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07/10/2006

Thibon et la révolution technique

En 1985, en avant-propos à Diagnostics, un livre écrit entre 1937 et 1939 (dont plusieurs chapitres sont d’une étonnante actualité au regard de notre propos et du développement de la civilisation technicienne qui broie l’âme humaine), Thibon écrivait : « La révolution technique appelle, exige une révolution spirituelle – celle-ci ne pouvant être, selon l’expression de Simone Weil, que “le retour à un ordre éternel momentanément perturbé”. Un ordre fondé à la base sur le respect de la nature et de ses limites et au sommet sur le retour à Dieu, seul dispensateur d’un infini qui nous attend dans l’éternité et que nous cherchons pour notre ruine sur la terre et dans le temps ».
Respect de la nature et de ses limites, pourquoi, est-ce que nous, catholiques, nous n'y pensons pas assez ?
Retour à Dieu, pourquoi les écologistes, l'évacuent-ils alors qu'il n'y a pas de création sans Créateur ?

11:15 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Cher Monsieur,

Juste une reflexion à propos du mot de G. Thibon, dont la pertinence est grande aujourd'hui.
Thibon écrit:" Un ordre fondé à la base sur le respect de la nature et de ses limites et au sommet sur le retour à Dieu... "

Non seulement le monde devient (est fabriqué, ou que nous fabriquons...) de plus en plus artificiel mais, le soi-disant retour à la nature a engendré l'écologie qui est tout sauf un retour à la nature. Au contraire l'écologie entraîne l'interdiction de la nature, degré supplémentaire de déconnection de l'être humain avec son environnement naturel et spirale négative dans la déshumanisation. La suppression de Dieu, la mort de Dieu, était le premier stade de cette "deconstruction" sciemment organisée d'anéantissement de la personne humaine. Cette "libération" du joug divin déclenche tout le processus de l'aliénation de l'homme qui peut alors s'amplifier, sa déconnection de la nature représente le deuxième stade, et la virtualisation le troisième. Celle-ci s'accompagne, par les loisirs programmés, de la perte de toute culture jusqu'à l'appauvrissement du langage et de l'orthographe ravalé au rang d'onomatopées suspendant la pensée qui supprime la résistance des esprits. L'enfer sur terre sous le pretexte de libéralisation, le summum du mensonge publicitaire. Le tout sans opposition en raison de la jouissance comme but et l'anesthésie des consciences comme moyen, avant leur suppression (laver le cerveau avec un soda, a dit un jour un directeur de télévision).

La mort de Dieu c'est en fait la mort de l'homme, l'interdiction de la nature c'est le retour à l'esclavage par la fabrication de robots organiques. Ne pas alors s'étonner que l'ultra-libéralisme s'adapte si bien dans la Chine communiste pour un bénéfice réciproque de deux totalitarismes aussi inhumains.
La perversité actuelle peut être illustrée par les fonds de pensions qui investissent l'argent des salariés dans d'autres entreprises avec le but d'un rendement maximum qui passe par des suppressions d'emplois. Le salarié crée ainsi son propre chomage.

Au final le grand perdant c'est l'homme lui-même.

Écrit par : Albert E. | 13/10/2006

Oui, vous avez raison, sur la perte du sens de Dieu, à l'origine de nos catastrophes. Oui, l'homme en est la victime première et derrière lui la création. Mais, justement ! Il s'agit de tenter de retrouver à notre niveau notre lien avec Dieu et notre lien avec la création. Jean-Paul II parlait « écologie intégrale ». On peut ne pas aimer l'expression, car le mot écologie a été employé dans tous les sens et pas toujours dans les meilleurs. Mais au-delà du mot, il y a la réalité. Et je suis d'accord avec vous pour dire que l'ultra-libéralisme et le communisme ont produit des effets similaires, de ce point de vu là. Ma question, c'est vraiment : comment chacun à son niveau parvenir à retrouver inverser la tendance ?

Écrit par : Philippe Maxence | 13/10/2006

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