui apprendre à lire, à écrire, à compter. sur cet entrefait, son aîné qui était à l'école a eu des difficultés et nous l'avons rapatrié. Du coup, nous avons découvert la réalité de l'école à la maison que je ne connaissais que par l'exemple américain. Et notre existence a changé et d'abord dans nos rapports avec nos enfants. Nos sept enfants sont ou ont été scolarisé à la maison.

Écrit par : Philippe Maxence | 18/10/2006

Je viens de mettre le nez dans votre discussion et je me sens à la fois très concerné et très proche de vous. A Riaumont nous avions beaucoup de problèmes avec le collège public voisin où nos garçons allaient à l'école. Le manque de travail éducatif en commun entre le collège et nous qui avions le placement des enfants n'étant pas le moindre. Il n'y avait aucune collaboration.
Pour les familles nous confiant leurs enfants il fallait présenter quelque chose de crédible et de sérieux, nous nous sommes alors tournés vers le cours Hattemer. Cela a changé la vie de nos garçons déjà en difficulté d'avoir une unité de pensée et d'action éducative tant dans le scolaire que à côté.
De fil en aiguillle, nous sommes devenus une école déclarée comme regroupement scolaire présentant aux examens avec des résultats tout à fait honorables.
De façon plus générale, il me semble que le système de l'école à la maison favorise effectivement les liens familiaux et se montre très profitable pour certains enfants qui ne sont plus tiraillés par des oppositions trop fortes pour leur personnalité encore fragile. Mais il est certains selon tous les témoignages de familles que je connais et qui ont pratiqué le système que c'est très lourd à gérer pour la maman et que cela demande une organisation très rigoureuse.
Bien amicalement

Écrit par : Frère Nicolas | 19/10/2006

Pouvez-vous nous préciser frère Nicolas la différence entre un regroupement scolaire et une école ainsi que la spécificité de l'enseignement à Riaumont. Pour une institution forte comme Riaumont, avec une « personnalité » affirmée, des traditions, une pédagogie bien définie, le souci de cohérence, si je comprends bien, vous a conduit à opter pour le regroupement scolaire et à abandonner la collaboration avec l'enseignement d'État. C'est dire la difficulté à éduquer et enseigner les enfants aujourd'hui.
Petit bémol cependant sur ce que vous dites de l'école à la maison. Ce « non-système » est lourd mais est lourd le fait de se battre avec les instituteurs, de surveiller constamment ce qui se fait, se dit, s'enseigne à l'école. Il n'est pas plus lourd que les déplacements pour aller à l'école. Il n'y a pas de devoirs le soir. Les enfants deviennent vite autonomes et terminent leur travail en début d'après-midi. Chaque famille vit, bien sûr, cela à sa manière et selon ses possibilités. Et toutes les familles ne sont pas faites pour ce type d'éducation.

Écrit par : Philippe Maxence | 19/10/2006

Sur la « question de la semaine », je me permets une nouvelle intervention autour de quelques points qui ont fait réagir. Peut-être me suis-je mal fait comprendre, aussi vais-je tenter de préciser les choses.

Dans plusieurs expériences évoquées sur ce blog, des parents disent avoir choisi l’école à la maison après avoir constaté que l’Education Nationale ou l’Enseignement catholique ne remplissaient plus leur mission. Pour reprendre les termes de Philippe Maxence, il s’agissait donc dans ces cas-là de choix « par défaut », ce qui ne les a d’ailleurs pas empêché de porter d’excellents fruits, preuve que cette option est possible et recommandable. Il n’empêche que derrière la question de l’école à la maison, on voit se dessiner la décrépitude de l’enseignement institutionnel, notamment catholique. Car si ce dernier était fidèle à sa vocation, y aurait-il besoin de faire dissidence avec lui ?

A plusieurs reprises est évoquée aussi une démarche peut-être plus radicale, pour laquelle l’école à la maison est un choix parmi d’autres au sein d’une « conception générale de la vie ». Mais dans le même ordre d’idée, si l’on trouve une école catholique qui fait du bon travail, y placer ses enfants ne peut-il s’intégrer aussi dans une « vision globale » ?

Dans l’école de nos enfants, les temps liturgiques sont suivis, notre aînée en CP a la prière en classe tous les matins, l’accent est mis sur la dévotion mariale, et une demi-douzaine de sœurs dominicaines, bien reconnaissables à leur habit, partagent tous les jours la vie des élèves. Tout cela n’empêche effectivement pas qu’une masse importante de ces derniers soient peu ou pas du tout pratiquants. Mais pour contrebalancer cette inertie, la direction s’appuie sur la coopération de familles croyantes, car sans un soutien de la base, elle ne peut pas faire grand chose, en dépit de l’autorité dont elle se trouve investie. Ainsi, car cela arrive, lorsque nous avons à déplorer un aspect de la vie scolaire qui nous semble ne pas correspondre à la vocation catholique de l’établissement, la direction est la première à s’en féliciter, car nous lui donnons des arguments pour agir en interne. Et à chaque fois, nous avons non seulement été entendus, mais suivis.

Comme le souligne Maguelonne, les professeurs des écoles ne sont certainement pas tous « avides de spirituel », je ne me berce pas d’illusions à ce sujet. Mais nous avons fait l’expérience qu’une fois identifiés comme catholiques convaincus, nous avons été sollicités par l’école pour l’aider à l’être elle-même davantage. Et nous ne sommes pas les seuls à avoir fait ainsi, d’autres l’ont fait avant nous et dans de plus grandes proportions.

On peut se féliciter de la charte que prépare Mgr Cattenoz pour son diocèse, mais il faut regarder les choses en face : les écoles ne redeviendront pas authentiquement catholiques si les familles qui le souhaitent restent à l’extérieur à attendre ce jour béni. Rien ne se fera sans qu’elles y mettent leur énergie. Etre une minorité ne condamne pas à baisser les bras, d’autant que nous savons ce que nous voulons.

C’est en ce sens que nous voyons l’école catholique comme un lieu de mission, mais bien plus facilement abordable que beaucoup d’autres terrains, car l’exigence catholique y est par définition légitime. Et être une famille missionnaire, cela peut aussi correspondre à une « vision globale de l’existence ». Parents et enfants sont concernés, car être vecteur de l’Esprit Saint, ce n’est pas spécifiquement le rôle des adultes, mais celui de tout baptisé. Dieu donne aux enfants la grâce d’être eux aussi ses témoins, à leur âge d’enfant, à leur place d’enfants, et donc y compris parmi leurs camarades.

En espérant avoir été clair, et avec mes salutations amicales. Que Dieu vous garde tous.

Écrit par : Thibaut Dary | 20/10/2006

Je commencerai par la fin de votre commentaire pour dire que je conçois fort bien que la lutte continuelle, et dans tous les domaines, que représente l'éducation aujourd'hui soit très lourde et particulièrement pénible aux parents donc finalement largement compensé par les contraintes que posent l'école à la maison.
En ce qui concerne Riaumont le regroupement scolaire n'est pas une école à part entière, ce n'est officiellement qu'une réunion d'enfants pour travailler scolairement. Cependant avec l'aide de la Providence nous avons également un n° d'école qui permet à nos garçons de passer le Brevet des Collèges en candidat libre avec un bon succès depuis plusieurs années.
Malgré le fait que nous travaillions avec le Cours Hattemer depuis le début de notre école en 1989, notre rythme est très proche de celui d'un internat classique avec des cours ou des études de 8H à midi et l'après midi de 13h30 à 17h20 avec bien sûr des récréations au milieu. Seuls le mercredi et le samedi sont des jours différents avec le catéchisme, des activités manuelles dans le Village et du sport ou des jeux.
Une des plus fortes caractéristiques de notre école est d'abord son caractère scout dans l'organisation de la vie quotidienne, dans l'ambiance et dans notre pédagogie et notre manière d'être avec les garçons. Il y a une très grande proximité entre eux et nous qui permet de bien les connaître. Contrairement à un internat "classique" ceux qui font les cours et ceux qui s'occuppent de la vie extra scolaire sont les mêmes. C'est prenant mais là réside l'unité de vie et l'homogénéité de toute l'éducation.
Nous avons développé une filière technique dès la classe de 4e avec trois branches : menuiserie, maçonnerie et paysagisme pour des garçons qui ne sont pas faits pour des études longues. Malheureusement n'étant pas une école nous ne pouvons préparer au CAP ni toucher la taxe d'apprentissage. Nous travaillons à remédier à cela.
Pardon à tous d'être sorti du débat initial. J'ajouterai que la faillite complète de l'éducation nationale laïque et obligatoire ainsi que celle de l'enseignement catholique qui l'est de moins en moins n'est une nouveauté pour personne d'entre nous. Tous le déploreent et chacun essiae d'y remédier à son niveau et avec ses moyens. L'école à la maison est une solution possible, la lutte à l'intérieur des écoles aussi mais encore faut-il effectivement que les directions soutiennent les initiatives.
Merci de m'avoir lu.

Écrit par : Frère Nicolas | 23/10/2006

Merci à Thibaut auquel je n'ai pas encore répondu. Il a su mettre un peu de piment dans cette discussion, en présentant des arguments intéressants.
Je suis globalement d'accord avec lui : pas besoin de dissidence avec une école catholique qui ferait son boulot et qui s'intégrerait dans une conception de la vie… catholique. Dans certains endroits, c'est le cas et c'est possible. Tant mieux et il faut encourager ces établissements.
Bravo aussi à Mgr Cattenoz de ce qu'il veut faire. C'est un premier pas et il faut le saluer. Notons d'ailleurs qu'il a fallu attendre 2006 pour que ce pas soit posé et encore, pas par tous les évêques. Entre les années soixante où l'école catholique explose et perd sa liberté et aujourd'hui, cela fait quand même plusieurs générations d'élèves qui ont subi le médiocre, voire le pire. J'ai, à titre personnel, des souvenirs précis sur le sujet.
Le problème, c'est que les parents sont comptables de l'avenir de leurs enfants. Ils ont des choix à poser, hic et nunc, et des choix déterminants. Ils ne peuvent pas attendre que le système aille mieux. Les enfants ne sont pas matière à expérimentation. On le dit pour l'école à la maison, et c'est juste. C'est juste aussi pour l'école comme telle.
Personnellement, je me méfie un peu des enfants missionnaires. C'est une responsabilité que prennent les parents, pour laquelle ils peuvent être préparer. Mais les enfants ? Sauf grâce particulière, je me pose des questions. D'autant que les missionnaires sont normalement formés pour partir en pays de mission. Mais l'enfant ?
Reste que le conclusion s'impose : c'est aux parents de choisir ce qui, en vertu des circonstances, leur paraît être la meilleure solution ou la moins pire. Tous les parents ne peuvent faire l'école à la maison. Tous les enfants ne peuvent être immédiatement missionnaire. Tous ont le droit de connaître Dieu, l'Église et la joie d'être chrétien.

Écrit par : Philippe Maxence | 23/10/2006

Frére Nicolas : vous n'êtes pas sorti du débat initial. Vous l'avez élargi et vous lui avez donc donné de l'air. Nous avons besoin d'un bon bol d'air frais. La question que je me pose (en fait que je vous pose) est la suivante :
– le scoutisme est une aventure qui se joue au grand air, dans la nature. Il y a, selon Baden-Powell, une valeur pédagogique à ce choix. Sortir l'enfant de la ville, lui permettre de retrouver le sens du concret, de ses limites (ceux qui ont fait une veille de nuit dans leur vie me comprendront… les bruits naturels rappellent que l'homme est peu de chose…) comme de découvrir Dieu le Créateur à travers sa création (bref, ce que nous préconisons ici).
Est-ce que Riaumont intègre la nature dans sa formation scolaire ? Baden-Powell avait encouragé les écoles scoutes qui étaient des écoles de métier, tournés notamment vers l'agriculture.
Amitiés… scoutes

Écrit par : Philippe Maxence | 23/10/2006

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